

Mme Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique a fait une visite de quelques jours à Sydney où elle a rencontré les membres de la communauté d'affaires française mais aussi ses homologues australiens
Photo Lepetitjournal.com
Lors de sa visite en Australie, la ministre s'est entretenue avec son homologue australien, M. Stephen Conroy, ministre de la Communication et de l'Économie numérique ainsi que M. Malcolm Turnbull, ministre de la Communication et du Réseau à Haut-débit, de l'opposition. Elle s'est ensuite rendue au siège du National Broadband Network (NBN) pour la signature d'un contrat très important entre Arianespace et la société NBN pour le lancement des deux premiers satellites de NBN. (Voir notre article déjà paru sur le sujet).
La ministre a ensuite rencontré les représentants des communautés d'affaires françaises et australiennes et membres de la FACCI (Chambre franco-australienne de Commerce et d'Industrie). Elle a terminé sa visite avec la soirée d'ouverture du Festival du Film français.
Lors de sa conférence de presse, la Ministre a rappelé qu'elle était en visite en Australie à deux titres; celui de ministre de l'Economie numérique tout d'abord, d'où sa rencontre avec son homologue Australien pour discuter de la fracture numérique en Australie et du déploiement du National Broadband Network. Les deux ministres ont échangé sur les différents choix techniques et de financement qui ont été faits par les deux pays pour le développement du très haut débit (THD). Mme Pellerin a notamment déclaré que les deux pays ont à apprendre l'un de l'autre en ce domaine. L'Australie peut profiter de l'innovation et de la qualité technologique à la française, c'est d'ailleurs ce qu'elle a confirmé en choisissant Arianespace pour le lancement de ses deux premiers satellites. La France peut de son côté s'inspirer du modèle d'organisation australien avec la création de NBN, véritable structure de mise en place du très haut débit en Australie qui emploie déjà 200 personnes.
Le pacte de compétitivité franco-australien
La ministre a également rappelé que sa visite était centrée sur la rencontre avec les entreprises françaises et australiennes. Dans le cadre du pacte de compétitivité, elle rappelle que tout ce qui peut concourir à réduire le déficit commercial de la France est important, donc le soutien aux entreprises françaises qui exportent. A ce titre, sa rencontre avec une vingtaine de chefs d'entreprises françaises en Australie, fleurons de l'industrie, était très importante pour évaluer les besoins.
En revanche, la Ministre déplore l'insuffisance des échanges bilatéraux entre la France et les entreprises australiennes. Elle assure qu'une vraie relation partenariale avec la communauté des affaires australienne reste à construire car cette dernière est en demande, surtout en ce qui concerne les nouvelles technologies; "il y a une véritable appétence des investisseurs australiens dans ce domaine et nous devons leur expliquer que la France a un intérêt, qu'elle bénéficie d'un éco-système de l'innovation et d'infrastructures solides"
Questionnée sur l'attractivité relative du système fiscal français par rapport au Royaume Uni vers lequel se tournent plus facilement les investisseurs australiens, la ministre a rappelé que la France se doit d'avoir un cadre règlementaire stable d'abord et un marché du travail plus souple. Mais elle insiste sur la productivité et les compétences élevées proposées par la France. Enfin elle rappelle que des mesures telles que l'élargissement du crédit-impôt recherche au secteur de l'innovation doivent être communiquées plus largement, car elles sont très importantes pour des investisseurs potentiels. "Les atouts de la France sont multiples et il faut communiquer dessus; ses infrastructures, ses laboratoires de recherches doivent être mis en avant pour attirer les investisseurs"
La ministre a ensuite abordé la situation de la zone euro. Elle rappelle que les choix qui ont été décidés récemment par l'Union européenne devraient rassurer les investisseurs étrangers : "Les choix faits sont bons car même en période de grande difficulté, ils montrent que l'Europe ne sacrifie pas les dépenses d'avenir et les investisseurs sont sensibles à cela" Par ailleurs, elle insiste sur la volonté commune non seulement en Europe mais également aux Etats-Unis de lutter contre l'évasion fiscale : "Dans le domaine de l'économique numérique, ces comportements d'évitement de l'impôt de grands groupes ne peut plus continuer et j'ai bon espoir que l'on bouge vite sur le sujet car il y a une véritable volonté politique en ce domaine"
Au final Fleur Pellerin a paru optimiste sur le fait que le pire de la crise serait dernière nous, elle souhaite se concentrer sur des projets d'avenir, sur le développement de l'économie de la connaissance qui est porteuse d'espoir et d'entrepreneuriat dans un monde globalisé. "La solution passe par cette économie là car elle représente le futur."
Flore Gregorini (www.lepetitjournal.com/sydney.html), lundi 18 mars 2013







