

La revue scientifique Nature a publié aujourd'hui de nouvelles études sur les ancêtres des humains : une d'entre elles révèle que les Aborigènes sont issus de la même vague migratoire, ayant quitté l'Afrique il y a 72 000 ans. Ils sont arrivés alors que l'Australie formait un seul continent avec la Tasmanie et Nouvelle-Guinée, il y a 50 000 ans.

Photo Emily Hanna
Pour Eske Willerslev, qui a dirigé l'étude, les Aborigènes « sont sûrement le groupe le plus ancien que l'on peut associer à un lieu en particulier ». Ils ont été séparés des Papous il y a 37 000 ans, après que le Golfe de Carpentarie a été submergé. Ils ont continué à se déplacer sur le continent et se sont adaptés à l'environnement, certains étant selon ces recherches capables de supporter la nuit des températures négatives.
Installés à différents endroits du territoire, ils ont évolué de différentes façons, ce qui a mené à une grande diversité génétique. Pour le docteur Westaway, qui a collaboré à cette étude, il y a plus de différences en matière de gènes « entre les peuples aborigènes qui vivent à ouest et à l'est de l'Australie qu'entre les peuples vivant en Sibérie et en Amérique ».
Les Aborigènes sont restés isolés jusqu'il y a 4000 ans, où des populations asiatiques semblent être arrivées en Australie. De nouveaux travaux seront nécessaires pour mieux comprendre de quelle façon ces peuples ont évolué, afin de compléter les analyses effectuées sur 108 individus.
L'étude a été difficile à mener car les premiers travaux menés sur le génome des Aborigènes avaient été faits initialement sans leur consentement, ce qui avait suscité un mécontentement. Les scientifiques ont depuis engagé des discussions avec la population, qui y est maintenant favorable.
Ces recherches sont publiées en même temps que d'autres travaux qui indiquent que toutes les populations d'Europe et d'Asie proviendraient d'une seule vague de migration, et que les changements qui ont mené à l'espèce humaine se sont faits progressivement, sans l'intervention d'une mutation génétique. Une conclusion qui ne donne pas encore de détails sur la façon dont les humains ont développé leurs comportements.
Nicolas Fleury, lepetitjournal.com/sydney, jeudi 22 septembre 2016.





