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Présidentielle 2018 : une “demi-défaite” pour Gustavo Petro ?

Par Nicolas BAGGIONI | Publié le 19/06/2018 à 19:29 | Mis à jour le 19/06/2018 à 19:59
Photo : “Nous avons obtenu plus de votes que Juan Manuel Santos en 2014,” clame Gustavo Petro avec fierté
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41.7% des suffrages pour Gustavo Petro lors du second tour de l’élection présidentielle. Ce résultat fait de son adversaire, Iván Duque, le nouveau chef d’Etat de la Colombie. 8 millions de voix, c’est une victoire pour la gauche progressiste, mais une défaite pour le mouvement.

Un concert, des cris de soutiens, et des confettis. Voilà comment la Colombie humaine fête son score de 41.7%. Gustavo Petro, devant une foule en liesse, à la salle du Centre des Conventions de Bogota, s’est exprimé avec une joie mêlée de déception. “Je m’appelle Gustavo Petro, et je veux être votre dirigeant”, s’écrie-t-il pour lancer les festivités.

Après de nombreux applaudissements, masqués par des “Resistencia” lancés par les militants, l’ex-candidat reprend la parole : ”Nous sommes désormais la seconde force politique du pays.”


8 millions de voix pour le mouvement, c’est “un réel succès”. “Nous avons obtenu plus de votes que Juan Manuel Santos en 2014,” clame-t-il avec fierté. Pour l’avenir, Gustavo Petro se fixe un objectif : les prochaines municipales. “Nous avons gagné dans de nombreuses villes aujourd’hui. En 2019, ce seront tout autant de maires de la Colombie Humaine !” 

 

 

Au côté d’Angela Robledo, sa vice-présidente, Gustavo Petro continue son discours avec humour : “On va pas pleurer parce que je ne dormirais pas au Palais Nariño.” Sur scène, famille, soutiens politiques, et bénévoles sont là pour l’accompagner. Derrière eux, un écran géant projette les images des territoires où le mouvement a gagné : la capitale, Bogota, et les départements Atlántico, Nariño, Cauca, Chocó, Vaupés, Sucre, Putumayo et Valle.

Quelques minutes avant la fin de son discours, face aux caméras des médias internationaux, sa jeune fille de neuf ans prend la parole. Sous le regard fier de son père, elle s’écrie : “Nous avons été les objets de tant de mensonges, on n’a pas cessé de nous appeler à tort castro-chavistes.” Une initiative longuement applaudie par la foule avant l’évacuation de la salle.

 

Les militants, et leur joie remplie d’amertume

Wilfred Florez, casquette “Petro presidente” sur la tête, regarde au loin les feux d’artifice lancés par les supporters d’Iván Duque. Ce professeur en sciences sociales distingue la campagne de son favori comme “une réelle revendication du peuple et d’une société.” Autour d’une foule de militants, il poursuit : “Petro n’a pas perdu à cause des fraudes, mais parce qu’une grande partie de la Colombie a encore peur du changement.”

Lire aussi : Deuxième tour de l’élection présidentielle, des risques de fraudes ? 

Quelques mètres plus loin, Juan Carlos Briceñio renfile sa veste portant le logo du mouvement. Dans le froid de la capitale, cet ancien candidat aux “lista decentes cámara” de Bogota [participation partielle au Congrès, ndlr], explique que ce sont les “indécis” et les “votes blancs” qui ont manqué à Gustavo Petro. Selon lui, la victoire était proche : “ On aurait dû davantage se faire entendre dans l’arrière-pays. On l’a très bien fait dans les grandes villes, mais résultats, les gens de la campagne ne nous connaissent pas assez.”

 

Désormais, Alvaro Uribe va diriger le pays, dans le corps d’Iván Duque

Alors que des supporters continuent de clamer : “Se vive, se siente, Petro Presidente”, Juan Pablo Caro, de la Confédération générale des travailleurs, reste calme et s’explique : “On avait face à nous la maquinaria et les partis traditionnels. Il y a encore beaucoup de conservateurs en Colombie.” En buvant sa tasse de maté, il s’ensuit : “Désormais, Alvaro Uribe va diriger le pays, dans le corps d’Iván Duque.” 

 

Alors que la foule commence peu à peu à se disperser sous l’oeil des militaires, il conclut : “Grâce à Dieu, le gouvernement de Juan Manuel Santos a fait en sorte que ces élections se déroulent dans la paix et sans aucune violence de la part des Farc. On peut désormais continuer notre chemin, vers l’amour et la réconciliation du peuple.”

Nicolas Baggioni

Nicolas BAGGIONI

Reporter & community manager pour Lepetitjournal.com - Journaliste multisupports, il maîtrise l'écriture, le son et l'image. Passionné de géopolitique et d'actualité internationale, il parcourt le monde à la recherche de nouvelles histoires.
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