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ITINERAIRE AQUATIQUE – Les grands requins blancs néo-zélandais fuient l’hiver

Écrit par Lepetitjournal.com Auckland
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

 

Si les côtes australiennes recèlent de toutes sortes de dangers aquatiques pour les baigneurs et les surfeurs, la Nouvelle-Zélande a également son lot de grands requins blancs. A la recherche de ces carcharodon carcharias, kiwis au plus profond de leurs nageoires.

© Stuart Westmorland/Corbis

Les scientifiques de la NIWA, ?The National Institute for Water and Atmospheric Research?, ont placé des récepteurs électroniques de surveillance des mouvements de ces monstres aquatiques. Leurs trouvailles ont tout juste été rendues publiques. Ils soupçonnaient les grands requins, qui ont pu être observés au large de la Stewart Island, située au sud de la Nouvelle-Zélande, de déserter ses eaux pour des climats plus tempérés pendant les mois de juin et juillet. Il s'avère que ces majestueux carnivores sont un tantinet frileux. L'expérience scientifique ne dit pas si la température de l'eau agit effectivement sur leur moral, mais il est néanmoins certain qu'ils nagent pour trouver des terrains de chasse, les phoques migrant également. Les grands requins blancs sont bien heureux de quitter les eaux de Nouvelle Calédonie, du Tonga ou encore de la grande barrière de corail fin juillet, pour se ressourcer au large de la Nouvelle-Zélande ; l'agilité croissante des phoques, s'habituant à leurs man?uvres, les empêchant de nouer avec le succès à chaque attaque, plus si mortelle que cela. Dépaysement, échecs répétés, climat bancal et changeant, les prédateurs sont désorientés. Retour au bercail !

Quelque 46 récepteurs acoustiques ont notamment été placés dans les eaux de Sydney et 7 dans les îles Chesterfield, afin de disséquer les différents itinéraires. Le docteur Malcolm Francis de la NIWA a localisé avec son équipe un grand requin blanc, grâce aux récepteurs aquatiques, répondant au nom de "Meadsy", plutôt imposant avec ses 2,8 mètres, à 10 kilomètres de Bondi Beach dans la banlieue de Sydney, en Australie en février 2012. En mars, une sonde aquatique situait déjà Meadsy à Stewart Island. Il a donc parcouru la mer de Tasmanie, séparant l'Australie et la Nouvelle Zélande, en 21 jours, soit 96 kilomètres quotidiens, cadencés par les battements de ses ailerons . Indubitablement une performance, peut-être même une plus grande médiatisation en vue, dans la lignée de Paul le poulpe ou encore Knut l'ours, bien que le dénouement entourant celui-ci soit tragique. Il est certain que Meadsy serait une mascotte plus robuste. Espérons qu'il tienne le coup face à la pression. Les scientifiques vont assurément vouloir établir des records de distance.

Il est donc indispensable de s'armer de prudence ou d'autres ustensiles venant potentiellement à bout des grands requins blancs. Les scientifiques de la NIWA, en collaboration avec "The Department of Conservation" et l'université d'Auckland espèrent identifier tous les carcharodon carcharias visitant les eaux de la Stewart Island, tout en analysant la fréquence de ces visites. Il s'agit également d'installer d'autres récepteurs et sondes aquatiques pour tenter de repérer d'autres mouvements éventuels.

 

Filip Milo (www.lepetitjournal.com/auckland.html) mercredi 26 septembre 2012

le petit journal auckland
Publié le 26 septembre 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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