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Iván Duque, élu Président de Colombie avec 54% des voix

Par Nicolas BAGGIONI | Publié le 18/06/2018 à 04:23 | Mis à jour le 18/06/2018 à 12:36
Photo : Iván Duque, devient le nouveau Président de la République avec 54% des suffrages. Crédits : DR
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Iván Duque, du Centre démocratique, devient le nouveau chef d’Etat avec 54% des suffrages. Son opposant, Gustavo Petro, rassemble lors de cette élection présidentielle, 41.7% des voix. Ce duel inédit marque le retour de la droite uribiste pour les quatre prochaines années.

C’est une victoire pour Iván Duque Marquez. Ce dimanche 17 juin 2018, le candidat du Centre démocratique devient le 60ème président de Colombie. A 41 ans, il est le plus jeune Président de la République, et ce depuis 1872.

Cette élection est marquée par une participation record. Lors du second tour, 52% des citoyens se sont déplacés jusqu’aux urnes. Soit près 20 millions d’électeurs sur les 36 millions appelés à voter. Pour rappel, ils étaient 53% au premier tour.

Iván Duque, 41 ans, dauphin du très populaire Alvaro Uribe [président de 2002 à 2010], se voit donc confier par le peuple colombien un mandat de quatre ans. Une de ses promesses de campagne :  modifier de “manière structurelle” l’accord de paix signé en 2016 avec les Farc. «Cette paix dont nous avons rêvé, demande des rectifications, pour garantir vérité, justice et réparation, » a déclaré le nouveau chef de l’Etat. Il compte notamment revenir sur les réformes agraires et les peines de prison pour les anciens guerreros

Dans son programme, cette figure de la droite dure colombienne prévoit de diminuer les dépenses publiques et de baisser les impôts, pour attirer davantage d’investisseurs étrangers.

L’ex-sénateur succède ainsi à Juan Manuel Santos, Président sortant, à la tête du pays depuis huit ans. Un maximum de deux mandats consécutifs étant prévu en Colombie, le prix Nobel de la paix n’a donc pas pu se représenter.

54% des voix pour le candidat du Centre démocratique : un score qu’il doit à la “maquinaria”, un groupe d’élites qui le soutient. Celle-ci lui assure “une force financière, sociale et numérique très importante”, selon Sergio Coronado, ex-député des Français de l’étranger et observateur assidu de la politique colombienne [lire aussi son interview].

 

La défaite de Gustavo Petro

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L’ancien maire de Bogota n’ira pas jusqu’au Palais Nariño. Gustavo Petro, de la Colombie humaine, rassemble près 8 millions des suffrages. Il arrive en tête dans la capitale et dans les départements Atlántico, Nariño, Cauca, Chocó, Vaupés, Sucre, Putumayo et Valle. Un score important, alors que pour la première fois dans l’histoire colombienne, la gauche réussit à se qualifier pour le second tour.

Sergio Fajardo, classé en troisième position le 27 mai dernier, et Humberto de la Calle, deux candidats faisant la promotion de la paix, ne se sont pas ralliés à Gustavo Petro. Un (non) choix qui a finalement profité au candidat du Centre démocratique.

Quelques minutes après les résultats, Gustavo Petro s’adresse à ses militants. Dans la salle du Centre des conventions de Bogota, le candidat de la Colombie humaine salue “un fait historique”. “Nous sommes désormais la seconde force politique du pays”, annonce-t-il au côté de sa vice-présidente, Angela Robledo.

La bataille est loin d’être terminé pour la “Colombia humana”. En ligne de mire : les élections municipales de 2019. “ Nous pouvons remporter de nombreuses villes dans le pays à condition d’être unis.”

Nicolas Baggioni

Nicolas BAGGIONI

Reporter & community manager pour Lepetitjournal.com - Journaliste multisupports, il maîtrise l'écriture, le son et l'image. Passionné de géopolitique et d'actualité internationale, il parcourt le monde à la recherche de nouvelles histoires.
3 Commentaire (s)Réagir
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GuillaumeB mar 19/06/2018 - 00:27

N'est-il pas exagéré de dire que Duque doit son score à la maquinaria? Vous pensez pas que le rejet du candidat Petro, qui est en fait un candidat d’extrême gauche du même acabit que ceux qui ont précipité le Venezuela voisin dans la crise économique et l'autoritarisme, a joué? La situation terrible vécu par les émigrés vénézuéliens, certains mendiant aux feux rouges, ont beaucoup plus aidé Duque que quelques spots publicitaires. D'ailleurs, comment ont voté les états frontaliers du Vénézuela?

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Tryphon mer 20/06/2018 - 06:24

Petro n'est pas un candidat d"extrême gauche... ou alors tous les présidents de la v ième république sont aussi d'extrême gauche. Il n'y avait rien dans ses propositions qui ne passerait pour normal en Europe de l'ouest comme en France. La peur d'une "venezualisation" de la Colombie était justement un des ressort de la propagande du Centre Démocratique de Duque. Et cela a fonctionné. En fait la Colombie d'aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec le Venezuela d'avant l'arrivé de Chavez (avec une des réserves pétrolières les plus grandes du monde). De plus avec le congrès et le sénat a majorité de droite, il y aurait eu une balance des pouvoirs intéressante et donc rien à craindre de ce côté. Tout le contraire de ce qui va venir: toutes les instances sont à majorité presidentielle, ce qui ne donne aucune place à l'opposition et laisse entrevoir des dérapages sans control (en matière de justice par exemple).

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Isabelle mar 19/06/2018 - 18:52

J'en ai vraiment marre qu'on remette toujours le Venezuela sur le tapis ! Cet "argument" non fondé contre l'idéologie de gauche a tellement servi à lâchement faire peur au peuple pour manipuler le vote ! La déchéance du Venezuela est avant tout due à la baisse du prix du pétrole. L'erreur a été de "mettre tous ses oeufd dans le même panier" et de baser l'économie du pays sur une seule industrie. Lorsqu'on parle de la gauche, que l'on regarde donc du côté de l'Équateur ! 10 ans de "révolution citoyenne" a ramené le pays au 21e siècle et a été très bénéfique pour la population !! Mais on ne parle pas des pays latinos quand ça va bien...

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