

(Photo : Barbara Vignaux)
Combien y a-t-il de Français en Argentine ?Le registre officiel du Consulat compte un peu plus de 16.000 personnes. Depuis trois ans, notre institution a entrepris de gros efforts pour actualiser son fichier ce chiffre est donc réaliste. Bien sûr, il ne prend pas en compte les milliers de Français non-inscrits, par exemple les enfants de Français nés sur le sol argentin et dont la naissance n'est pas déclarée à nos services, les étudiants, et une partie des jeunes nouvellement arrivés, qui négligent souvent de s'inscrire. J'insiste : il est beaucoup plus difficile d'aider les Français non-inscrits en cas de pépin ! Ceux et celles qui lisent ces lignes et ne sont pas enregistrés devraient en tenir compte?
Vu les distances dans le pays, beaucoup de Français installés de longue date ont également renoncé à effectuer les démarches nécessaires au maintien de leur nationalité or celle-ci se perd si elle cesse d'être exercée durant plus de cinquante ans.
Par ailleurs, signalons que les touristes français sont nombreux : 78.000 en 2008 selon les statistiques argentines.
En général, les Français inscrits au Consulat sont peu francophones. Pour quelle raison ?
La grande majorité des personnes enregistrées au Consulat de France sont des binationaux franco-argentins, descendant des immigrants qui sont arrivés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle et qui ont conservé leur nationalité d'origine, parallèlement à leur nationalité argentine. De fait, ce pays est tellement facile qu'on s'assimile vite : tout le monde a de la famille ailleurs, on est donc très bien reçu. Aussi les gens perdent-ils peu à peu le contact avec leur pays d'origine, y compris sur le plan linguistique.
Environ la moitié des personnes enregistrées au Consulat ne parlent pas un mot de français et pour trois quarts d'entre eux, il est difficile de maintenir un dialogue dans cette langue. Dès qu'on s'éloigne de Buenos Aires et de la proximité d'établissements français, la langue se perd très vite. Bien sûr, il existe des exceptions, comme l'accord entre le conseil général de l'Aveyron et la ville de Pigüe, qui a permis de réintroduire l'enseignement de notre langue en primaire. Mais elles sont rares.
Qui sont les arrivés de fraîche date ?
La communauté française est en majorité d'implantation ancienne. Parmi les nouveaux arrivés, on distingue quatre groupes. Les jeunes retraités viennent en général acheter une propriété, souvent dans la région de Salta et Jujuy. Ils vivent l'éternel été : six mois ici, six mois en France. Un second groupe rassemble les anciens stagiaires et les jeunes diplômés qui restent ou reviennent car ils croient avoir trouvé l'homme ou la femme de leur vie. Il s'agit souvent de Français(es) diplômé(e)s, maîtrisant bien l'espagnol. C'est parfois très dur, car les mentalités ne sont pas les mêmes, sans compter que les salaires sont bas et que la vie est chère, comme dans toutes les grandes capitales, lorsqu'on est payé en pesos et qu'on ne veut pas vivre en périphérie de la ville? Le troisième groupe est celui des professionnels venus investir dans l'hôtellerie, la restauration et le tourisme. C'est souvent difficile, mais ils s'accrochent et certains d'entre eux s'en sortent bien. Enfin, les stagiaires complètent le tableau, ils sont nombreux dans les secteurs de l'ingénierie et de la médecine. Mais au total, les nouveaux venus ne représentent guère plus du quart des Français d'Argentine.
Qu'en est-il du regroupement régional des consulats du Cône Sud ?
La mise en place d'un consulat régional est prévue pour les années à venir, afin de rationaliser le travail et d'économiser des emplois, tout en conservant la qualité du service. Ce n'est pas simple, car au-delà d'une langue commune, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay n'ont pas la même monnaie ni le même système juridique.
En Argentine même, le Consulat s'appuie sur un réseau de quinze consuls honoraires, avec lesquels nous organisons une réunion une fois par an. Je profite de l'occasion pour rendre hommage au travail de ces bénévoles très actifs, qui servent de relais en cas de pépin, pour le suivi des démarches administratives etc.
Propos recueillis par Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mardi 6 octobre 2009















