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SOCIÉTÉ - Les telos en toute indiscrétion

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

Le telo, ou albergue transitorio fait partie de la vie quotidienne argentine, au moins autant que le mate, le football ou la parilla. Ces hôtels qui louent des chambres à l'heure existent depuis une cinquantaine d'années dans le pays. Si vous n'avez jamais poussé la porte d'un telo, cet article devrait attiser votre curiosité.

Vous avez peut-être mis quelques mois avant de comprendre ce qui se cachait derrière la façade discrète et la plaque "albergue transitorio" fixée au mur. Plus communément appelé "telo", le nom de ces établissements vient de l'argot "hotel" dont les syllabes sont inversées.
Présents dans toutes les villes d'Argentine, les telos peuvent surprendre les Européens fraîchement débarqués, mais ils existent en réalité dans la plupart des pays d'Amérique latine. Et à ce titre ne sont pas une exception argentine.

Les infidèles, clé du succès
Souvent ouverts 24/24h du lundi au dimanche, le telo est fréquenté par des publics divers. Beaucoup de jeunes, entre 20 et 30 ans, mais "depuis une dizaine d'années et l'arrivée du Viagra sur le marché, les hommes de plus de 50 ans sont nombreux à fréquenter les lieux" confie Raúl Di Lorenzo, gérant d'El Pelicano, à Recoleta.
En tout cas, le transitorio n'est pas à assimiler à un hôtel de passe. Chacun y va quelques heures pour des raisons bien différentes. Les jeunes Argentins trouvent dans les telos une intimité qu'ils n'ont pas chez eux. D'autant que beaucoup restent vivre chez leurs parents jusqu'à la trentaine, ou jusqu'à trouver un emploi stable et se marier. "J'emmenais ma petite amie au telo pour éviter de gêner et d'être embêter par mes deux colocataires" raconte Luciano, pour qui fréquenter un telo n'a rien de plus banal.  
Il y a aussi les couples légitimes et les illégitimes. Les premiers "veulent souvent changer d'ambiance, sortir de la routine, voire échapper aux enfants" estime Damián Funes, fondateur avec son frère du site de référencement des telos AlberguesOnline. Quant aux infidèles, "ils nous permettent de vivre" avoue Raúl Di Lorenzo honnête.

Chambre de l'albergue transitorio Rampa Car, à Buenos Aires

Loin d'être tabou

Matin, après-midi, en soirée pour rester la nuit, les transitorios proposent souvent des "locations" de deux heures dans la plus grande discrétion. On ne vous demandera pas votre nom et les réservations ne sont pas nécessaires. Ceci avant tout pour mettre le client à l'aise car le telo n'est pas tabou, loin de là. D'ailleurs, la meilleure façon de trouver un établissement correct est d'en parler autour de vous, comme vous le feriez d'un restaurant. Le bouche-à-oreille, couplé aux commentaires laissés sur les sites comme AlberguesOnline sont l'assurance d'éviter les mauvaises surprises.
Miroirs aux murs et au plafond, douche transparente, lumière tamisée, musique douce, ambiance égyptienne, grecque antique ou encore pop art, il y a des chambres pour tous les goûts. De la plus simple, propre mais sans luxe ni originalité, à la plus farfelue en duplex, équipée d'un Jacuzzi. Il est aussi souvent possible de demander un rafraîchissement ou de quoi grignoter dans la chambre. Et pas besoin d'aller ouvrir la porte au room-service, un système de trappe permet de faire passer la commande sans être vu. À la fin, une lumière clignotante ou une voix indiquent que le temps imparti est écoulé. Vous aurez testé une institution : le telo argentin.

Chloe Wallut (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 24 août 2012


lepetitjournal.com Buenos Aires
Publié le 24 août 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
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