Des chercheurs chiliens sont en train de mettre au point un vaccin, qui pourrait guérir l'addiction des personnes alcooliques. Les premiers essais sur des humains devraient avoir lieu en novembre prochain.
Deux chercheurs de l'Universidad de Chile planchent depuis 2009, sur un traitement pionnier à même de guérir des personnes alcoolo-dépendantes. Le principe : en une seule dose, valable un an, ce "vaccin" provoquerait une intolérance à l'alcool telle que des nausées, vertiges ou encore palpitations. Tous les effets désagréables d'une "cuite" mémorable en somme. S'il existe déjà le médicament contre l'alcoolisme Disulfirame, les chercheurs pointent que celui-ci doit être pris quotidiennement pour que le buveur soit dégoûté de l'alcool. Ce dernier peut donc décider à tout moment d'arrêter de prendre ce médicament afin de boire sans ressentir les effets néfastes de l'alcool.
Pas de remède miracle, mais un vaccin novateur
Le vaccin, mis au point au Chili, est en fait une thérapie génique qui génère l'intolérance à l'alcool du patient, grâce à l'injection d'un nouveau gène dans son organisme. Ce gène, présent chez 20% de la population asiatique, bloque l'action d'une enzyme du foie chargée de dégrader l'alcool ingéré dans le corps. Les chercheurs chiliens ont donc isolé ce gène et l'ont incorporé dans un virus inoffensif qui, après avoir été injecté, le véhiculera jusqu'au foie de la personne vaccinée. La faible envie de boire est donc provoquée par l'accumulation d'alcool non-éliminé dans l'organisme du buveur, qui ressent de façon exacerbée tous ses symptômes négatifs. Des essais pré-cliniques sont actuellement en cours de réalisation sur des animaux dans un laboratoire en Inde, afin de mesurer la toxicité et les effets secondaires du vaccin. Le docteur Juan Asenjo, directeur et chercheur à l'Instituto de Dinámica Celular y Biotecnología de l'Universidad de Chile (Institut de Dynamique Cellulaire et de Biotechnologie), a annoncé que les résultats des tests, qui seront connus dès le mois d'avril, devraient ensuite permettre au vaccin d'être essayé, au mois de novembre, sur vingt Chiliens sains, mais présentant un certain degré de dépendance à l'alcool. Au vu des études précédentes qui se sont révélées concluantes (50% des animaux sont devenus intolérants à l'alcool après l'injection du vaccin), il est fort probable que le vaccin soit commercialisé d'ici à deux ans.
Maïwenn Bordron (www.lepetitjournal.com Santiago) Vendredi 15 février 2013















