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La musique occidentale se développe tant bien que mal en Thaïlande

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 12/01/2011 à 00:00 | Mis à jour le 04/06/2019 à 04:34
Photo : Le Thailand Philarmonic orchestra prévoit pas moins de 16 concerts d'ici au mois de septembre (Photo courtoisie)
Orchestre philarmonique Thailande

Depuis de nombreuses années, l'offre musicale ne cesse de s'étoffer dans le royaume. Mais le développement de la musique classique en Thaïlande se heurte souvent aux différences culturelles. Néanmoins, plusieurs acteurs de ce milieu sont d'accord sur un point : il y a un intérêt qui n'existait pas ces dernières années

"A Bangkok il est très difficile d'organiser des évènements un peu sérieux, c'est la cité de ''l'entertainment'  contre celle de la culture", résume Victor Silakong, organisateur du World Film Festival, sensible à l'art et à la musique européenne. Cette perception de la situation culturelle à Bangkok reflète une certaine réalité et en partie les difficultés rencontrées pour organiser, notamment, des concerts de musique classique et des opéras de qualité.

Une compétition à toute échelle

Le nombre important d'évènements proposés chaque jour dans la capitale thaïlandaise a parfois l'effet inverse de celui attendu, en faisant fuir le spectateur ou en attisant les animosités entre les acteurs culturels. "C'est très difficile de construire quelque chose à Bangkok. Il y a tout un tas d'affinités, de groupes qui se créent et s'opposent plutôt que d'échanger entre eux. S'associer ou être ami avec quelqu'un vous ferme automatiquement des portes", se désole Henri Pompidor, directeur du département de Musique de Chant Choral de la faculté de Mahidol. Ce dernier constate néanmoins que de nombreuses formations musicales se constituent au travers d'associations, de groupes universitaires et d'orchestres. "Il y a tout une série de groupes d'où émergent des initiatives, explique-t-il. L'offre musicale est plutôt importante, mais très inégale en termes de qualité".

Des événements comme le festival culturel franco-thaï La Fête, qui a lieu entre février et avril, ou encore le Festival de Musique et Dance, en septembre et octobre, sont des occasions d'assister à de nombreux concerts de musique classique et d'opéra, comme ici avec La Traviata (Photo courtoisie)

Une volonté d'apprendre et de découvrir

Malgré ce portrait en demi-teinte du milieu musical de la cité des anges, il y a tout de même de nombreux points positifs. "Pour un pays qui n'est pas porté sur la musique classique, il y a un réel effort et il faut le saluer, constate Carole Boy Ferron, chanteuse soprano française à Bangkok. Les étudiants thaïlandais en musique expriment un véritable intérêt. En France par exemple, on n'apprendrait jamais un opéra chinois". Ces dernières années ont ainsi vu l'éclosion de quelques perles thaïlandaises, douées dans les répertoires occidentaux."La Thaïlande a fait de gros progrès dans la musique classique, et il y a désormais de très bons artistes thaïlandais", ajoute Bernard Lorin, organisateur de concerts symphoniques en Thaïlande depuis 1997, citant notamment les pianistes. Une impression que partage sur son blog Hikotaro Yazaki, directeur de l'orchestre philarmonique de Tokyo et directeur honoraire de l'orchestre philarmonique de Bangkok, après avoir assisté à un concert de l'orchestre de la princesse Galyani Vadhana."Il n'y a aucun doute que le futur de la musique classique en Thaïlande sera brillant", s'était-il enthousiasmé. Preuve d'un intérêt grandissant, un conservatoire au nom de la défunte s?ur du roi, dont la construction a néanmoins été repoussée à plusieurs reprises, devrait d'ailleurs ouvrir ses portes en 2013 à Bangkok.

Quentin Weinsanto mercredi 12 janvier 2011

Des obstacles culturels
Les Thaïlandais doivent toutefois faire face à un certain nombre de contraintes dans l'apprentissage de la musique classique et de l'opéra, deux arts traditionnellement européens. Historiquement, la Thaïlande n'a jamais été colonisée, ces formes artistiques occidentales aux concepts et fondamentaux parfois très éloignés de l'art local, s'y sont donc implantées tardivement. A cela s'ajoutent les caractéristiques de la langue dans notamment du chant polyphonique. D'un point de vue phonique, "la langue thaïlandaise est fermée, avec des consonnes fortes, explique le directeur du département de Musique de Chant Choral de Mahidol Henri Pompidor. De fait, l'appareil phonatoire n'est pas naturellement prédisposé".

Lire aussi notre article du jeudi 27 mars 2008, Carmina Burana suscite la création du premier choeur professionnel de Thaïlande
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mercredi 12 janvier 2011

Dans l'agenda des mois à venir :

Le Thailand Philarmonic orchestra prévoit pas moins de 16 concerts d'ici au mois de septembre, dont Music in Paris le 21 janvier
http://www.thailandphil.com/category/season-2010-2011/

Le Bangkok Symphony orchestra joue les dimanches après-midis de janvier et de la moitié de février à partir de 17h30 dans le parc Lumpini
http://www.bangkoksymphony.org/

Le Bangkok Charity Orchestra prévoit des concerts en mars, juillet et septembre
http://www.charityorchestra.org/upcoming.php

Des événements comme le festival culturel franco-thaï La Fête, qui aura lieu entre février et avril, ou encore le Festival de Musique et Dance, en septembre et octobre, sont des occasions d'assister à des concerts de musique classique et d'opéra

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