Édition internationale

PUB - Calvin Klein censuré

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

photo:wikimediaLa dernière campagne d'affiches publicitaires de la marque de vêtements Calvin Klein a été retirée des panneaux d'affichages de Sydney et Melbourne par le Bureau des Normes Publicitaires du pays suite au dépôt d'une cinquantaine de plaintes

Glamour sexy ou porno-chic ?

Il faut avouer que la façon de promouvoir les vêtements est assez équivoque. En noir et blanc, sur fond grillagé, une jeune fille à peine vêtue est enchevêtrée entre trois jeune hommes, dont un qui la tient par les cheveux. Les sourcils sont froncés, les visages sévères, l'ambiance n'est pas très réjouissante?

Une image dégradante

Pour ses détracteurs, cette campagne n'est ni glamour, ni sexy, mais une incitation au viol. Elle fait la promotion d'une image avilissante où les femmes sont, pour la énième fois dépeintes comme des femmes-objets, et où les hommes sont réduits à l'image de prédateurs sexuels. Ce sont ces arguments là qui ont favorisé le retrait des affiches par le Bureau des Normes de la Publicité, et son interdiction dans toute l'Australie.

Ce n'est pas une première

Ce n'est pas la première campagne suggestive de la marque. Dès 1981, l'actrice américaine Brooke Shield, tout juste âgée de 15 ans, suggérait lascivement que rien ne venait s'interposer entre son jean CK et elle. Jugée sulfureuse à l'époque, quelle escalade si on la compare avec la publicité de 2010 !

Pour et contre

Interrogée par un journal anglais une psychologue clinicienne, qui travaille avec les victimes d'agression sexuelle, a déclaré que l'utilisation de la violence sexuelle comme un outil de marketing était  "une nouvelle bassesse". "Si nous continuons à assujettir les générations futures à coup d'images agressives, misogynes, à banaliser l'imagerie de la sexualité et de la violence dans la pornographie, les films, les jeux informatiques et la publicité, nous continuerons à voir progresser le taux de violences sexuelles contre les femmes et les enfants qui, encore aujourd'hui, augmente sans relâche."

D'un autre côté, Lauren Rosewarne, professeur et confériencière à l'Université de Sciences Politiques de Melbourne, est un peu tombée à bras raccourcis sur le Bureau des Normes Publicitaires, affirmant qu'il ne fallait pas assimiler sexe en groupe et viol collectif. Elle a aussi déclaré : "apparemment ils n'ont même pas la capacité à considérer qu'une femme pourrait bien consentir à avoir ce genre de relations sexuelles".

Mais ce qui la préoccupe le plus c'est que "l'une des rares fois où le Bureau des Normes a donné suite à l'indignation du public, qui au lieu d'agir pour arrêter le sexisme, et encourager les représentations positives des femmes dans toutes leurs tailles, diversité ethnique, non, au lieu de ça, le Bureau a interdit la publicité sur le motif fallacieux de viol et de violence."

Agnès Chupin (www.lepetitjournal.com/sydney.html) Mercredi 27 Octobre 2010

Le Petit Journal Sydney
Publié le 27 octobre 2010, mis à jour le 14 novembre 2012
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