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SOCIETE - Nouveaux scandales dans l'industrie du sexe en Australie

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Le ministre de l'immigration Chris Bowen a ordonné une enquête auprès des services de l'immigration australienne alors que des allégations et rumeurs persistantes sur un trafic de certaines immigrées en possession d'un visa d'étudiant forcées de travailler comme prostituées. Encore un scandale qui entache la légalisation de la prostitution en Australie.

Photo Flikr

C'est le journal Herald Sun qui a dévoilé la semaine dernière un trafic de prostituées dans les bordels de Melbourne dont une grande partie des recrues proviendrait d'étrangères en possession d'un visa étudiant. La télévision nationale ABC avait également diffusé l'interview d'une série de femmes qui racontaient leur expérience. L'industrie du sexe paierait leurs études en échange de leur recrutement.

Le ministre a déclaré que si des liens étaient trouvés entre l'industrie du sexe et l'usage inapproprié de visas étudiant, le police fédérale serait immédiatement saisie de l'affaire. "Mon ministère a toujours eu pour mission de vérifier que les procédures de recrutement de l'industrie du sexe étaient effectuées en accord avec les lois et règlements fédéraux sur les visas et les condition de travail. Etant donné les rumeurs et allégations très graves qui ont été portés contre les services de mon ministères, je me dois de commencer une enquête immédiatement" a rappelé Mr Bowen.

Le marché de la prostitution a explosé depuis la légalisation

Dans les années 90, l'Australie a autorisé l'ouverture de lieux de prostitution dans la majorité de ses Etats et territoires. Outre le problème des jeunes femmes sous visa étudiant, l'Australie doit également faire face à un afflux de jeunes femmes migrantes, sans visas, provenant de Chine, de Thaïlande, d'Indonésie, de Malaisie, de Corée du Sud, exploitées dans des lieux de prostitution illégaux.

La légalisation de la prostitution de bordels a créé un marché pour les trafiquants et automatiquement entrainé une augmentation du nombre de personnes vouées à la prostitution. L'état du Victoria, par exemple, qui avait 40 établissements licenciés en 1984, en comptait 184 en 2004. La police estime que, dans cet Etat, le nombre de bordels illégaux dépasse en réalité les 400 unités. Les femmes sont fréquemment déplacées, trafiquées d'un territoire à un autre, entre bordels légaux et illégaux.

En 2005, une enquête montrait qu'un australien sur six avait eu recours à du sexe tarifé au sein de ces établissements. Chaque année, le nombre de demandes pour obtenir une licence d'établissement de prostitution augmente. En parallèle, les circuits illégaux de l'industrie du sexe croissent à une vitesse sans précédent.

Tel est le résultat de la tentative australienne de régulation qui ne semble avoir atteint aucun des objectifs annoncés, à savoir entraver l'industrie illégale et la corruption policière, pallier les préjudices causés aux femmes et mettre fin à la prostitution de rue.

Flore Gregorini (www.lepetitjournal.com/sydney.html) lundi 17 octobre 2011

Le Petit Journal Sydney
Publié le 16 octobre 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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