

Vanessa Paradis continue à nous étonner et nous offre dans le dernier film de Jean-Marc Vallée Café de Flore une interprétation forte d'une mère déterminée à se battre
Deux histoires s'entre mêlent dans ce film du cinéaste canadien qui nous a déjà séduit avec son premier long métrage C.R.A.Z.Y. D'abord, celle d'une mère, Jacqueline (Vanessa Paradis), décidée coûte que coûte à élever son fils trisomique, Laurent (Marin Gerrier), comme un enfant "normal" dans le Paris des années 70. De l'autre, un DJ, Antoine (Kevin Parent), vivant de nos jours à Montréal et dont la vie sentimentale et familiale se trouve bouleversée lorsqu'il quitte la mère de ses enfants pour une autre femme.
Le titre du film vient du nom d'une chanson que le protagoniste, Laurent, écoute en boucle dans la partie contemporaine du film.
Une obsession partagée par le metteur en scène qui, ému par le morceau qu'il écoutait beaucoup lui aussi, se répétait: "il faut que j'en fasse un film".
C'est ainsi que les idées prennent forme dans son esprit : Paris d'abord, évoqué par l'accordéon de la chanson, et ensuite l'image d'une mère devant une école avec son fils. Une mère qui n'a rien, mais qui veut lui donner une enfance extraordinaire. Son mari la quitte à la naissance du garçon et Jacqueline décide de se battre pour son fils, à une époque où les enfants trisomiques n'avaient pas une longue espérance de vie.
Laurent et sa mère vivent dans une bulle jusqu'à ce que le petit garçon tombe amoureux d'une camarade de classe, ce qui vient perturber la relation symbiotique. Ceci mène alors Jacqueline à prendre une décision inattendue et radicale.
Un rôle décroché à force de déterminisme
L'actrice a en effet convaincu le metteur en scène canadien de la choisir, alors qu'il n'avait pas pensé à elle pour le film. Mais elle était si déterminée à avoir le rôle, qu'il a retrouvé dans l'actrice le trait de caractère qui importait tant pour le personnage du film, et le résultat à l'écran parle de lui même.
Histoires d'amour, séparation, âmes s?urs, les récits communiquent et les passages de l'une à l'autre son rythmés entre autre par la bande son qui habite le film, comme un personnage à part entière. Lentement, le lien qui unit les deux trames narratives se révèle, donnant à la profondeur des sentiments un caractère spirituel.
Le film a connu un grand succès lors de sa sortie au Québec, alors que la presse française lui a fait un accueil plus que réservé - le film a tenu moins d'un mois dans les salles. "Etrange magie qui produit une expérience envoutante" pour certains, "Café de Flore brouille l'espace et le temps, les rêves et la réalité pour une fresque amoureuse ambitieuse" chez d'autres. Pour de nombreux critiques français, le lien qui unit les deux histoires n'est pas crédible et l'ensemble est comme un mauvais clip prétentieux : "L'auteur dessine quelques pistes : l'amour fusionnel, la réincarnation... Le tout en multipliant les figures de style agaçantes (...). L'ensemble est tellement fumeux qu'on s'interroge jusqu'à la fin pour comprendre où il voulait en venir". Mais tous s'accordent à louer la performance de Vanessa Paradis, dont la vérité du jeu dramatique domine le film.
Dans toutes les bonnes salles à partir de demain, entre autres :
- Palace Verona 17 Oxford Street, Paddington
- Hoyts Cinéma Lang Road, The Entertainment Quarter, Moore Park
- Dendy, Opera Quays 2 Circular Quay, Sydney
(www.lepetitjournal.com/sydney.html) Mardi 24 avril 2012
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