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CULTURE - Jamais sans ma mochila !

Par Lepetitjournal Bogota | Publié le 20/06/2017 à 23:26 | Mis à jour le 22/10/2018 à 16:32
Mochilas colombie bogota usaquen mercado de las pulgas

Avez-vous cédé à la tentation de la mochila ? La vôtre est-elle plutôt colorée ou sobre ? Coton, laine ou sisal ? Chez les Wayúu, elle est appelée « susu » qui veut dire « marche avec soi ». La vôtre vous suit-elle aussi partout ? La Mochila, plus qu'un simple sac, est devenu l'un des symboles de la Colombie. Vous la trouverez dans la rue comme dans les magasins les plus huppés. Véritable accessoire ethno-chic, elle n'en reste pas moins chargée de traditions des communautés indigènes.

 

Chez les Arhuacos : une mochila pour chaque étape de la vie

La tribu des Arhuacos est l'un des peuples indigènes de la Sierra Nevada de Santa Marta, au nord du pays. Leurs mochilas font partie intégrante de leurs tenues vestimentaires et de leurs rituels. Leurs dessins géométriques représentent la nature et les couleurs la terre  (marron, noir, ocre, beige). A l'origine, c'était grâce à ces motifs que nous pouvions identifier les familles.

Les femmes en portent des mochila en sisal, et les hommes en portent généralement 3, en laine de brebis : une pour les effets personnels, une pour les aliments et une pour les feuilles de coca. Ces mochilas sont confectionnées par les « watis » : les femmes. Les petites filles sont initiées très jeunes à l'art du tissage. Une fois leur premier « tutu » (sac) terminé, elles le proposent au Mamó, le chef du village, qui doit l'approuver. Les Arhuacos en tissent pour célébrer chaque étape de la vie : le baptême, la puberté, le mariage, la maternité et paternité, la mort. Pour le baptême, on offre à la petite fille une mochila avec un petit fuseau à tisser. A la puberté, le garçon reçoit avec son premier « poporo » une mochila pour mettre ses feuilles de coca. Lorsqu'un couple veut se marier, la femme confectionne deux tutus, pour elle et pour l'homme. Les watis tissent à l'aiguille selon les traditions ancestrales et tout est fort de symbole. Par exemple: la mochila se monte en forme de spirale de la même manière que Serankwa (le dieu père) a créé le monde mais aussi le tutu représente l'utérus de la terre mère.

La mochila Wayúus : du songe à la réalité

Si chez les Arhuacos, se sont les oiseaux qui ont enseigné à la première femme sur terre l'art du tissage, chez les Wayúu, c'est l'araignée Wale'keru qui selon les légendes, leur a appris à tisser les images qu'elles voyaient dans leurs rêves. Cette tribu, qui occupe la péninsule de la Guajira, est l'une des dernières sociétés matriarcales au monde. Ces femmes ont réussi à conjuguer traditions et réalité économique en proposant leurs sacs en coton aux couleurs éclatantes et aux géométries complexes. Les dessins, appelés Kaanas, traduisent leur vie quotidienne. Chaque mochila reflète donc un peu la personnalité de la personne qui l'a tissée patiemment, souvent pendant plus de 20 jours. Pour ces tisseuses de songes, cet art est le symbole de la sagesse, l'intelligence et la créativité. La mochila est montée au crochet, technique introduite par les missionnaires catholiques. La bandoulière, elle, est confectionnée par les hommes. Traditionnellement, c'est à la puberté que la jeune Wayúu est initiée au tissage. Elle est confinée dans une rancheria (maison) pendant au moins 12 lunes où seules les femmes de la famille peuvent la voir. C'est là qu'elle apprend à devenir une femme mais aussi qu'elle fait ses premiers pas dans cet art. Elle confectionne, pendant son temps de réclusion, un hamac qu'elle donnera à son futur mari. Ce peuple est le seul à avoir résisté à la colonisation et conserve de fortes traditions. Il est malheureusement menacé par cette immense mine à ciel ouvert qui avance sur leur territoire. Acheter leur mochila, c'est les faire vivre et en quelque sorte les aider à résister.


La Colombie compte environ 80 communautés indigènes qui représentent 3% de la population. Pour la plupart, leur artisanat est une source importante de revenu. Les Kogis, Kankuamas, Wiwas,  proposent aussi des mochilas. On en trouvera également à San Jacinto. On ne parlera pas ici, de la céramique de Raquira, des chapeaux Vueltiao de la communauté  Zenú ou des molas de la tribu Guna. Autant de choses à découvrir, autant de chemin à parcourir à la rencontre de ces populations avec sa mochila en bandoulière, ou pas !

Pascale Girard Oudin, www.lepetitjournal.com/bogota, mercredi 21 juin 2017

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