Édition internationale

PACIFIQUE - La visite de François Hollande à Wallis et Futuna

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 16 mars 2016

 

La venue d'un président de la République pour la première fois depuis trente-sept ans à Wallis et Futuna était ressentie hier comme la fin d'une injustice et comme un honneur. François Hollande a rempli sa mission.

« Quand j'ai entendu que le président devait arriver ici, j'ai remercié Dieu ! Et maintenant j'ai peur qu'il y ait un empêchement de dernière minute ! », confiait en fin de semaine dernière Sosefo à Wallis et Futuna 1ère. La trajectoire erratique du cyclone Winston a fait planer le doute pendant le week-end, mais hier matin, l'avion présidentiel s'est bel et bien posé à l'aéroport de Wallis.

Trente-sept ans après la précédente visite d'un chef d'Etat, Valéry Giscard d'Estaing, le président Hollande posait le pied en terre wallisienne. 

Porcs et kava

A Wallis, François Hollande était l'hôte de la chefferie du royaume d'Uvéa, l'un des trois royaumes coutumiers que compte l'archipel. « Wallis et Futuna sont loin de la France par la distance mais proches de la France par le c?ur », a lancé le ministre de la Justice coutumier, Mikaele Tauhavili.

Assis sous l'auvent du palais royal, un vaste pavillon de briques noires, le chef de l'Etat, ceint d'une couronne de fleurs, a assisté pendant plus d'une heure à un rituel très haut en couleurs qui s'est achevé par la dégustation d'une coupe de kava taillée dans une noix de coco. Pour l'occasion, une trentaine de porcs avaient été abattus puis alignés face à lui, mi-cuits et pattes en l'air, sur une pelouse, le plus gros lui étant offert symboliquement.

Tout autour : de solides guerriers, porteurs de lances d'apparat et vêtus de pagnes en fibres de coco ornés de motifs géométriques ocre ainsi que des centaines de dignitaires locaux et de Wallisiens.

Un peu plus tard, devant l'Assemblée territoriale, François Hollande a multiplié les promesses : davantage de crédits pour la santé, l'installation d'un scanner, un prix de l'électricité, aujourd'hui cinq fois supérieur à celui de la Métropole, ramené progressivement au même niveau d'ici à 2020, une nouvelle liaison aérienne? 

Des attentes très fortes

Après un déjeuner républicain avec les élus et les forces vives de Wallis-et-Futuna à la résidence du préfet, Marcel Renouf, le président s'est envolé pour Futuna.

« Aujourd'hui, nous savons que nous sommes Français », s'est réjoui un dignitaire local à son arrivée, dans ce « territoire le plus lointain de l'Hexagone », où l'a accueilli une vibrante Marseillaise entonnée par des enfants en tenue traditionnelle de fibres de coco ocre.

« Vous êtes attachés à la République, vous l'avez voulu. Vous êtes l'expression aussi de la diversité française », a souligné François Hollande lors d'une cérémonie du kava.

Dans son discours, il a répondu à des attentes locales très fortes en annonçant la création d'un distributeur de billets de banque ?inexistant sur l'île jusqu'à présent ? ainsi que de nouvelles dessertes aériennes et maritimes et l'installation d'un centre de dialyse.

En campagne, le candidat Hollande avait promis de visiter les onze territoires d'outre-mer habités. « Mission » accomplie, s'est-il félicité devant les élus de l'île.

 

François Hollande a dit : 

 « Je viens ici annoncer des droits : santé, accès à l'électricité. Mais je viens surtout pour m'imprégner de la culture de Wallis-et-Futuna. »

« En venant ici, je remplis une mission que je m'étais donné : être le président de la République qui aura visité tous les Outre-mer. »

« L'Etat est prêt à accepter une nouvelle étape de la décentralisation. »

« L'Etat s'engage pour que Wallis et Futuna soient reliées au reste du monde par un câble sous marin. »

« Au 1er janvier 2020, la péréquation tarifaire de l'électricité sera effective. »

« La population de Wallis-et-Futuna a le droit à l'égalité avec les autres Français. Notamment en matière de santé. Vous êtes éloignés des hôpitaux de la Nouvelle-Calédonie. » « Vous êtes la France et la France doit être capable de vous soigner, malgré les grandes distances. »

 

45 000 kilomètres : C'est la distance parcourue par le chef de l'Etat cette semaine, qui terminera son périple jeudi en Amérique latine.  Il encaissera des décalages horaires variant de + 13 heures à - 11 heures.

 

Les Nouvelles Calédoniennes, mardi 22 février 2016

 

Le Petit Journal Sydney
Publié le 23 février 2016, mis à jour le 16 mars 2016
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