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SURRY HILLS - Visite guidée du quartier

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

Au 19ème siècle, Surry Hills était LE bidonville de Sydney. Caroline s'est penchée sur l'histoire passionnante et tourmentée de ce quartier aujourd'hui si prisé

Bidonvilles de Surry Hills, Photo Ted Hood, 1920 avec la permission de la State Library of New South Wales

En 1790, Joseph Foveaux, alors administrateur de colonie se voit confier ½ kilomètre carré de terre. L'administration Pitt, qui avait envoyé la première flotte en Australie en 1786, souhaite que ces colonies deviennent autonomes, d'où le don de terres pour qu'elles soient cultivées. Joseph Foveaux nomme sa petite ferme ?Surry Hills?.

En 1850, de l'or est découvert dans les Blue Mountains, ce qui provoque une arrivée d'immigrants massive. Beaucoup décident alors de s'installer à Sydney.  Surry Hills est un quartier de choix car les règles de construction y sont laxistes. Le résultat est un amas de bicoques non ventilées, sans tout à l'égout ni plan d'urbanisation, noyées dans la boue, les excréments? dès l'arrivée de grosses pluies. Surry Hills devient un bidonville, un régal pour les rats. Entre 1849 et 1890 le nombre d'habitations passe de 800 à 5.300, 30.000 personnes y vivent (sans compter les rats), contre environ 15 000 aujourd'hui? Un désastre !

Le contexte social et économique est parfait pour donner naissance à la plus grande Mafia que l'Australie ait jamais connu avec une particularité : cette Mafia a été dominée par deux femmes, situation qui ne s'est pas encore reproduite.

1916 : suite aux pressions des catégories puritaines de la population et de l'église, le gouvernement ferme les pubs à 18 heures (The "6 o'clock swill"). Bien entendu, l'alcool est vendu illégalement après 18 heures, mais Kate Leigh, femme de forte personnalité, établit un réseau de bars clandestins dans Surry Hills, répondant aux besoins de toutes les catégories de clients : les plus fortunés ont droit aux bars capitonnés avec orchestre, les moins aisés se contentent de chaises arrangées dans des salles sombres de bicoques en bois. Tous sont contents de la qualité du breuvage servi, car Kate Leigh ne sert que du bon. Surnommée "mum", elle a une trentaine de bars dans Surry Hills. Son gang de loyaux mafieux fait tout pour protéger ses atouts.

1918 : une loi pour lutter contre la prostitution interdit aux hommes de diriger une maison close. Le problème devrait donc être réglé : à aucun moment les législateurs ne pensent qu'une femme pourrait le faire. Entre en scène Tilly Devine, autre femme à fort caractère, connue pour ses effrayants coups de colère. Elle établit un réseau de maisons closes pour satisfaire à toutes les catégories de clients à Darlinghurst.

Les deux "reines" mènent leur affaire à la baguette, protégées par leurs gangs respectifs. Mais elles se détestent, chacune jalouse du succès de l'autre, ce qui donne lieu à de nombreux affrontements entre les membres de leurs gangs et beaucoup d'éclopés à l'hôpital St Vincent. Pendant une trentaine d'années, ces deux personnages mettent Surry Hills à sang, les ecclésiastiques prennent Surry Hills pour l'Enfer sur Terre.

Aujourd'hui, Surry Hills est un quartier chic: les arrivées d'immigrants successives ont changé les habitudes du quartier. Dans les années 1980 arrive une classe moyenne aisée et de nombreux étudiants qui exigent des améliorations de leur quartier. Les usines sont déplacées à l'Ouest, les maisons en terrasse délabrées sont rénovées, et ce bidonville devient un des quartiers chers de Sydney. Un bel exemple d'amélioration par le bas !

Caroline Bakerman (www.lepetitjournal.com/sydney.html) mercredi 17 octobre 2012

En savoir plus:

Série « Underbelly Razor »
Documentaire « The Thallium murders » décrit Sydney dans les années 1950
Christopher Keating : « The city's backyard »

Visites guidées avec Caroline

- vendredi 26 octobre de 10h à 12h
- dimanche 4 novembre, de 10h à 12h.

Coût: $30

Caroline Bakerman
Tél: +61 4 3226 0356
Email: info@sydneyrelocation.com
Website: www.sydneyrelocation.com


Le Petit Journal Sydney
Publié le 16 octobre 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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