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TENDANCE - Le miel des villes, c’est béton !

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Le miel récolté sur les toits de Paris serait excellent et moins pollué que celui des campagnes. C'est ce qui ressort de l'opération Abeilles Sentinelles de l'Environnement lancée par les apiculteurs français pour sauver nos ruches

Le miel des villes sain et tendance (photo UNAF)
Recouvrir les tartines de son petit déj avec du miel provenant des ruches des toits de l'Opéra ou du Grand Palais, du jardin du Luxembourg, du château de Versailles ou moins bucolique de l'échangeur de Bagnolet et des pistes de l'aéroport de Roissy, c'est étonnant non ?
C'est le pari de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF) décidé à miser sur le miel urbain pour sensibiliser l'opinion publique face à la disparition inquiétante des abeilles.
Le constat est sans équivoque : l'abeille sauvage disparaît des campagnes en raison des traitements phytosanitaires, des écosystèmes non respectés (disparition des haies). Pour ne rien arranger, la France détient le triste record de 1er utilisateur européen de pesticides. Paradoxalement donc, les colonies d'abeilles vivent mieux en ville en raison de l'absence de traitements chimiques, d'une température légèrement supérieure à celle de la campagne et d'un enchaînement de floraisons souvent plus régulier qui permet un butinage plus long sur une grande diversité de fleurs. Selon les dernières données de l'INRA, 35% de notre alimentation dépendraient de la pollinisation des abeilles.
Pourtant, la production nationale de miel est passée de 33.000 en 1995, à 20.000 tonnes dix ans plus tard, avec des importations qui ne cessent d'augmenter pour satisfaire l'appétit croissant des Français pour ce nectar.

Le miel le plus cher du monde
L'UNAF a donc eu l'idée de demander à des collectivités locales, à des institutions ou à des entreprises d'accueillir plusieurs ruches, dont elle assure elle-même l'installation et l'entretien. Elle a ainsi mis en place des colonies d'abeilles, baptisées "Sentinelles de l'Environnement", dans onze agglomérations, de Lille à Perpignan en passant par Lyon ou Nantes et Paris. Une seule consigne, pas de ruches à moins de 250 mètres d'un hôpital ou d'une école. Les abeilles des villes se déplacent dans un rayon de trois kilomètres et le pollen butiné dans les espaces verts et les jardins privés urbains produit un miel plus abondant et plus riche que dans certaines zones rurales ou il est souvent victime de la monoculture (tournesol et colza).
Par ailleurs, l'apiculteur citadin peut récolter sur l'année, sans déplacer ses ruches, quatre miels différents, issus des fleurs de cerisier, de marronnier, d'acacia ou de tilleul. Le rendement moyen annuel est de seize kilos de miel à la ruche, contre sept à la campagne. Il est bien entendu analysé et constitue un excellent baromètre écologique.
Les récoltes sont souvent réservées aux comités d'entreprises, aux écoles, aux associations de quartier, mais ce miel est devenu très tendance auprès de gourmets bobos prêts à payer le prix fort pour ce singulier miel des toits de l'opéra de Paris, signé Jean Paucton et vendu 15 euros les 125g chez Fauchon ou dans la Boutique de l'Opéra Garnier.
Sylvie Forder. (www.lepetitjournal.com) vendredi 11 septembre 2009
 
A savoir : ?L'Abeille Sentinelle de l'Environnement? sera le thème d'APIMONDIA, le 41ème Congrès International de l'Apiculture qui se tiendra à Montpellier du 15 au 20 septembre.

 
logofbinter
Publié le 11 septembre 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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