Édition internationale

SOLIDARITÉ - Un "techo para mi Pais", un toit aux plus démunis

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018



110 familles défavorisées de Pilar et d'Escobar, deux villes près de Buenos Aires, disposent depuis le 25 mars dernier d'un logement neuf. L'habitation en bois, de six mètres sur trois, affiche davantage les charmes rustiques d'une cabane que ceux d'un luxueux pavillon. Mais les fondations sont solides, les murs protègent du vent et le toit abrite de la pluie? Un minimum pour se préserver des caprices de l'automne

 

En Argentine, 1.300 bénévoles construisent des maisons pour les familles en difficulté

Les 1.300 apprentis-charpentiers à l'origine de ces constructions sont bénévoles au sein de l'antenne argentine de l'association "Un techo para mi pais" ("Un toit pour mon pays"), créée en 1997 par le chilien Felipe Berrios, et importée en Argentine en 2006.

Ils se sont rassemblés vendredi 23 mars dans le complexe Costa Salguero à Buenos Aires, pour prendre des bus en direction des différents chantiers, notamment celui de Peruzzotti à Pilar. Quatre écoles primaires accueillent pour le week end les groupes de volontaires. Il est environ 23h dans l'école de Nuestra Senora de Lujan. 65 hommes et femmes de 18 à 30 ans, inconnus les uns des autres, se réunissent dans le réfectoire pour se répartir en six équipes distinctes, chacune en charge de la construction d'une maison. Autour des tables, on se présente, on expose ses motivations et on prend connaissance du contexte social très précaire des familles. Puis, les coordinateurs appellent le silence et expliquent les différentes missions de l'association.

photo de Clara Martinez Cevasco

Maria (au centre) visite sa maison tout juste sortie de terre, accompagnée de ses frères et s?urs et des bénévoles.

Plus qu´une habitation d´urgence, "L'objectif final est de les aider subvenir à leur besoins de manière efficace et autonome"

Fabiana Brizuela est étudiante en architecture. Elle a participé depuis 2007 à une vingtaine de rassemblements de bénévoles pour "un Techo para mi pais".

"La première mission, la plus visible, consiste à construire des habitations d'urgence pour des familles en grande difficulté. Pour en bénéficier, elles doivent posséder un terrain libre et payer 600 pesos. Bien sûr elles participent à la construction. Mais ce n'est pas le seul objectif. Le plus important consiste à organiser différents projets avec les habitants pour résoudre tout au long de l'année les problèmes les plus graves de leur quartier. Par exemple l'installation de systèmes de canalisation, de réseaux d'électricité, ou de gestion des déchets. Il s'agit aussi de leur apprendre à cultiver leurs légumes, à cuisiner ou à coudre. On les renseigne sur leurs droits. On met également en place des programmes éducatifs et culturels pour les enfants. L'objectif final est de les aider à subvenir à leur besoins de manière efficace et autonome, pour améliorer leur qualité de vie sur le long terme".

« Nous vous sommes éternellement reconnaissants »

Samedi 24 mars, il est 8h du matin lorsque les bénévoles se munissent de nombreux ustensiles, et marchent joyeusement à la rencontre des familles. "C'est à chaque fois un moment un peu étrange, confie Fabiana, un groupe d'inconnus arrive chez une famille qui te laisse entrer chez elle. Généralement au début elles sont timides, mais ensuite ça va toujours très vite pour créer une vraie relation de confiance". Une des six équipes construit une maison pour Maria. Elle vit chez sa mère avec ses quatre plus jeunes frères et s?urs. Elle partage avec son concubin et leur petite fille une cabane de fortune, faite de taule et de planches de bois usées.

Après les présentations, tous s'allient au groupe de bénévoles pour creuser la terre et commencer à planter les seize pilotis qui surélèveront la structure finale et la protégeront des inondations. Midi approche, la faim se fait sentir après ces premières heures d'effort. Chacun déguste la polenta préparée par Maria et sa famille. Les sourires arborés sur les visages témoignent déjà du lien de complicité qui se tisse au sein de la communauté. Cette atmosphère sereine ne faiblira pas tout au long de la journée de travail, qui s'achève vers 19h par l'installation du plancher de la maison et le retour à l'école. Après une courte nuit de sommeil, le dimanche est consacré à l'assemblage des murs ainsi qu'à la pose du toit qui dure jusqu'en fin d'après midi. La dernière petite complication est résolue, la porte coulisse désormais normalement et le temps est venu de faire visiter symboliquement la maison à ses nouveaux occupants. Maria laisse couler ses larmes en lisant le message de bienvenue au bas duquel chaque bénévole a apposé sa signature. Elle et son concubin vont pouvoir profiter d'un peu plus de confort pour élever leur petite fille. Quant aux volontaires, la fierté de s'être sentis utiles se lit dans leurs yeux et beaucoup envisagent déjà de réitérer l'expérience.

Ultime récompense pour l'une des équipes de la construction, une lettre de la part d'une des familles reçue quelques jours plus tard : "Nous vous sommes éternellement reconnaissants, vous êtes des anges que nous n'aurions jamais pensé rencontrer, merci à chacun d'entre vous, continuez comme ça".

Jérémy Choquet (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 30 avril 2012

Information pratique :

Le prochain week end de construction de l'association « Un techo para mi pais » en Argentine aura lieu les 25, 26 et 27 mai prochain. Pour en savoir plus, consultez le site internet un techo para mi pais

lepetitjournal.com Buenos Aires
Publié le 30 avril 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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