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RENCONTRE - Tricia Evy, le jazz dans la peau

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 23/11/2016 à 02:13 | Mis à jour le 24/11/2016 à 16:22

 

Il n'y a pas d'heure pour se lancer en concert. Pas de lieu. Dans la rue, dans un café, difficile pour Tricia Evy de ne pas laisser s'envoler quelques notes de jazz. La jeune chanteuse a découvert la musique il y a dix ans, mais on dirait qu'elle l'a accompagnée toute sa vie. Née à Paris, élevée en Guadeloupe, elle vient souvent se produire en Australie, comme pour le Sydney International Women's Jazz Festival. Lepetitjournal.com s'est entretenu avec cette amoureuse de musique.

Photo Olivier Wicquart

Se lancer dans une carrière de chanteuse, ce n'était pas vraiment le rêve d'enfance de Tricia Evy. Ce qu'elle voulait, c'était être vétérinaire. Mais en deuxième année de fac, elle se rend compte que ce n'est pas fait pour elle. Elle retourne à Paris pour finir sa licence, puis dans la ville de l'amour, elle va avoir un coup de foudre pour un autre : le jazz. Tout va très vite dans cette toute nouvelle relation : « J'ai rencontré le groupe du pianiste David Fackeure en avril 2007, j'ai fait une jam deux jours après, j'ai été invitée à chanter pour la sortie d'album un mois plus tard et je fais mon premier concert en juin ». Celle qui a appris à chanter en écoutant Georges Brassens et Patrick Saint-Eloi sort un album avec un premier groupe, puis rejoint David Fackeure avec Thierry Fanfant et Francis Arnaud pour réaliser son nouvel opus, Meet Me. Elle mélange le jazz avec des notes créoles, écrit selon son inspiration : « Ce qui m'inspire, c'est l'amour de soi, l'amour des autres. Meet me on the bridge, c'est mon histoire d'amour avec un Australien », s'amuse-t-elle.

Elle nourrit aussi une histoire d'amour avec le pays : la chanteuse est déjà venue de nombreuses fois dans les villes d'Australie. Elle s'est produite en novembre pour le Sydney International Women's Jazz Festival, au Foundry 616, où elle commence à avoir ses habitudes. « C'est tellement beau d'être si loin de chez soi et d'être comme à la maison », sourit la chanteuse. « L'Australie c'est magique, en tant que chanteuse, tu crées directement un contact avec les gens, tu vas directement dans leur coeur. Ici, les gens sont heureux, je leur ai fait chanter en créole, ils étaient à fond ! ». A tel point que Tricia Evy envisage, pourquoi pas un jour, de s'installer en Australie… elle ne restera pas loin de la France, puisqu'elle se produit souvent au Baiser Salé à Paris, et a lancé l'année dernière un festival de swing en Guadeloupe. La musicienne ne s'arrête jamais, voyage souvent, se lance afin d'apprendre le violoncelle. Et enregistrera bientôt son troisième album.

Lucie Lespinasse et Nicolas Fleury, lepetitjournal.com/sydney, mercredi 23 novembre 2016

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