Après un an d'expatriation au Canada, oùil s'est consacréàl'enseignement, Alain Juppérentrera en France avec sa famille en juillet prochain. De passage àMexico, l'ancien Premier ministre a livréquelques impressions sur son expérience de vie àl'étranger au petitjournal.com
(Photo : Ambassade de France àMexico)
Lepetitjournal.com : Vous avez récemment annoncévotre décision de retourner en France cet été. Tous les expatriés ont des sentiments mitigés au moment de rentrer au pays, quels sont les vôtres ?
Alain Juppé: Oui, nous partons, même si nous avons beaucoup aiméle Québec. Nous en garderons d'excellents souvenirs. C'est un endroit que je connaissais déjàbien grâce au jumelage qui existe entre Bordeaux et Québec. Ce séjour a étéune réussite sur tous les plans. D'abord pour le rythme de vie, qui est beaucoup moins stressant et nous avons aussi profitéde l'occasion pour nous retrouver en famille. Mes filles, Charline qui a 16 ans et Clara qui en a 10, étaient au Collège Stanislas, que nous avons choisi en partie pour sa proximitéavec la maison. Elles étaient toutes les deux ravies, elles se sont fait des copines. Professionnellement aussi l'expérience a ététrès enrichissante. Je n'avais pas beaucoup enseignéavant et làj'ai donnédes cours àGatineau, àMontréal et àQuébec, en plus de conférences. Le contact avec les étudiants a étépassionnant, je les ai trouvétrès curieux et ouverts. Enfin cette étape m'a permis de prendre du recul par rapport àla réalitéfrançaise, de pouvoir réfléchir avec peut-être plus de sérénité.
LPJ : Avez-vous déjàdéfini les projets qui seront les vôtres au moment du retour ?
AJ : Je vais déjàdevoir terminer le livre que j'ai entamésur mon expérience canadienne, qui va être un mélange de tranches de vie personnelle et de réflexions qui me sont venues là-bas. Ça risque de bien m'occuper mais hormis le livre je n'ai pas de projet précis. Je pourrais avoir envie de continuer àenseigner car j'y ai vraiment pris goût. La seule chose qui est certaine est que nous nous installons àBordeaux puisque ce sont nos terres.
LPJ : Selon vous, la France s'occupe-t-elle bien de ses ressortissants installés àl'étranger ? Quelles améliorations pourraient être apportées ?
AJ : Des améliorations possibles il y en a toujours. Mais je trouve globalement que la France a un réseau diplomatique et consulaire bien développé, qui offre un bon service. Il y a aussi un réseau d'enseignement français àl'étranger d'une grande qualité. Cela coûte parfois cher mais c'est un véritable atout pour la France, ainsi qu'un important moyen d'influence.
LPJ : Vous tenez un blog depuis quelques temps. Pourquoi aimez-vous communiquer sur internet ?
AJ : En enseignant, j'ai pu profiter d'internet, qui est un outil de recherche et de documentation tout àfait exceptionnel. Je tiens en effet mon propre blog depuis environ deux ans, même si ces derniers temps j'ai un peu levéle pied, c'est une activitétrès consommatrice de temps ! Ce qui est intéressant, c'est la diversitédes contacts, des gens de toutes sensibilités politiques m'écrivent, il y a une grande variétégéographique également. Internet a aussi un caractère très direct, on s'y "lâche"sans doute plus facilement ! Je continuerai parce que ce blog est un très bon moyen de tester des idées.
LPJ : Pendant la durée de votre éloignement, y a-t-il eu des moments oùvous avez regrettéde ne pas vous trouver en France ?
AJ : Non, pas vraiment, puisque nous n'étions tout de même pas au bout du monde. Vers Noël, nous avons pu rentrer et puis pour voir grandir les petits-enfants il y a aussi la webcam ! En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que du point de vu professionnel, politique, il y a eu beaucoup de moments oùj'étais très content d'être loin.
Propos recueillis par Camille VAYSSETTES. (LPJ) 8 mai 2006
Voir le blog-notes d'Alain Juppé: http://www.al1jup.com/

