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ART ABORIGENE - Un toit de Paris recouvert d'une peinture australienne

Écrit par Lepetitjournal Sydney
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 juin 2013

Jeudi 6 juin a eu lieu l'inauguration d'une peinture monumentale réalisée sur le toit de la médiathèque du musée du Quai Branly à Paris. "Seuls" les sept millions de visiteurs qui montent tous les ans au 1er et 2ème étage de la Tour Eiffel pourront admirer les écailles de poisson géantes imaginées et peintes par Lena Nyadbi, une artiste aborigène australienne originaire du nord ouest du pays, le Kimberley.

 

Détail du rêve des écailles du barramundi, photo FG, lepetitjournal.com

Les écailles du poisson et les diamants de la mine
L'oeuvre du toit est un agrandissement d'un tableau original réalisé en ocre et charbon naturels sur toile de lin intitulé  "Dayiwul Lirlmim" (écailles de barramundi) et peint par Lena Nyabi. Cet oeuvre a d'ailleurs été offerte au musée parisien. Le tableau raconte une légende ancestrale qui s'est déroulée sur le territoire des parents de l'artiste et lieu aujourd'hui de la plus grande mine de diamants au monde. C'est l'histoire mythique de trois femmes qui tentent d'attraper le barramundi Dayiwul avec une nasse. Poursuivi jusque dans les haut-fonds de la rivière, le poisson s'échappe avant de retomber sur les rochers, ses écailles s'éparpillant sur le sol à l'emplacement actuel de la mine et de ses diamants. La peinture a été agrandie 46 fois par ordinateur pour pouvoir couvrir les 700 mètres carré du toit et permettre une bonne visibilité depuis le premier et le deuxième étage de la Tour Eiffel. Elle a été réalisée à l'aide de 172 pochoirs de 3 mètres sur 1,5 mètre posés sur la toile noire du toit et peinte par des ouvriers qui ont passé au rouleau de la peinture blanche utilisée pour la signalétique routière.

Qui est Lena Nyabi?
Lena Nyabi est née vers 1936 à Walmanjikulum dans l'Est du Kimberley, en Australie Occidentale. Elle débute sa carrière artistique en 1998 et est aujourd'hui représentée par le Warmun Art Centre, institution culturelle qui réunit les artistes de la communauté aborigène de Warmun (Turkey Creek). Elle appartient au peuple Gija, peuple qui a été dépossédé de ses terres à l'arrivée des colons britanniques il y a 150 ans. Lena avait déjà travaillé pour le musée avec une oeuvre intitulée Jimbirla & Gemerre (pointe de lance et scarification), modelage réalisé sur la façade du bâtiment de la rue de l'Université. Elle peint toujours avec des ocres et du charbon naturels provenant du territoire Gija.

Le musée du Quai Branly
Jean Nouvel, l'architecte du musée inauguré il y a sept ans avait toujours voulu imaginer un motif pour le toit de la médiathèque mais il ne l'avait jamais complètement dessiné, rappelle Stéphane Martin, le président du musée depuis sa création. Le toit avait besoin d'être re-goudronné et Stéphane Martin a soumis l'idée de reproduire une toile aborigène. Le musée dédié aux civilisations non occidentales possède une importante collection d'art aborigène d'Australie et a toujours soutenu les arts d'Australie contemporains depuis son ouverture. Les oeuvres d'artistes comme Lena Nyabi sur la façade, maintenant le toit ou encore Tommy Watson sur l'un des plafonds du bâtiment Université représentent la plus importante installation permanente d'art Aborigène contemporain en dehors de l'Australie. La dernière exposition du musée sur la naissance de l'art aborigène du désert a attiré plus de 133.000 visiteurs l'an dernier.

Encore une belle reconnaissance de l'art aborigène australien par la France.

Flore Gregorini (www.lepetitjournal.com/sydney.html) mardi 11 juin 2013

   

   

 

Le Petit Journal Sydney
Publié le 10 juin 2013, mis à jour le 9 juin 2013
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