

Les obsèques de Sœur Léonie Duquet et d'Angela Auad ont eu lieu dimanche dernier dans les jardins de l'église de Santa Cruz, àBuenos Aires. A l'occasion de cette émouvante cérémonie, l'Ambassadeur de France en Argentine, Francis Lott, a transmis le message du Président français Jacques Chirac

Les restes de la religieuse française Léonie Duquet, ainsi que ceux d'Angela Auad, ont étéenterrés dimanche dernier dans les jardins de l´église de La Santa Cruz de Buenos Aires. La famille Duquet avait expriméle souhait qu'il en soit ainsi car c'est dans cette même église que la soeur avait étéenlevée, 28 ans auparavant. Sa tombe côtoie celles de trois autres victimes de la dictature militaire, séquestrées elles aussi dans cette paroisse, trois Madres de Plaza de Mayo : Azucena Villaflor, Esther Ballestrino et María Ponce.
Après une cérémonie émouvante, en présence de la nièce de Léonie Duquet, Noëlle Belpoid, une messe a étédite en sa mémoire et en celle des 30.000 disparus durant la dictature militaire. "L'histoire se répète. Jésus a lui aussi ététué: II dérangeait trop le pouvoir en place", a témoignésœur Yvonne Pierron, compagne de Léonie Duquet. Horacio Méndez Carrera, l'avocat de Léonie Duquet et d'Alice Domon, n'a pas manquéde dénoncer l'ex-capitaine Alfredo Astiz, coupable de la disparition et de l'assassinat des deux religieuses.
La France n'oublie pas, un devoir de mémoire
L'Ambassadeur de France, Francis Lott, a lu au cours de la cérémonie le message adressépar Jacques Chirac. Le Président français y exprimait le souhait de la France "que toute la lumière soit faite sur ce qui est advenu pendant les années de plomb de la dictature et que les coupables soient enfin condamnés". Devant une assistance de plus de 2.000 personnes, entre lesquelles se comptaient parents, amis et autorités, l'Ambassadeur a continué sa lecture: "On ne construit pas l'avenir sur l'oubli. On ne peut l'édifier que sur la mémoire". Une mémoire qui ne doit pas oublier ce que ces séquestrations ont signifié: "l'emprisonnement, les sévices, la torture, le corps jetéàla mer, puis le mensonge sur ce qui est advenu et le pesant silence des corps absents". Absences douloureuses comme celle de la dépouille d'Alice Domon, dont les restes n'ont jamais étéretrouvés. Suzanne THIAIS. (LPJ) 28 septembre 2005
Voir l'article publiépar lepetitjournal.com : La dépouille de Léonie Duquet identifiée 30 ans après















