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Bangkok: Maison Close expose l’art érotique dans toutes ses positions

Par Sophie GOUSSET | Publié le 19/06/2018 à 00:00 | Mis à jour le 19/06/2018 à 18:08
Photo : Sophie GOUSSET -
Maison Close Bangkok

Maison Close est un lieu unique et hybride de Bangkok. Stephen Bessac, un Français à l’origine du concept invite à franchir la porte d’un univers habituellement caché dans lequel l’art érotique, s’expose, enivre le visiteur et jette une encre nouvelle dans le quartier de Bang Rak. 

Dans cette rue déserte bordant Charoeng Krung road, un sobre symbole accroche le regard… Par le trou d'une serrure, un œil. Une curieuse invitation à découvrir un lieu qui recèle de nombreux secrets. 

L’œil s’échappe vite de la serrure pour contempler ce lieu mêlant violence, érotisme, mort dans une douce caresse. Dès l’entrée, l’artiste Pokchat Worasub dévoile aux visiteurs ses photographies érotiques de femmes non professionnelles, "This is not cute" une douce provocation qui ne manque pas de charme.

Dans un autre coin de cette impressionnante pièce aux murs rouge et noir, de vieux téléviseurs diffusent des mondo-movies, des représentations du kamasutra décorent un mur, d’anciens magazines pornographiques enfermés dans une vitrine attendent qu’on les effleure. A l’étage, c’est un salon de tatouage qui se découvre, dans lequel s’applique l’artiste à l’aiguille, Tantai Cheewasopit.

"Je cherchais un lieu où je pourrais cumuler tout ça, objets de magie sexuelle, vidéos, affiches érotiques etc.", raconte Stephen Bessac, maître de ce lieu, d’une voix grave aux accents suaves. Des photos de crimes saisissent le regard, des objets bouddhiques posés un peu partout intriguent sur les faces plus cachées de la religion, l’enfer, la mort, l’amour. 

3000

"Maison de mauvaise réputation, maison du diable, maison de joie" 

D’un nom et d’un propriétaire français, Maison Close s’imprègne plutôt de la richesse de la culture et de l’art thaïlandais. "C’est local, je ne fais qu’archiver des objets qui ne sont pas forcément connus", raconte Stephen, collectionneur et fouineur cultivé, qui a découvert la Thaïlande pour la première fois il y a vingt ans. "J’ai vite compris qu’il y avait autre chose, derrière le tourisme. J’ai découvert la magie sexuelle, les temples de l’enfer, des trucs hallucinants." 

Et quelques années plus tard… une overdose lui fera passer le cap. Malgré une carrière très prometteuse avec son groupe de hardcore Kickback, "je faisais une overdose de Paris, je devais quitter cette ville", explique-t-il d’un ton posé, assis sur un canapé de velours rouge. 

Le regard ambitieux, la voix passionnée, pour Stephen, Maison Close n’en est qu’à son début. Projections de films au-dessus du bar, conférences, venues d’auteurs, ce jeune concept pourrait devenir d’ici peu un lieu incontournable de la culture underground de Bangkok. 

Quelques mois auparavant, après avoir exposé des illustrations d’ero-guro, l’art érotique grotesque gore d’origine japonaise, Maison Close suspendait sur ses murs les clichés de deux photographes de guerre, avant de faire une nouvelle pirouette artistique vers… le bondage.

"Quand elle vient ici, elle me demande toujours si elle peut ligoter quelqu’un", s’amuse à raconter le gérant.  Maison Close a brisé les chaînes en montrant sous le regard de tous des femmes ligotées par l’artiste Pretcharada, jeune femme pratiquante et passionnée de l’art ancestral japonais, le shibari, aujourd’hui communément relié à une pratique sexuelle. Dans cet endroit tout lien s’efface pour que tout art s’exprime librement, sans pudeur et sans choquer. 

"Ça reste cohérent, de l’art fort, dégénéré, érotique." A l’image des Photomagazines de la jeunesse de Stephen, dans lesquels, au fil des pages défilaient des photos de femmes nues, scènes de crime et scènes de guerre. A Bangkok, c’est le magazine qui prend vie. 

Maison Close, 397/399 Charoengkrung 45, Sriphraya, Bangrak, Bangkok
Voir aussi la page Facebook Maison Close Bkk

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