

A l'approche de la cérémonie des Oscars qui se tiendra le 28 février prochain, Lepetitjournal.com/Sydney passe chaque semaine en revue les films nominés. Aujourd'hui, nos impressions sur le très attendu The Revenant d'Alejandro Gonzalez Iñarritu, 12 fois nominé notamment dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur.

Une réalisation lourde à couper le souffle
Iñarritu a mis dans The Revenant tous les effets visuels qui ont fait son succès et qui plairont certainement à l'académie des oscars. Le film oscille entre plans contemplatifs d'une nature majestueuse et focalisation sur le visage des acteurs. C'est beau, certes, mais c'est long et lourd. Au final The Revenant ressemble à un mélange de The Tree of Life (de Terence Malik) et d'Inception, avec les mêmes effets visuels sur Leonardo DiCaprio. Iñarritu a également réitéré ce qui a fait le succès de son précédent film : le plan-séquence. S'ils sont extrêmement bien réalisés et apportent au film son terrible et violent réalisme, la surutilisation du procédé ne rajoute que de la lourdeur à une oeuvre qui n'en avait pas besoin. La scène de bataille avec l'ours reste tout d'un même un moment clé et est magistralement exécutée par un réalisateur qui semble trop bien maîtriser son sujet. La bande-son quant à elle est à l'image de la réalisation, somptueuse et pompeuse.
Tom Hardy, le sauveur.
Après Mad Max Fury Road, Hardy démontre une nouvelle fois son talent d'acteur. Son rôle, plus important qu'on ne peut le penser en ayant simplement vu la bande-annonce vole presque la vedette à DiCaprio. Son interprétation du compagnon sans cœur, prêt à abandonner son camarade mourant pour de l'argent est juste, forte et quasiment parfaite.
On ne peut pas en dire autant de Leonardo DiCaprio. Après avoir manqué l'oscar de meilleur acteur à quatre reprises, cette année il a tout mis en oeuvre pour obtenir le Saint-Graal. Dans The Revenant, DiCaprio campe le personnage de Hugh Glass, un trappeur américain laissé pour mort par ses camarades après avoir été attaqué par un ours, en quête de vengeance. Au final sur deux heures trente, DiCaprio passe deux heures à ramper et lutter dans la jungle sans dire un mot. Si le silence de certaines scènes est d'une violence saisissante, ce n'est pas le cas de DiCaprio. DiCaprio fait du DiCaprio et nous ressort les mêmes expressions que dans Le Loup de Wall Street. Et le trop grand nombre d'épreuves que le personnage doit surmonter décrédibilisent parfois le film, notamment la monumentale chute à cheval et la nuit passée dans la carcasse dudit cheval.
Pour conclure, The Revenant est beau mais bien trop long. Sur les deux heures et demie, au moins 45 minutes auraient pu être coupées sans gâcher le plaisir du spectateur. The Revenant et la prestation de DiCaprio resteront un chef-d'oeuvre de racolage dirigé vers l'académie des oscars. Si Iñarittu mérite amplement l'oscar de meilleur réalisateur et Tom Hardy celui de meilleur acteur dans un second rôle, d'autres films méritent bien plus celui de meilleur film.
La note de la rédaction : 6/10
En salle depuis le 7 janvier. Découvrez la bande annonce :
Simon Arrestat, lepetitjournal.com/sydney, jeudi 25 février 2016







