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FAMILLE - Pigüé, les racines de la France en Argentine

Par Lepetitjournal Buenos Aires | Publié le 17/01/2008 à 01:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 11:20
Depuis plus d'un siècle la famille Marcenac fait des allers-retours entre l'Aveyron et l'Argentine. Alors qu'Annie a décidé de s'établir en France, son frère Bernard n'y a jamais mis les pieds
Roberto au premier plan, Miguel et Bernard, les trois frères Marcenac restés à Pigüé (photo LPJ)
Le premier maîtrise très bien le français. Le deuxième le parle "comme ci, comme ça". Le troisième ne prononce que quelques mots. Les trois frères Marcenac de Pigüé ont pourtant les mêmes origines françaises.
A la fin du 19ème siècle, leurs grands-parents débarquent de l'Aveyron pour s'installer à Pigüé, petit village de la Pampa avec l'envie de faire fortune. Au fil des générations, le coeur des Marcenac balance encore entre la France et l'Argentine. Car à la mort de leur grand-père, la famille rentre en France. Alice, future Madame Marcenac, étudie la philosophie à La Sorbonne et passe du bon temps à Paris. La Seconde guerre mondiale succède bientôt aux années folles et la famille décide de reprendre le chemin de la pampa. Finalement Alice se marie, à Pigüé, avec un Français.

De la famille à Villecomtal
Dans cette famille plutôt aisée de six enfants, l'attitude face à la nationalité française est radicalement différente. Annie, l'unique fille, s'est établie en France, mariée à un Français. Miguel lui a longtemps hésité : "parfois je me sens plus français qu'argentin", explique ce cinquantenaire, président de la société française de Pigüé et fervent téléspectateur de TV5. Son diplôme de vétérinaire en poche, Miguel rêve de la France mais son épouse, d'origine italienne, s'oppose au projet. Alors, une fois tous les deux ans, il quitte son magasin de produits vétérinaires (situé, ce n'est pas un hasard, rue Rodez) pour se rendre à Villecomtal, commune de 500 habitants, enfouie au sein de l'Aveyron "dans le canton de Marcenac", où il retrouve le reste de sa famille.
Avec son passeport français, Miguel se faufile à l'aéroport de Roissy tandis que Roberto est à la traîne pour faire tamponner son passeport argentin. "J'ai trop attendu pour demander ma nationalité française, regrette ce prospère paysan, c'est désormais trop tard pour moi et mes enfants". A la tête d'une estancia de 1900 vaches, le succès de Roberto ébahirait les paysans aveyronnais du 19ème siècle aux exploitations agricoles exiguës. Les deux fils de Roberto pourraient bien reprendre l'exploitation familiale. Grâce aux échanges avec l'Aveyron, ceux-ci ont passé quelques mois en France dans le cadre de leurs études agricoles.

Sarkozy fait l'unanimité
Chez les frères Marcenac restés à Pigüé, seul Bernard ne connaît pas la France. Même s'il détient la nationalité française depuis l'an dernier "lorsqu'il a été possible de faire les démarches à Bahia Blanca et éviter d'aller à la capitale". Il n'a pas pu voter pour les dernières élections présidentielles. "Mais j'aimerais voter, pour le bien de la France" commente cet employé des postes qui rêve de connaître la ville natale de sa mère.
L'an dernier, quatre personnes ont voté à Pigüé. Nicolas Sarkozy a recueilli la totalité des voix. La visite officielle de Mitterrand en 1987, venu saluer cette communauté française -à l'époque une douzaine de pionniers étaient toujours vivants dont Alice Marcenac, n'a pas fait pencher à gauche cette communauté rurale. Pourtant, Miguel s'en souvient avec émotion et exhibe, dans l'arrière salle de son magasin, le diplôme de l'Ordre national de la Légion d'honneur reçu à cette occasion. Et il n'oublie pas les paroles de son cousin, Maurice Solignac : "Etre Aveyronnais est une chance, le rester c'est un honneur".
Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 17 janvier 2008
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