Édition internationale

JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES - Vers la fin des mariages forcés en Australie

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 janvier 2018

 

Aujourd'hui, cela fait trois ans que l'Australie a adopté une loi fédérale qui criminalise dans l'intégralité du pays la pratique du mariage forcé. Malgré cette loi, des cas de mariages forcés sont toujours à déplorer. 

En théorie, tout le monde peut être victime d'un mariage forcé, cependant ce sont surtout les jeunes filles qui sont les plus vulnérables face à cette pratique, qui se rapproche fortement de l'esclavage et l'esclavage sexuel. Grâce à la loi, adoptée il y a trois ans, les jeunes filles potentielles victimes de cette pratique ont plus de pouvoir et ont maintenant de vrais moyens pour se défendre. Par cette loi, la police fédérale australienne a formé quelques équipes pour enquêter sur les cas de mariage forcé. Des services de plaintes spéciaux ont également été lancés notamment le programme de lutte contre le trafic humain. En effet, les mariages forcés représentent à l'heure actuelle la moitié des cas de trafic humain en Australie 

La loi comporte cependant des limites. Bien qu'elle soit bien construite et qu'elle donne de vrais instruments de lutte contre cette pratique, elle n'est que peu souvent appliquée. En effet, la plupart des jeunes filles mariées de force ne le sont pas en Australie. Elles prennent le plus souvent l'avion et vont se marier à l'étranger. Récemment la loi a été amendée mais reste toujours silencieuse sur ses problèmes. Les amendements portent sur deux aspects. Tout d'abord, la peine encourue si une personne force une autre à se marier passe de sept à neuf ans d'emprisonnement. Ensuite. elle précise ce qu'elle entend par mariage forcé, notamment quand « une personne n'est pas capable de comprendre la nature et les effets d'une cérémonie de mariage, pour des raisons liées à l'âge ou à une déficience mentale ». 

Ces nouvelles mesures s'accompagnent de la création d'un programme de prévention et de prise de conscience sur ce sujet appelé My Blue Sky : une ligne téléphonique anonyme pour aider et donner des conseils juridiques aux personnes mariées de force ou susceptibles de l'être. Cette ligne a été ouverte en partenariat avec l'agence anti-esclavage d'Australie. 

A l'époque où la loi avait été votée Eman Sharobeem, directrice des services sanitaires des femmes immigrantes (Immigrant Women's Health Service) avait émis des doutes sur le succès de ce type de programme : ?les mariages forcés sont le faits de communautés linguistiques et culturelles qui ne vont pas sur les sites internet des administrations du pays pour remplir des papiers et lire des extraits de lois? et d'ajouter ?nous avons essayé de les faire parler à de nombreuses reprises, sans succès, nous ne pouvons même pas discuté du sujet?.

Pour en savoir plus sur le sujet

Simon Arrestat, lepetitjournal.com/sydney, mardi 08 mars 2016 

Le Petit Journal Sydney
Publié le 8 mars 2016, mis à jour le 6 janvier 2018
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