

Nicolas Sarkozy a donné un sacré coup de pied dans le PAF en voulant supprimer la publicité de l'audiovisuel public. Cela s'annonce compliqué dans les faits, avec un manque à gagner d'un milliard d'euros pour France Télévisions et Radio France
La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a assuré que la taxation des produits électroniques ne dépassera pas 1%... (photo AFP)
S'il y a bien une annonce à laquelle personne ne s'attendait lors des v?ux de Nicolas Sarkozy à la presse, c'est la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public. Cette annonce a fait l'effet d'une bombe. Une explosion provoquée consciemment, en témoignait le sourire en coin qu'affichait le Président avant de l'amorcer. Mais passé l'effet de surprise, les inquiétudes ont pris le dessus.
Supprimer la publicité équivaut en effet à la perte d'un milliard d'euros de recettes pour Radio France et France Télévisions. Sur le plan humain, ce sont 317 salariés de la régie publicitaire du groupe France Télévisions qui se retrouvent sur la sellette.
D'après les premiers calculs, il faudrait augmenter la redevance d'au moins 50% pour compenser les pertes financières du service public? Mais cette solution est politiquement inenvisageable à l'heure où le pouvoir d'achat au plus bas fait déjà grincer des dents les Français.
Nouvelles taxes
Il ne reste qu'une seule solution : mettre en place des nouvelles taxes. Et c'est ce que Sarkozy a confirmé la semaine dernière. L'ensemble des nouveaux moyens de communication va être prié de participer à l'effort de guerre contre la publicité. L'électronique, le mobile, Internet, ainsi que les recettes publicitaires des chaînes télévisées privées représentent un chiffre d'affaires de 80 milliards d'euros fort alléchant.
Mais le problème reste entier à bien des égards. Taxer les technologies d'avenir risque de plomber la croissance que Sarkozy a déjà du mal à aller chercher? L'apport figé des taxes pourrait empêcher les recettes de l'audiovisuel public d'évoluer. Et sans évolution, pas d'innovation. La publicité reste encore à ce jour le meilleur moyen de faire gonfler régulièrement un chiffre d'affaires. Sans elle, la redevance n'échapperait pas à une augmentation régulière. La Grande-Bretagne y a déjà droit à raison de 3% par an.
Le service public va en tout cas devoir repenser ses programmes. Le but de cette suppression est de voir apparaître plus d'information et de culture. Il y aura de quoi faire avec ces 3h15 de temps d'antenne libéré par jour !
Sauf que France Télévisions craint déjà de ne plus attirer des événements comme le Tour de France ou Roland Garros, qui affichent en permanence? de la publicité avec les sponsors.
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 23 janvier 2008
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