

C'est dans le cadre plus large de la « Alcohol Reform Bill » que cette décision a été prononcée.
Depuis la réforme de 1999, l'âge légal pour consommer de l'alcool est de 18 ans. Cependant, la surexposition de la masse de jeunes accueillant chaque week-end comme une festivité, a provoqué un vif débat au sein de la classe politique sur la hausse de l'âge légal pour consommer de l'alcool.
Des jeunes "encombrants" et "bruyants"
L'alcoolisme chez les adolescents et les jeunes adultes est une problématique qui suscite débats et indignations en Nouvelle Zélande. Face à la recrudescence de jeunes à la marche clopinante, tellement éméchés qu'ils peuvent devenir un danger pour eux-mêmes et leur entourage, dans les villes de Nouvelle Zélande et en particulier Auckland et la ville étudiante de Dunedin, le Parlement a organisé une session pour débattre de l'âge légal.
L'inquiétude de nombreux députés, parents eux-mêmes, a tourné à l'incrédulité face aux dérives de leurs enfants. Le point de départ pourrait se situer, dans la multitude d'évènements ayant dérapé, (notamment les émeutes étudiantes à Dunedin en août 2007). Les étudiants n'avaient aucune revendication, l'évènement a eu lieu pendant le "Undie 500" organisé par l'Université de Canterburry. L'objectif est de rallier Christchurch à Dunedin avec une voiture achetée pour moins de 500$ puis la décorer, la personnaliser, pour l'occasion. Une manifestation étudiante, festive dans son organisation et son déroulement, qui aurait dû se passer dans la joie et la bonne humeur.
Toutefois, la masse d'étudiants ivres est rapidement devenue incontrôlable. Si la scène peut prêter à sourire, les étudiants réunis se lançant dans un Haka des All Blacks, les propriétaires des voitures brulées n'ont certainement pas trouvé cela cocasse et amusant. Depuis 2006, la Police arrête systématiquement au cours du "Undie 500" les étudiants qu'ils jugent les plus remuants.
Un débat houleux, qui divise la classe politique
La déferlante des étudiants de Dunedin a montré que la police n'aurait aucune tolérance pour des troubles de l'ordre public. Face aux comportements condamnables répétés de jeunes sous l'emprise de l'alcool, le Parlement devait répondre si l'âge légal pour acheter de l'alcool devrait être rehaussé à 19 ou 20 ans ou rester à 18 ans. La réforme, emmenée par le parti au pouvoir de John Key avec la coalition Maori New Zealand, ACT New Zealand et United Future a vu une vive opposition lui contester la nécessité d'une relecture de la législation. Le Labour Party ainsi que le Green Party se sont notamment appuyés sur leurs expériences personnelles. Toutefois, les parlementaires ne sont pas tenus de respecter une ligne directrice partisane. Ainsi, le député Hon Tau Henaren, pourtant du National Party, a affirmé que les problématiques liées à l'alcool ne concernent pas seulement les jeunes mais toute la population néo-zélandaise. D'autre part, d'après Moana Mackey du Labour Party, l'utilisation des nouvelles technologies de communication fait que l'information est délivrée instantanément, nuisant à l'image des jeunes pris en flagrant délit d'ivresse. Elle a répété que durant sa jeunesse, les cas d'ivresse était récurrents et moins visibles tout simplement parce que les smartphones, YouTube ou Facebook, n'existaient pas. Dès lors, les photos compromettantes n'existaient pas non plus.
Les jeunes ont accueilli avec bonheur le maintien de l'âge légal à 18 ans. Bradley Hyde, interviewé par le New Zealand Herald, assure que même si l'âge légal avait été porté à 19 ou 20 ans, ils auraient trouvé le moyen de se procurer de l'alcool.
D'autre part, d'après Moana Mackey du Labour Party, la proportion de jeunes buvant de l'alcool a considérablement diminué. En 1996, 80% des moins de 18 ans avait une consommation régulière, de l'ordre d'une ou deux fois par semaine, tandis qu'en 2010 ils étaient seulement 32%. Reste cependant à savoir dans quelle mesure se situe la quantité consommée par ces 32%.
Filip Milo (www.lepetitjournal.com/auckland) mercredi 19 septembre 2012







