Édition internationale

Buenos Aires aux couleurs du Venezuela

Suite à l'exfiltration de Nicolas Maduro, Buenos Aires et ses habitants n'hésitent pas à arpenter les rues de la capitale pour célébrer la chute du dictateur. Cependant, certains n'hésitent pas à dénoncer l'opération militaire au Venezuela. Illuminée aux couleurs du Venezuela, Buenos Aires reste divisée.

Rassemblement de Vénézuéliens à l'Obélisque de Buenos Aires Rassemblement de Vénézuéliens à l'Obélisque de Buenos Aires
Rassemblement de Vénézuéliens à l'Obélisque de Buenos Aires, photo : @convzlaarg
Écrit par Amaury Lhermitte
Publié le 5 janvier 2026, mis à jour le 7 janvier 2026

Dimanche 4 janvier, plusieurs centaines d'habitants de la capitale se sont réunis au pied de l'obélisque vers 15 heures pour célébrer la capture de Nicolás Maduro. Les Vénézuéliens qui résident en Argentine espèrent une transition démocratique dans leur pays et ils ont exprimé leur soutien à un changement politique après plus de deux décennies de crise et de répression. Dans une ambiance de fête, avec de la nourriture et de la musique, les Vénézuéliens ont eu la surprise de retrouver la sénatrice Patricia Bullrich, vers 18 heures, pour s'exprimer. Elle a fait remarquer que le gouvernement est prêt à accompagner la transition. "L'Argentine a soutenu dès le début la décision de lui donner le titre que Maduro, narco-criminel, doit avoir, et c'est pourquoi le cartel des Soles aujourd'hui en Argentine est une organisation criminelle", a-t-elle déclaré. "L'Argentine est prête à accompagner cette transition" a ajouté l'ancienne ministre de la Sécurité.

 

Après plusieurs minutes, et une succession de discours, la fête a continué sur la place. Des centaines de milliers de Venezuela se sont réunis autour de l'obélisque qui s'est paré des couleurs du Venezuela. D'autres édifices de la capitale se sont illuminés. C'est le cas notamment du planétarium, mais aussi du pont des femmes.

 

Pourtant, certains dénoncent l'opération militaire des Etats-Unis

Ce lundi 5 janvier, les organisations syndicales, sociales et politiques ont appelé à une mobilisation devant l'ambassade des États-Unis à Buenos Aires pour dénoncer l'opération militaire au Venezuela qui a permis la capture de Nicolás Maduro. L'Association des travailleurs de l'État (ATE), l'Union des travailleurs et travailleuses de l'économie populaire (UTEP) et les organisations politiques du Front de gauche et des travailleurs-Unité (FIT-U) sont à l'origine de ce mouvement. Ensemble, ils ont dénoncé une « agression directe contre un pays souverain » et ont mis en garde contre l'impact régional de l'intervention militaire américaine. L'ATE a souligné que la mobilisation vise à rejeter à la fois l'attaque militaire et le plan des États-Unis d'administrer le Venezuela "pour une durée indéterminée". Rodolfo Aguiar, secrétaire général du syndicat, a d'ailleurs déclaré que "ce que les États-Unis proposent, c'est d'exercer directement l'administration des pays du continent et de progresser dans la privatisation de toutes les ressources naturelles à travers leurs entreprises. S'il est nécessaire d'utiliser l'armée pour cela, c'est qu'il est déterminé à le faire".

Pour sa part, Cristina Kirchner a qualifié la capture de Maduro d'"enlèvement" et a accusé les États-Unis de violer le droit international. De nouveaux, ce sont des centaines de manifestants qui ont défilé entre Place d'Italie et l'ambassade des Etats-Unis, encadrée par les forces de l'ordre. 

 

Manifestation Buenos Aires devant l'ambassade des Etats Unis
Manifestation argentine contre l'extraction de Maduro devant l'ambassade des Etats-Unis, photo : 
@CTAAutonoma

 

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