

Sylvie Robert et Dimitri Vassilakis proposent, ce soir, un concert gratuit. Ils jouent un compositeur encore mal connu en Argentine : Gyorgy Kurtag. Avec cette oeuvre difficile, les interprètes ont pour ambition de s'adresser directement à l'âme des auditeurs
Les deux interprètes lors d'un concert à Berlin (photo DR)
C'est une histoire de musique et d'amitié qui se racontera, ce soir, lors d'un concert exceptionnel donné à
Six ans après leurs retrouvailles, ils vont reprendre l'?uvre majeure du compositeur hongrois Gyorgy Kurtag, les Dits de Péter Bornemisza. C'est la première fois que ce morceau sera joué en Amérique du Sud où Kurtag, qui à l'âge de 80 ans est célébré en Europe et aux Etats-Unis, est encore mal connu.
Une prouesse technique
"C'est une oeuvre monstrueuse pour le piano", confesse Sylvie en lançant un regard complice vers Dimitri. "Sylvie sous-estime son travail, rétorque Dimitri, coupable d'avoir offert la partition à son amie, c'est une pièce d'une difficulté extrême".
Les deux amis du conservatoire s'étaient perdus de vue, menant chacun de leur côté une brillante carrière musicale. Dimitri Vassilakis s'est illustré comme soliste à l'ensemble intercontemporain de Pierre Boulez. Le pianiste était notamment venu jouer avec cet ensemble en Argentine ou encore, l'an dernier, avec l'orchestre philharmonique national argentin.
Sylvie chante, elle, dans les théâtres et festivals d'Europe, des Etats-Unis et atterrit, en 2002 par amour, en Argentine. "Etre cantatrice à Paris, New York ou Buenos Aires, cela ne change rien, explique la jeune femme, ici les écoles de musique sont de très bon niveau et je joue avec d'excellents partenaires comme, par exemple, Pía Sebastiani ou encore Silvia Lester".
Compositeur de génie
Les deux interprètes ne veulent pas s'attarder sur leurs parcours et préfèrent se retrancher derrière le talent du compositeur hongrois dont Sylvie Robert est une admiratrice inconditionnelle. L'?uvre est écrite en hongrois. La cantatrice française a travaillé pendant un an à sa traduction afin de mieux s'en imprégner. Les textes sont de Péter Bornemisza, un poête de
Malgré la difficulté de la pièce, les deux amis passionnés s'y sont attardé avec plaisir : "pour l'auditeur, l'?uvre est d'une force qui submerge, ce n'est pas une musique difficile pour lui". Sylvie a eu la chance de rencontrer Gyorgy Kurtag qui lui a confié que les Dits étaient "son ?uvre préféré, qu'il avait essayé de s'adresser directement à l'âme".
Sylvie et Dimitri y ont été particulièrement sensibles. Ils proposent au public de partager cette expérience dans un concert gratuit donné ce soir, à 19h à La Prensa.
Caroline BÉHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 9 avril 2008
Les deux artistes reprendront aussi des mélodies de Marta Lambertini, et de Fabian Panisello.
Début du concert : 19h















