Édition internationale

SCANDALE DES ECOUTES - L'Australie sur la sellette

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 novembre 2013

L'Australie a rejoint les Etats-Unis au banc des accusés dans la controverse ou le scandale (cela dépend de quel coté on se place) des écoutes effectuées par l'agence américaine de la sécurité nationale (NSA). D'après un document interne de l'agence, transmis par Edward Snowden à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, les pays européens ne sont pas les seules victimes des écoutes américaines. L'Asie-Pacifique serait également étroitement espionnée grâce à l'aide de l'Australie.

Photo tirée du film "La vie des autres" sur les écoutes téléphoniques en Allemagne de l'est

Les oreilles australiennes seraient donc à l'écoute en Thaïlande, au Vietnam, en Malaisie, en Chine, au Timor oriental, en Papouasie Nouvelle-Guinée et, surtout, en Indonésie dans le cadre du dispositif appelé "Stateroom" qui dissimulerait des antennes d'interception des communications téléphoniques, radio et Internet dans les locaux des consulats et ambassades australiennes basés dans les capitales de ces pays. Il est spécifié que cet espionnage se ferait à l'insu du personnel diplomatique.

La presse australienne ne s'en étonne même pas. En effet les spécialistes australiens de l'espionnage rappellent que l'Australie et les Etats-Unis sont liés par le programme "Five Eyes" qui est ni plus ni moins qu'un accord de coopération en matière de renseignement entre les Etats Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne. Dans le cadre de ce programme, l'Australie doit collecter des données pour le compte de la NSA et les 5 pays ne doivent pas s'espionner entre eux.

Mais ces révélations pourraient avoir néanmoins des conséquences diplomatiques non négligeables.

La Chine, premier partenaire économique de l'Australie avec laquelle un accord de libre échange est sur le point d'être signé, a demandé des explications à Canberra. 

Le ministre malaisien des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs américain et australien.

Mais c'est l'Indonésie qui préoccupe le plus Canberra. En effet, l'Australie tente de faire de ce voisin proche un allié dans la lutte contre l'immigration clandestine et c'est en Indonésie que la réaction a été la plus violente. Le ministre indonésien des Affaires étrangères, dénonce une violation des normes éthiques et diplomatiques, En déplacement à Perth (ouest de l'Australie), le ministre indonésien des Affaires étrangères, en visite à Perth, il s'est entretenu avec son homologue australienne, Julie Bishop et l'ambassadeur australien en Indonésie, Greg Moriarty, a été convoqué. 

Si la Thailande et le Viet-nam semblent vouloir minimiser l'impact des révélations, il n'y a finalement que la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui refuse de croire à tout cela et réitère son soutien à l'Australie.

Le gouvernement australien pour sa part, n'a fait aucune déclaration, arguant qu'il s'agit de sécurité nationale. M. Abbott s'est contenté d'affirmer que les services de renseignement "ont toujours agi conformément à la loi ".

Flore Gregorini (www.lepetitjournal.com/sydney), jeudi 7 novembre 2013

Le Petit Journal Sydney
Publié le 6 novembre 2013, mis à jour le 6 novembre 2013
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos