Édition internationale

DIPLOMATIE - Entretien avec Francis Lott, ambassadeur de France en Argentine

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Francis Lott, ambassadeur de France en Argentine, a reçu Lepetitjournal.com pour un entretien dans lequel il analyse les faits saillants des relations franco-argentines actuelles et leur projection pour 2006. L'occasion, également, d'adresser un message de fin d'année àtoute la communautéfrançaise établie dans le pays

Lepetitjournal.com : Comment définiriez-vous les relations entre la France et l'Argentine àce jour ?
Francis Lott :
Les liens entre les deux pays sont très forts, très dynamiques dans tous les domaines. Nous travaillons chaque jour pour améliorer les relation bilatérales. Nous avons continuellement des réunions avec le gouvernement afin de coordonner les affaires de politique extérieure entre les deux pays. Nos actions communes concernant les droits de l'homme sont elles aussi très actives et positives. Et il en va de même dans le domaine de la culture, afin de protéger par des initiatives concrètes touts les aspects de la diversitéculturelle.

LPJ : Pourtant Jacques Chirac ne séjournera pas en Argentine lors de son voyage en Amérique du Sud, qui le conduira au Brésil et au Chili...
F.L. :
Il n'a jamais étéquestion d'exclure Buenos Aires ! Le Président se rend au Brésil pour inaugurer le pont sur l'Oyapock, le fleuve qui marque la frontière Est de la Guyane française avec le Brésil. Quant au Chili, voilàplus de 40 ans qu'aucun président français ne s'était rendu dans ce pays.

LPJ : Y a-t-il des missions françaises en Argentine prévues prochainement ?
F. L. :
 Mi-janvier, il est prévu d'effectuer àBuenos Aires des consultations politiques àhaut niveau des fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères respectifs. Et du 13 au 18 mars nous attendons notre bateau-insigne, la Jeanne d'Arc. Le gouvernement français cédera àcette occasion àla marine Argentine un TCD (transport de chaland de débarquement de 5.965 tonnes àvide), l'Ouragan.

LPJ : Pensez-vous qu'il peut il y avoir des réactions de l'Argentine envers la France au vu des résultats de la réunion de l'OMC àHong-Kong, qui a reportéà2013 les subventions agricoles àl'exportation ?
F. L. :
Le voyage en Argentine fin juillet de Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture, consistait précisément àexpliquer au gouvernement argentin les innombrables raisons qui font que la France et l'Europe ne pouvaient supprimer abruptement les mécanismes mis en place pratiquement depuis la création de l'Europe - une Europe où, après la guerre, il n'y avait plus d'agriculture. Au début, 100% du budget de l'UE lui était destiné. Actuellement il s'agit de 40%. Mais nous n'avons pas àen rougir puisque l'UE achète près de 30% de la production agricole argentine.

LPJ : L'Argentine a nomméun nouvel ambassadeur àParis...
F. L. :
La proposition du Ministère des Affaires Étrangères argentin concernant la candidature de Eric Calcagno nous a étéremise et nous l'avons transmise au gouvernement français qui nous fera parvenir sa réponse dans les délais habituels. Eric Calcagno est un ancien de l'ENA et, àce titre, il a participé àla réception qui a eu lieu dernièrement àl'Ambassade, en commémoration du 60ème anniversaire de l'institution.

LPJ : A la tête d'un important groupe de chefs d'entreprise français, vous n'avez pas tardéàrencontrer le nouveau ministre de l'Economie, Felisa Miceli, mardi dernier ?
F. L. :
Cette rencontre a eu lieu dans la lignée des réunions périodiques que nous maintenions habituellement avec l'ancien ministre Roberto Lavagna. Notre souci est d'ouvrir la voie officielle aux chefs d'entreprise français, afin qu'ils soient reçus par les autorités de la meilleure manière possible. Il s'agit de leur donner la possibilitéd'exprimer de façon directe leurs préoccupations sur divers sujets, tels que les problèmes sociaux, les impôts, les prix, la prévisibilitéet la sécuritéjuridique. Ces questions ne sont d'ailleurs absolument pas spécifiques àl'Argentine : elles se posent dans tous les pays qui mettent en oeuvre des plans de développement et de progression !

LPJ : De nouveaux investissements français sont-ils prévus ?
F. L. :
La sociétéDreyfus installée en Argentine depuis 1910 a l'intention d'investir 60 millions d'euros dans la construction d'un nouveau port destinéau trafic céréalier et de farines. Sanofi Aventis a inauguréfin novembre un laboratoire destinéàla recherche et àl'élaboration de vaccins, soit 24 millions d'euros. Carrefour, qui emploie actuellement 17.000 personnes, continue sa politique d'expansion dans diverses provinces. Puis Peugeot, Total Alcatel, LVMH et bien d'autres... N'oubliez pas que la France est le troisième investisseur étranger en Argentine, avec plus de 250 entreprises installées dans le pays et des investissements de plus de 10 milliards de dollars américains !

Lepetitjournal.com : Pour conclure, vous souhaitez adresser un message de fin d'année àtoute la communautéfrançaise établie dans le pays...
F. L. :
Je pense que cette Ambassade est très proche de la communautéfrançaise qui se trouve en Argentine et qu'elle fait en sorte d'appliquer tous les moyens possibles pour répondre àses soucis. Nous maintenons un contact permanent avec les conseillers élus des Français de l'Etranger ainsi qu'avec le Consulat et avec toutes les associations françaises présentes en Argentine. Contact auquel s'ajoute un appui "sur le terrain"puisque je me déplace sans cesse. Je voulais donc m'adresser àtoute cette communautéfrançaise d'Argentine, àtravers Lepetitjournal.com, et lui souhaiter d'heureuses fêtes, si possible en famille, et une très bonne année 2006.
Propos recueillis par Suzanne Thiais. (LPJ Buenos Aires) 21 décembre 2005

lepetitjournal.com Buenos Aires
Publié le 21 décembre 2005, mis à jour le 9 janvier 2018
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