

Un rapport de 70 pages intitulé "La décennie critique", publié hier par la commission climatique créée par le gouvernement pour la lutte contre le réchauffement climatique fait état de probabilités d'inondations, de tempêtes et de grandes marées sur la région de Sydney avec une fréquence d'une fois par mois en 2100
source:wikimedia auteur:Malene Thyssen
Un des experts de cette commission, le climatologue Will Steffen, basé à Canberra, a établi son rapport après avoir étudié toute la littérature existante sur le sujet et effectué des consultations avec des scientifiques.
Montée des eaux
La commission, lors de son enquête sur les conséquences du réchauffement climatique en est arrivé à la conclusion que ce dernier pourrait provoquer une montée du niveau de la mer jusqu'à 1 mètre d'ici la fin du siècle, plus que ce qui avait été estimé auparavant. Jusqu'à présent, le niveau de la mer a augmenté de 20cm depuis 1880. Mais les hausses ne sont pas uniformes et varient en fonction des courants marins et de la topographie du terrain.
Le coût
Le ministère du climat affirme qu'une hausse modérée du niveau de l'océan pourrait coûter 63 milliards de dollars en terme de déplacements des infrastructures et des logements.
Au large de Sydney, il a été constaté que la montée des eaux a été plus modérée (1,8 cm par an en moyenne), cependant, selon les experts, la moindre hausse du niveau de la mer doit être prise au sérieux car malgré tout, cela peut avoir un impact non négligeable sur les grandes marées et les risques d'inondations.
"L'élévation de 20 cm observée entre 1880 et 2000 devrait déjà avoir conduit à une augmentation de l'occurrence d'évènements extrêmes" indique le rapport.
Les solutions
Le délégué en chef de la commission est Tim Flannery, paléontologue, militant écologiste, élu Australien de l'année en 2007 est actuellement professeur à l'Université Macquarie. Il est également président du Conseil de Copenhague sur le climat. Il a fait part de son avis sur la question du réchauffement climatique en disant que l'humanité est probablement la cause principale de ce réchauffement. "Nous sommes d'accord sur le fait qu'il y a une augmentation des températures, et nous sommes d'accord sur le fait que l'origine est humaine." a-t-il affirmé.
Pour minimiser les risques, la commission pense que l'Australie doit "décarboniser" son économie et investir dans les énergies "propres" d'ici à 2050. Plutôt que de se concentrer sur des objectifs intermédiaires basés sur des réductions des émissions de carbone, le gouvernement devrait plutôt s'engager à ne pas dépasser un "capital carbone" jusqu'à 2050, permettant ainsi plus de flexibilité, ce qui encouragerait les investissements dans des technologies plus efficaces; plutôt que de rechercher des solutions miracles. Des décisions politiques importantes devront être prises afin de pouvoir maintenir la situation sous contrôle. 30% de ce "capital carbone" a déjà été dépensé selon l'estimation des scientifiques.
Scepticisme de la population
Malgré les progrès considérables de la science, le rapport note que le public se pose encore beaucoup de questions sur la fiabilité des études. Le professeur Flannery a déclaré à ce sujet : "le public semble encore confus sur ce sujet et je pense que c'est dû en partie au fait que la population est mal informée via la presse par des personnes qui n'ont pas les compétences requises en la matière". Et de rajouter "Je pense que nous n'avons plus le luxe du négationnisme climatique, et que nous devons sortir de ces débats stériles et bidons via les communiqués de presse".
Agnès Chupin (www.lepetitjournal.com/sydney.html) Mardi 24 Mai 2011





