Selon une récente analyse statistique, les filets anti requins posés au large des plages de la Nouvelle-Galles du Sud ne réduiraient en rien le risque d'attaques des baigneurs et surfeurs.
Après avoir analysé 50 ans de données australiennes et sud-africaines, Laurie Laurenson, professeur à la Deakin University a démontré que les filets anti requins disposés sur de nombreuses plages de la région de la Nouvelle-Galles du Sud ne servaient à rien.
« Ce qui nous intéressait, c'était de regarder s'il y avait un lien entre le nombre de requins et le nombre d'attaques de requins. Quand on regarde les statistiques, on voit qu'il n'y a pas de lien évident ? C'est étrange mais il n'y en a pas. »
C'est aussi ce que souligne Barry Bruce, du CSIRO, l'Institut de recherche scientifique et industrielle :
« La plupart du temps, quand des requins et des gens se trouvent dans un même endroit, les requins ne mordent pas les humains. C'est ce qui rend difficile notre compréhension des attaques de requins : on étudie des exceptions et non ce qui se passe habituellement. Il peut y avoir une relation entre le nombre d'attaques et le nombre de requins, mais ce n'est pas une relation évidente. Dans certains endroits, vous pourrez avoir beaucoup de requins et aucune attaque, et dans d'autres, très peu de requins et une attaque. »
D'autant plus que selon l'étude, réduire le nombre de requins avec des mesures telles que les filets et les lignes de batteries, ne permet pas de réduire le nombre d'attaques de requins ; Pour Mr Bruce, les filets représentent plus un dispositif de pêche qu'une réelle barrière :
?le filet mesure quelques centaines de mètres de long, en général deux filets sont installés sur une plage de plusieurs kilomètres. Ils sont disposés en profondeur mais de manière à ce qu'ils n'apparaissent pas à la surface, c'est pourquoi ils ne peuvent couvrir que 6 mètres sur une profondeur totale de 10 mètres d'eau. D'une certaine façon, il faut être un requin malchanceux pour être pris dans un filet?.
Du côté du gouvernement local, Vic Peddemors, responsable scientifique du programme anti-requins de l'État n'est pas de cet avis :
« Même si l'on ne peut affirmer statistiquement une réduction des attaques, je suis persuadé que les filets anti-requins fonctionnent et je crois sincèrement que l'on se sent plus en sécurité sur une plage avec un filet. Pas seulement grâce à ce dispositif mais bien évidemment grâce aux patrouilleurs. » a t-il déclaré.
L'an dernier, une dizaines d'attaques ont été recensées en Nouvelle-Galles-du-Sud avec pas moins de 172 requins attrapés dans les filets mais également quelques dauphins et tortues.
En parallèle l'année 2015 enregistre un record dans le nombre d'attaques de requins dans le monde avec 98 personnes attaquées dont 6 tuées.
Maëlys Vésir lepetitjournal.com/Sydney lundi 15 février 2016





