Dimanche 19 septembre 2021

EDUCATION - la politique de la carotte et du bâton

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 23/05/2016 à 07:41 | Mis à jour le 06/01/2018 à 22:21

Le gouvernement australien, dans sa réforme sur l'enseignement, tente de mettre en place le salaire au mérite pour les enseignants australiens, ce qui soulève leur mécontentement et la problématique de l'évaluation de leur performance.

Les professeurs australiens font parti des enseignants les mieux payés des pays de l'OCDE avec un salaire annuel moyen de AU$ 50 000. Pourtant, les salaires et l'évolution professionnelle dans le milieu de l'enseignement posent problème. C'est pourquoi le gouvernement entreprend d'établir un salaire au mérite dans le but d'améliorer l'apprentissage et l'accomplissement des étudiants australiens. Il s'agirait donc de prendre le problème à la source: les profs ! 

Il existe trois modèles de salaire à la performance: celui lié aux années d'expérience, celui en fonction des qualifications et celui lié au mérite. Le gouvernement australien a  donc opté pour le modèle méritocratique. 

Celui-ci permettrait l'essor des meilleurs professeurs aux meilleurs postes de l'enseignement et de montrer de la reconnaissance envers les enseignants dévoués à leur métier. Ce serait également un moyen pour attirer les enseignants dans les écoles en sous performance et plus généralement de rendre la profession, actuellement boudée par les jeunes diplômés, plus attractive. Toutefois, au lieu de soulever un engouement, ce modèle n'a engendré que l'insatisfaction des professeurs. 

Mais quid de l'évaluation des performances et du mérite ? Comment évaluer le mérite d'un enseignant et établir des critères d'évaluation justes ? Jusqu'à présent les modèles de salaire au mérite mis en place à travers le monde se sont fondés sur des test standardisés passés par les élèves, sur les techniques pédagogiques des enseignants ou encore sur les travaux réalisés en classe en une journée. Dans le premier cas ce serait les élèves qui détermineraient les salaires des professeurs, et dans les autres cas ce serait un inspecteur. Mais encore une fois, quid de l'objectivité de l'inspecteur et des critères d'efficacité ?

Jusqu'à présent, tous les essais et études sur le salaire au mérite n'ont montré que l'installation d'un climat de travail hostile. John Hattie, professeur à l'Université de Melbourne, a étudié 50 des 80 modèles de salaire au mérite et aucun ne s'est montré performant. Au contraire, ils ont engendré de la compétition et de la rivalité entre les enseignants, une perte de temps pour les administrations, une politisation de la profession avec le possible favoritisme de la part des inspecteurs et un manque d'innovation de la part des professeurs qui suivent les critères d'évaluation sans sortir des sentiers battus. D'après John Hattie, le salaire des professeurs devraient être évalués en fonction de leur expertise, de leurs études et de leur recherche et non par le résultat de leurs élèves.

Le salaire au mérite rime donc avec culture de la peur et isolation. Autant de conséquences néfastes sur les corps professoraux qui auront un impact négatif direct sur les performances des élèves, à l'inverse des attentes du gouvernement.

MC Potet, Lepetitjournal.com/Sydney, Lundi 23 Mai 2016

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