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Chronique d’une débarquée à Dakar

Par Lepetitjournal Dakar | Publié le 17/07/2017 à 20:10 | Mis à jour le 26/03/2018 à 00:34

L’arrivée à Dakar n’est pas exempte de surprises, d’étonnements mais aussi d’émerveillements. Après une semaine sur Dakar, il y a déjà plein de choses à dire.

Avant de venir, les sites internet et les documentaires que je visionnais parlaient tous de la Téranga sénégalaise, de son hospitalité. Et effectivement, je peux le vérifier dès mon arrivée. Ces sourires, ces « ça va » lâchés au détour d’une rue donnent la joie de vivre et créent à eux seuls une ambiance douce et conviviale. On est bien loin des visages renfrognés que l’on peut rencontrer dans certaines villes françaises. Ici, la chaleur et le soleil se lisent dans les regards et les rires se communiquent facilement. C’est un plaisir d’être accueilli ainsi, lorsqu’on est étranger. Une Teranga qui manque parfois en France mais qui apporte pourtant beaucoup. Car ici, on peut discuter avec aisance de tout, du moment que l’interlocuteur parle français.

C’est donc du soleil et des sourires, qui vous poussent à sortir. Je m’arrange pour profiter des rayons du soleil, d’en éviter ses coups à coups de crème solaire, et surtout me balader près de la mer. Bien sûr, au Sénégal, il ne faut pas espérer être seul longtemps. On vous accoste très vite pour toutes sortes de services. Il faut refuser fermement car le Sénégalais est persistant, voire insistant. Et, comme il vous le demande avec un grand sourire, c’est parfois difficile de s’en extirper.

Mais quand on trouve un instant, la mer offre un moment de tranquillité, les rouleaux se déroulent avec volupté, et on peut y voir au loin, quelques surfeurs qui en profitent. La plage du Virage est tout particulièrement paisible, avec peu de rochers, elle est peu fréquentée et reste pratique pour aller surfer quand on débute. Le soir, la corniche des Almadies est parfaite pour prendre un verre, devant un panorama maritime qui apaise et détend. La mer est donc le point d’ancrage d’une tranquillité retrouvée face à l’effervescence de la ville. Celle qui grouille de monde et où circulent tous azimuts taxis, bus, voitures.

Avoir une voiture sans rayure relève d’un exploit dans cette ville où le trafic s’affole. On se demande même comment font les conducteurs pour ne pas s’entrechoquer à chaque kilomètre. Les klaxons font office de freins et heureusement que sont placés, çà et là, quelques dos d’âne pour que les bolides ralentissent enfin. Traverser la rue est donc un parcours du combattant et une attention particulière est requise. Car effectivement les passages piétons semblent être dessinés plus pour le fun que pour être respectés.

Pour se déplacer, on peut donc choisir de prendre un taxi en négociant les tarifs. Des taxis qui ressemblent d’ailleurs plus souvent à de vieux tacos rouillés, dont les portières rafistolées tiennent par miracle. On peut aussi, lorsqu’on a le temps, risquer de se perdre dans les lignes de bus. Des arrêts de bus sont placés à plusieurs endroits et y sont écrits les numéros de ceux qui s’y arrêtent. De grand bus précisent leur destination, mais il est aussi possible de s’aventurer dans les cars rapides (minibus) en demandant où ils se dirigent. On est alors embarqué dans un voyage pour le moins surprenant. Il faut payer son ticket et attendre dans la moiteur et les secousses : une expérience qui peut être parfois difficile à vivre au quotidien pour ceux qui se rendent au travail.

Ce qui surprend aussi, quand on arrive au Sénégal c’est l’image que l’on renvoie lorsqu’on est « toubab », c’est-à-dire blanc, ou bien lorsqu’on est une femme. Quand on est toubab on se fait pourchasser pour acheter des objets dont on doute de leur utilité. Quand on est une femme, on se fait pourchasser pour un mariage ou bien « faire connaissance ».

Combien de fois on vous demandera en mariage si vous êtes une femme blanche ? Au Sénégal, vous êtes ramené à votre féminité à chacun de vos pas. Il faut se faire à ce qu’on appelle en Europe le « harcèlement de rue », plus communément considéré comme une salutation ici. Un passage obligé dans les sifflements, les bisous à la volée, les « ma chérie ».

Rien ne sert de s’offusquer dans ce pays où la culture et le rapport au genre sont différents. Seulement, c’est un point qui peut surprendre. Il suffit d’ailleurs de se déplacer pour très vite remarquer que l’espace public est principalement réservé aux hommes. Si les femmes se déplacent pour aller faire leur course, le reste du temps, on ne croise presque que des hommes dans les rues. Et, en effet, ce sont eux qui travaillent le plus principalement. Les femmes sont, elles, femmes « de ménage » ou « au foyer », pour une bonne partie de la population. Il reste encore cette dichotomie public-privé dans un pays où la polygamie est autorisée et où les hommes peuvent avoir jusqu’à quatre femmes.

Être blanc est un autre signe distinctif, voire presque, ostentatoire. On est vite perçu comme des porte monnaies sur pattes quand on arrive dans certains marchés. Là encore, il faut s’armer de patience car les Sénégalais sont bien rodés et organisés pour nous faire consommer. En tant que vendeurs, ils excellent dans les techniques commerciales. Une fois qu’ils repèrent leur proie au milieu des étals qui abondent d’objets en tout genre, ils ne la lâchent pas. Les rabatteurs sont connus pour suivre à la trace les « toubabs » qui passent devant les échoppes. Mais il vrai aussi que le joyeux bazar qu’offre les marchés rend les rabatteurs nécessaires lorsqu’on cherche quelque chose dans ce fouillis. Il faut donc s’y accommoder et savoir dire non lorsque cela est nécessaire. Même si certains s’amuseront à vous traiter de « raciste », en jouant au maximum de cette insulte.

Toujours est-il que l’ambiance est bonne enfant et qu’une atmosphère d’entente et de cordialité se dégage le plus généralement de toutes ses rencontres. La discussion est toujours très facile c’est pourquoi il est aussi possible de se faire comprendre facilement.

Dakar est un heureux gribouillis qu’il faut savoir appréhender et connaître, petit à petit. Voilà ce qu’il reste à faire !

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