Édition internationale

ECONOMIE - Des pommes, des poires et beaucoup d'autres projets en Argentine

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Créée par deux ingénieurs français fin 2006, la société Ormigas propose des conseils en gestion de projets à toutes les entreprises françaises intéressées par l'Argentine. Mais les caractéristiques du pays l'ont depuis peu spécialisée dans une activité : le conseil en approvisionnement de fruits et légumes. Interview de ses deux dirigeants : Thibauld Quirion et Arthur Debièvre

LPJ : Comment a démarré Ormigas ?
Arthur : Je suis en Argentine depuis quatre ans. J'avais d'abord monté une première société spécialiste des structures métalliques. Dans le cadre de cette activité, j'ai été sollicité pour le suivi de la construction d'une usine pour un groupe français. J'ai constaté qu'à Buenos Aires, personne ne proposait des prestations en gestion de projet.
Thibauld : J'ai fait le même constat; on ne trouve pas à Buenos Aires des sociétés qui comprennent les problématiques françaises. Arthur et moi sommes tous deux diplômés de l'ESTP (Ecole Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l'Industrie), nous nous sommes donc associés.

Pour quelles sociétés françaises travaillez-vous aujourd'hui ?
Arthur : En fait, au fur et à mesure des sollicitations, notre activité s'est spécialisée dans le conseil en approvisionnement de fruits et de légumes argentins. Cela correspond aujourd'hui aux trois-quarts de notre travail. Nous travaillons avec de grands groupes dans le domaine des aliments pour bébé ou encore le surgelé.
Thibauld : Nous ne somme pas des intermédiaires, nous ne venons pas compliquer le processus d'achat. Nous le simplifions par notre connaissance des fournisseurs, des codes et des us et coutumes en Amérique du Sud, et plus particulièrement en Argentine. Nos clients achètent directement aux fournisseurs et nous nous rémunérons sur l'organisation du parcours logistique et l'organisation administrative.

Quels sont les avantages de l'Argentine ?
Arthur et Thibauld : Nous sommes présents sur le continent d'Amérique du Sud en général, sauf le Brésil. Tout d'abord, l'Argentine offre une contre-saison. Ainsi, si le stock de matières premières de nos clients s'épuise plus vite que prévu, ils font appel aux produits de l'hémisphère sud pour le reconstituer. De plus il y a un manque de production évidente en Europe et les produits argentins sont d'excellente qualité. Ainsi, nous travaillons les pommes, poires, citrons, mandarines, kiwis et avocats.

Y a-t-il un risque OGM en Argentine ?
Arthur : Les organismes génétiquement modifiés concernent le soja, le maïs, le riz, le tabac? Certes on parle d'un risque de contamination croisée. Dans notre cas, nous ne travaillons qu'avec des fournisseurs et des prestataires ayant des certifications type Iso 9001, 14.000 ou HACCP (méthode de maîtrise de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires). 
En faveur de l'Argentine, on peut noter que l'utilisation de pesticides est moins importante qu'en France où la culture est intensive.

Ressentez-vous les effets de la crise alimentaire mondiale ?
Thibauld : Actuellement la demande est supérieure à l'offre. Dans ce contexte, il faut se battre pour être servi les fournisseurs se  placent sur les marchés internationaux pour diversifier leurs sources d'approvisionnement. Le potentiel de l'Amérique du Sud est petit à petit découvert par les sociétés françaises, même si les investissements n'affluent pas encore. Mais il va être exploité dans les prochaines années.

Propos
recueillis par CB et GV (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 7 août 2008

lepetitjournal.com Buenos Aires
Publié le 27 janvier 2009, mis à jour le 9 janvier 2018
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