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PORTRAIT D’EXPAT- Iris Gardet, une Parisienne qui fait rire Toronto

Par Adrien Filoche | Publié le 25/06/2018 à 18:00 | Mis à jour le 27/06/2018 à 10:10
Iris Gardet, spectacle

Après son premier seule-en-scène « Pardon My French, The Tales of a Parisian Mom in Canada » écrit et interprété anglais, Iris Gardet est de retour avec un deuxième spectacle, toujours en anglais of course. Retour sur le parcours de cette Parisienne expatriée depuis 2014, métamorphosée en mi-Française, mi-Canadienne. 

 

En juin 2014, Iris Gardet quitte la vie parisienne et fait ses valises pour rejoindre son conjoint, qui a été embauché à Toronto. Avec leurs deux jeunes enfants âgés de 20 mois et 4 ans, ils disent au revoir à la France. Elle qui travaille à Ubisoft découvre que l’entreprise dispose d’une filiale à Toronto. L’occasion est toute trouvée. 

Durant les premiers mois, Iris se consacre principalement à sa famille. Mais au bout de deux ans, la jeune femme se dit : ‘’Et si, ce nouveau départ était l’occasion de faire ce dont j’ai toujours rêvé : écrire ?’’. Des premières idées germent dans la tête d’Iris. Écrire un blog, pourquoi pas des vidéos YouTube, ou bien encore du théâtre ! Première difficulté : le manque de temps. ‘’J’avais déjà fait du théâtre en France, mais avec ma situation familiale actuelle, c’était compliqué de m’engager dans une troupe.’’ 

Motivée, Iris Gardet part pour un séminaire de deux jours en novembre 2015, au Second City Training Center de Toronto. Elle découvre les mécanismes du seul en scène et le monde de l’improvisation. Un pied sur les planches, puis bientôt deux… elle ne les enlèvera plus. ‘’Je sens à ce moment que c’est ce que je veux, que c’est dans mes cordes. Et puis, je pourrais travailler à mon rythme’’.

 

Les grands débuts 

Iris se lance fin novembre 2015 dans l’écriture de son premier spectacle, écrit et interprété en anglais. Il faut donc être à l’aise avec la langue de Shakespeare pour profiter des traits d’humour de la Française. ‘’J’y parlais de mon arrivée au Canada, mais surtout de ma maternité''. La Française expatriée a la chance d’être sélectionnée en juillet 2016 pour le Hamilton Fringe Festival. 

Quand elle débarque sur scène, Iris apprécie le fait de ne dépendre que d’elle-même. Elle remarque toutefois assez vite qu’elle a besoin d’être stimulée et entourée. Iris s’associe avec Anne Marie Scheffler, une metteuse en scène canadienne qui lui donne des astuces d’écriture et de mise en scène, notamment pour plaire au public torontois. La Française s’entoure aussi de ses amis pour promouvoir le spectacle. C’est toujours plus agréable d’être épaulée par une belle équipe, ‘’et puis, en autoproduction, il faut être sur tous les front, écriture, production, mise en scène… c’est usant.’’

Après le festival de Hamilton, Iris produit son spectacle dans des petites salles canadiennes, le rode, et s’amuse à « dompter » le public torontois. Passionnante, l’activité d’Iris est surtout très chronophage et la jeune femme peine encore à bénéficier d’une bonne couverture média. Elle jongle entre la scène, sa famille et son activité professionnelle chez Ubisoft. 

 

Deuxième spectacle et changement de tactique 

Cette année, Iris s’y prend autrement pour son second spectacle, intitulé « How I Became Canadian », qu’elle écrit depuis mai 2017. ‘’Dans le deuxième, je mets la maternité entre parenthèses. Mais évidemment, je parle toujours de ma vie canadienne en tant que Française !’’ Ses premières fois au pays de la feuille d’érable, des anecdotes, la différence avec le France, la relation avec les amis et la famille, qui sont restés en France, la distance, Iris s’inspire de ses nombreuses expériences. 

Plus déterminée que jamais, la Française décide de prendre plus de congés de son activité Ubisoft et travaille d’arrache-pied à dessiner les contours de sa nouvelle représentation. ‘’Cette année, je sais où aller, quoi et comment améliorer pour attirer le plus de monde possible.’’ Une nouvelle fois, Iris est retenue au festival d’Hamilton pour juillet 2018. Avant cette belle aventure, elle montera sur scène à Toronto au Social Capital Theatre pour se roder. ‘’L'entrée sera gratuite. Chacun paie ce qu'il souhaite et surtout me laisse des commentaires à la fin du spectacle en prévision d'ajustements pour le Festival de juillet’’. 

 

‘’En France, je ne sais pas si j’aurai pu faire cela’’

Au Canada, quand elle monte sur scène, Iris se dit que tout est permis. ''En France, je ne sais pas si j’aurai pu faire cela''. 

Je pense que je ne m’autorisais pas à faire des choses aussi folles à Paris. L’Ontario ouvre vraiment la porte à plus de fantaisie. Et puis, quand on change de pays, on réinvente sa vie, non ?

Depuis quatre ans maintenant, la vie d’Iris a bien changé. Sa façon de manger, de s’habiller, de se comporter fait d’elle une hybride, mi-Parisienne, mi-Torontoise. 

'’Je vis au milieu des écureuils et des ratons laveurs qui guettent la lanterne-citrouille que j'ai mis des heures à sculpter, je conduis patiemment sauf quand le compte à rebours pour les piétons indique 5 secondes et je chante quand je pellette la neige’’. Mais le Canada, ce n’est pas toujours une partie de plaisir ! ‘’Mon premier hiver, j'ai compris ce qu'était le grand froid. En automne, quand le froid commençait à s'installer, mes voisins trouvaient qu'il faisait doux quand il faisait 5 degrés. Je les prenais pour des fous… mais j'étais comme eux dès le mois de mars suivant !’’

 

En communion avec le public 

‘’Les meilleurs moments, c’est quand le public répond aux blagues qu’on a écrit. Il y a évidemment des publics plus réceptifs que d’autres. Plus il va réagir, plus je vais avoir confiance’’, explique l’humoriste. C’est aussi pourquoi Iris attend beaucoup les retours lors de ses spectacles. Pour elle, c’est un excellent moyen de progresser sur son écriture et son interprétation. Et à chaque nouvelle séance, son trac est toujours présent, il est juste moins pesant. ‘’Quand je suis à l’aise, j’arrive à jouer mon texte différemment, j’improvise et je prends plus de libertés.’’

‘’Ce n’est pas seulement réservé aux francophones mais à toutes les personnes ayant vécu les expériences que je raconte. Et puis, ce n’est pas parce qu’on est Français avec des yeux des Français qu’on vit forcément des choses différentes que les autres’’. Et le public torontois, comment est-il ? ‘’J’ai le sentiment qu’il est bienveillant, mais forcément, j’ai encore trop peu d’expérience pour juger véritablement’’.  

 

Bientôt de retour en France ? 

‘’Mon compagnon et moi, nous sommes très partagés sur l’idée de retour. Je pense que nous avons un peu envie rentrer, mais que nous ne sommes pas très pressés. On se dit toujours qu’on a notre famille là-bas, des amis qui nous manquent. Mais d’un autre côté, notre nouvelle vie nous plaît. C’est aussi cela que j’explique le spectacle, cette double relation, qui parfois, nous déchire’’. 

 

Infos pratiques :

« How I Became Canadian », samedi 30 juin à 20h30 a Toronto, au Social Capital Theatre, 154 Danforth Avenue 

Retrouvez aussi Iris Gardet au Hamilton Fringe Festival en juillet 2018 

 

Extraits : 

 

 

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
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