

La ministre de la Famille a annoncé la mise en place d'un plan de congé parental rémunéré et universel pour parer à la défection des employées après la naissance de leurs enfants. Un progrès social tardif, nécessaire, mais insuffisant pour une société en pénurie de main d'oeuvre.
Jusqu'à aujourd'hui, l'Australie détenait un triste record, celui du seul pays de l'OCDE avec les Etats-Unis à ne pas offrir de congé parental rémunéré universel à ses employés. La principale conséquence pour les employeurs est qu'ils ont du mal à retenir les femmes au travail après la naissance d'un enfant, et cette tendance est d'autant plus marquée dans les postes d'encadrement.
Deux ans de réflexions
Le débat faisait rage depuis un sondage réalisé en 2009 auprès de plus de 3.000 cadres (dont 45% étaient des femmes) afin de mieux comprendre pourquoi les Australiennes étaient si peu nombreuses à retourner au travail après la naissance d'un enfant. Les résultats montrèrent que le congé parental n'était pas forcement le seul facteur qui encourageait le retour au travail mais qu'il s'agissait plutôt de l'ensemble des mesures prises pour concilier travail et famille qui était déterminant (horaires flexibles, garderies, etc.) et sur ce plan, l'Australie ne se place pas parmi les régimes les plus favorables.
La commission nationale sur la productivité a donc fortement recommandé la mise en place d'un congé parental de 18 semaines, payé au salaire minimum pour commencer à réformer un système qui défavorisait les femmes contraintes ou fortement poussées à abandonner leurs postes après une naissance.
Début janvier 2011
La ministre de la Famille, madame Jenny Macklin, a donc annoncé la mise en place d'un plan pour janvier 2011. Ce sera, pour beaucoup de parents, la première fois qu'ils pourront partir en congé rémunéré après la naissance de leur enfant. Le bonus de $5.000 attribué pour chaque naissance devrait rester en vigueur pour ceux qui ne rempliraient pas les conditions pour bénéficier du congé parental rémunéré.
Le gouvernement prendra donc en charge 18 semaines de congés parental au salaire minimum de 570 dollars par semaine, pour les femmes ayant travaillé au moins 330 heures, ou plus de un jour par semaine sur 10 des 13 derniers mois avant la date de la naissance. Madame Macklin a annoncé que le coût de ce plan avoisinerait les 260 millions de dollars par an.
Attention aux aides privées
Des contrôles seront toutefois effectués pour empêcher les entreprises de substituer leur propre système privé de congé parental rémunéré par celui du gouvernement. En effet, aujourd'hui beaucoup de grandes entreprises australiennes ont mis en place un système privé de rémunération de congé parental qui leur a permis de retenir les employés pour lesquels elles avaient investi en formation et le recrutement. Ce système d'avantages privés doit rester en vigueur, le plan d'aide public ne devant servir qu'à aider les personnes qui ne bénéficient d'aucune autre incitation financière.
Suffisant?
Les détracteurs du système prétendent que cette mesure ne suffira pas à ramener les Australiennes au travail. Certains pensent qu'il faudrait aller beaucoup plus loin dans les réformes pour concilier travail et famille, d'autres considèrent que la société australienne est différente des autres pays développés quant à son approche de la famille et du rôle de la femme. Ce type de mesures serait donc inefficace à changer des mentalités différentes. Différentes ou rétrogrades ?
Flore Gregorini (www.lepetitjournal.com/sydney.html) lundi 10 janvier 2011





