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DOSSIER IMMIGRATION -1- Travailler en Australie, le rêve à l’autre bout du monde ?

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 01/02/2017 à 06:30 | Mis à jour le 01/02/2017 à 06:47

Avec près d'un quart d'habitants nés à l'étranger, l'immigration a une part importante en Australie. Mais, alors que le pays a longtemps choisi de privilégier les Européens, les nouveaux arrivants viennent aujourd'hui des quatre coins du monde. L'Australie est-elle aussi accueillante avec les migrants d'aujourd'hui ?

 

Qu'ils soient venus en Australie grâce à un visa vacances-travail ou directement dans l'espoir de s'y installer, de nombreux étrangers ont envie de rester travailler en Australie. Un rêve qui n'est pas toujours accessible : de la recherche d'emploi à l'intégration, ils rencontrent de plus en plus d'obstacles. 

Beaucoup d'étrangers venant en Australie découvrent à quoi ressemble le fait de travailler dans le pays grâce au Working Holiday Visa. C'est souvent cette expérience qui donne envie aux étrangers de rester en Australie, comme Julie et Julian, un couple originaire de Metz venu pour la première fois avec un WHV : « On n'avait pas prévu de rester, puis on a trouvé des petits boulots et nos employeurs nous ont proposé d'être nos sponsors ».

Après un retour en France, leur nouveau visa est accordé : le 457, un visa temporaire d'une durée maximale de quatre ans. Comme eux, ils étaient près de 100 000 à travailler en Australie sur l'année 2013-2014 avec ce visa, qui permet également de faire venir son compagnon ou sa compagne. C'est le moyen le plus utilisé pour travailler en Australie de manière temporaire après le WHV.

Pour postuler à ce visa, il faut être sponsorisé par un employeur australien. Julie Tariel, agent d'immigration (MARN 1464837), connaît bien ce système : « Les seuls emplois éligibles sont ceux qui figurent sur la liste CSOL, qui définit les postes pour lesquels l'Australie ne dispose pas assez de main d'oeuvre ». Il faut donc avoir un savoir-faire recherché par le pays et faire les démarches pour trouver un employeur susceptible de devenir sponsor. Mais les visas temporaires sont plus vulnérables : s'ils perdent leur emploi ou s'ils démissionnent, les individus en 457 ont 60 jours pour en trouver un autre sous peine de voir leur visa annulé.

En plus de cela, il est nécessaire d'avoir un niveau d'études minimal précisé pour chaque métier. Pour Julie Tariel, « l'immigration est un peu comme des cases à remplir : si on rentre dedans c'est facile, sinon c'est difficile ». En effet, la recherche de sponsors n'est pas toujours compliquée : au bout de quatre mois, Julian a eu une proposition de sponsor par son employeur, alors qu'il travaillait dans la rénovation, un secteur qui rentre dans les « cases » de l'immigration australienne.

 

En réalité, tout dépend du pays d'où viennent les migrants : pour certains Etats qui n'ont pas d'accord avec l'Australie, obtenir un visa de tourisme demande tellement de procédures que travailler dans ce pays semble quasiment inaccessible. L'Australie choisit toujours dans les faits son immigration, puisqu'elle peut se permettre de n'accueillir que les candidats les plus qualifiés, pour qui l'immigration est plutôt facile. 

Comme les demandeurs de visas temporaires, les résidents permanents sont eux aussi sélectionnés : deux tiers d'entre eux ont un visa de travail obtenu grâce à des qualifications précises. Ainsi, pour Anna Boucher, professeure à l'Université de Sydney, ils sont plus facilement intégrés car ils parlent souvent plutôt bien anglais et trouvent plus vite du travail.

 

Pourtant, il y a d'après elle une division de plus en plus grande dans la société entre les Australiens ; les résidents permanents, qui bénéficient en général de la sécurité sociale et de droits similaires aux citoyens australiens ; et les personnes en visa temporaire : « En moyenne, un visa temporaire doit être changé 2,7 fois avant d'obtenir la résidence permanente. Mais avant d'obtenir la nationalité australienne, les immigrants sont intégrés culturellement mais n'ont pas de pouvoir politique. Je pense que cela peut contribuer à créer une société à deux échelles. »

Image : Pixabay

Nicolas FLEURY, lepetitjournal.com/sydney, Mercredi 01 Février 2017

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