Édition internationale

MUSIQUE - Le concert du Chapelier Fou

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Chapelier Fou (Louis Warynski),  est un jeune musicien français de 27 ans qui porte toujours un chapeau, a un caractère absolument étonnant, ce qui se manifeste aussi dans le fait qu'en faisant de la musique il devient fou, complétement excentrique tandis qu'en dehors de la scène, il se comporte presque timidement. Il est vrai que la scène change tout. Son concert de Budapest a remporté un vif succès

 Chapelier Fou (www.cseppek.hu) choisit toujours des titres poétiques, par exemple La métamorphose du vide, Le grand n'importe quoi ou les titres de ses albums, 613 et Secret Handshake.

Il est capable de créer un mélange doux et unique de plusieurs styles et genres, comme s'il balancait au confluent des arts. Il se rapproche de l'electronica, de l'ambient, de la musique électroacoustique et de la downtempo.

Le musicien français utilise une très grande échelle de moyens de s'exprimer, y compris la basse éléctronique, le violon - il jongle aussi avec ses doigts-  et la guitare. Il n'hésite pas à utiliser la manette pour fournir les sons des anciens jeux de vidéo ainsi que le synthétiseur. Il joue avec une expression profonde, cathartique et impressionnante sur son visage.

La chanson la plus touchante de la soirée était le Darling, Darling qui sonnait comme une berceuse moderne. Sur le point culminant du concert, en jouant du violon, Chapelier Fou s'est accroupi sous son synthétiseur, il était incroyablement en extase, ou bien en transe, et il n'était pas possible de jeter un coup d'oeil sur quelque chose d'autre. Ce style extraordinaire, sa présence extrêmement forte sur la scène, sa manière d'exister était tellement fascinant que personne ne bougeait, j'ai presque oublié de respirer.

Et à la fin du concert, quand il a commencé à jouer le Scandale, il était visible que toute l'audience voulait bouger, danser, grâce à la tension interne du morceau.

Après avoir fait un vrai spectacle, tout le monde l'a applaudi et Chapelier Fou avait l'air d'être tout heureux, il a ployé en souriant plusieurs fois, un peu maladroitement. Il semblait être un enfant apeuré, je pense que c'était le moment où l'audience a commencé à l'aimer, non seulement pour sa musique, mais aussi pour sa personnalité qui nous attire dans son sillage.

L'interview :

Lepetitjournal.com: Est-ce que vous pouvez me dire  la raison pour laquelle vous avez choisi ce nom, Chapelier Fou de Lewis Carroll?
Chapelier Fou: En fait, quand j'ai commencé à faire de la musique électronique, j'ai utilisé beaucoup de samples ? ou échantillon en français ? beaucoup de musique du monde, mais aussi beaucoup de musique classique et les contes anglais et les paroles, pour les récouper et les remélanger les mots.J'ai lu plusieurs fois Alice au pays des merveilles, je l'aimais beaucoup,  jai beaucoup de samples concernant le figure du Chaplier Fou et j'ai tout simplement emprunté son nom.

Qu'est -ce que vous  pensez de la comparaison qu'on fait souvent entre vous et Amon Tobin?
Ah, j'ai vu ça ! C'est très flatteur, mais on travaille différemment. A un moment donné, il a eu une certaine influence sur moi mais je reste, quant à moi, entre la musique classique et la musique électronique moderne.

Racontez-moi, s'il vous plaît, comment est née votre passion pour la musique ? A quel âge et comment ?
Quand j'étais tout petit, à l'âge de 6 ans, j'ai commencé à faire de la musique en étudiant le violon et un peu plus tard le clavecin aussi. Je fréquentais le conservatoire de Metz, c'était assez rigide, assez dur, c'est pourquoi j'ai fini par arrêter.  Après une pause, j'ai quand-même continué mes études musicales et enfin j'ai obtenu mon diplôme de professeur. Maintenant j'enseigne la musique, je suis un professeur de formation musicale à l'école de musique de Metz-Sablon.

C'est une vocation dynamique. Etant musicien, on doit toujours évoluer, s'améliorer, changer, comme selon le modèle du lifelong learning...
Oui, pour moi, c'est une sorte de lifelong learning, il ne faut jamais arrêter, parce que si tu te renouvelles pas, tu t'ennuies, il n'y a plus d'intérêt et il faut toujours relever défi de l'audience. Au niveau de l'artiste, il faut être au courant technoloquement aussi. Et comme je fais de la musique éléctronique, j'évolue aussi avec de la technologie des ordinateurs, des programmes que j'utilise.

Comment imaginez-vous votre avenir dans quelques années? Est-ce que vous voudriez garder ce style que vous représentez maintenant, ou vous allez mélanger les styles différents?
Je pense que j'ai jamais fait quelque chose de spécial. J'évolue toujours, j'ai beaucoup changé et je n'ai aucune idée de ce que je vais faire plus tard...

Allez-vous continuer des tournées?
Le musicien est condamné à  bouger. Quand on est en tournée on veut rentrer à la maison, quand on est à la maison, on a envie de partir. Un cercle diabolique. C'est dur et fatiguant. J'ai besoin de repos dans ma maison avec ma famille.

L'année dernière, vous avez joué au festival Sziget, comment avez-vous trouvé ce festival?C'est super, c'est une fête gigantesque, les Français en raffolent. Sziget est devenu complètement européen. J'ai écouté des bons concerts, j'ai vu un de mes groupes préférés de Bretagne, c'était génial ! C'est un pays de fêtes.

Judit Pecze (www.lepetitjournal.com/budapest.html), lundi 31 janvier 1011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 31 janvier 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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