

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, il y a actuellement dans le monde 1,6 milliards de personnes obèses ou en surpoids, et les projections misent sur une augmentation de 40% ce chiffre pour la prochaine décennie. L'incidence de l'obésité en Australie a plus que doublé ces vingt dernières années, et tout porte à croire que les statistiques ne vont pas s'orienter vers la baisse
photo:wikimedia 25% de personnes obèses, 65% en surpoids, tels sont les chiffres alarmant de l'Australie. Ce qui est encore plus inquiétant c'est que les chiffres australiens, selon l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques), sont ceux qui ont augmenté le plus rapidement sur les 30 nations membres (dont les USA, la France, l'Allemagne, l'Angleterre...). Suivant les études, l'Australie est en passe de devenir la nation la plus grosse du monde, devant les Etats Unis, exception faite des petites nations du Pacifique comme l'île de Nauru ou la Micronésie qui ont toutes des pourcentages supérieurs à 90%.
Indice de masse corporelle et tour de taille
L'indice de Masse Corporelle (IMC, en anglais, BMI : Body Mass Index) est une grandeur qui permet d'estimer la corpulence d'une personne de plus de 18 ans. Cet indicateur se calcule de la façon suivante : IMC = poids/taille2. Si le calcul de votre IMC est compris entre 18,5 et 25 votre corpulence est normale. De 25 à 30 vous êtes en surpoids, de 30 à 35 on parle d'obésité modérée, de 35 à 40 d'obésité sévère, au dessus de 40 d'obésité morbide ou massive. Cet indicateur ne prend pas en compte la masse musculaire et osseuse et donc ne peut pas s'appliquer aux sportifs par exemple. Le tour de taille est une donnée très importante car cette mesure permet d'évaluer, avec plus de précisions, le risque spécifique de souffrir d'une maladie cardiovasculaire, de diabète ou d'hypertension.
Des coûts de santé de plus en plus élevés
Inhérentes à l'obésité et à la surcharge pondérale, sont les maladies telle le diabète, l'hypertension, l'asthme, l'arthrite, mais également l'infertitlité, la crise cardiaque ou l'accident vasculaire cérébral. La prise en charge médicale des personnes obèses ou en surpoids a été estimée supérieure aux coûts de santé engendrés par le tabagisme. En Australie, des chercheurs de l'Université de Sydney ont estimé que le montant de ces dépenses s'élève à 21 milliards de dollars par an en hospitalisation, suivi médical et traitements médicamenteux.
Explosion des demandes de chirurgie digestive
Conséquence de l'augmentation de l'obésité : les procédures chirurgicales comme la gastroplastie (anneau gastrique) sont passées de 500 en 1998 à 17.000 en 2008 selon l'Institut Australien de la Santé et de l'aide Sociale. Selon certains professionnels de la santé, ceci est un signe indéniable que les campagnes de prévention conseillant l'exercice et une alimentation saine ont échoué, et que les australiens (et plus précisément les australiennes qui comptent pour 4 opérations sur 5) ont court-circuité les méthodes traditionnelles de perte de poids et se dirigent maintenant directement vers un chirurgien.
Une nouvelle catégorie : la super obésité
Près de 500.000 australiens sont considérés comme "super obèse" avec un IMC supérieur à 50. Selon le Professeur Dixon, chef de l'unité de recherche sur l'obésité, il s'agit d'une "épidémie environnementale". "L'idée que les personnes sont obèses parce qu'elles ne choisissent pas les bons aliments ou ne font pas d'exercices est totalement fausse. L'obésité n'est pas un choix, on les a entourés d'un monde moderne, où l'intensité de la vie a changé, on les a assis sur des fauteuils devant des écrans, on a mis des distributeurs partout, et on a augmenté les graisses dans les aliments préparés".
Le message est clair pour les pouvoirs publics, et les prochaines campagnes de sensibilisation devront être plus convaincantes.
Agnès Chupin (www.lepetitjournal.com/sydney.html) Jeudi 25 Novembre 2010





