Édition internationale

IAM – Le retour fracassant

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 mai 2013


Après de longues années sans album studio, le groupe IAM a sorti fin avril l'album Arts Martiens, en tête des ventes, l'un des tous meilleurs opus des Marseillais depuis le début de leur carrière. Chronique d'un retour réussi en présence d'Akhenaton, le MC emblématique du groupe.

 
Six ans après leur dernier album studio, on a retrouvé les six membres d'IAM - Freeman ayant quitté le groupe en  2008 - avec un opus de qualité Arts Martiens que les spécialistes placent déjà au niveau du plus grand succès du groupe. Sorti en 1997, L'Ecole du Micro d'Argent qui contenait Nés sous la même étoile, La saga, Petit frère, Elle donne son corps avant son nom, L'Empire du côté obscur, Chez le mac, Demain c'est loin avait été vendu à plus d'1,5 million d'exemplaires.

Dans Arts Martiens, on retrouve les ingrédients qui ont fait le succès des membres d'IAM à la fin des années 1990 que ce soit en groupe, dans leurs projets solo ou lors de collaborations avec d'autres artistes. Pochette de l'album esthétique et mystérieuse, mélodies sino-japonaises, titres estampillés arts martiaux, samples de morceaux passés et dialogues de film (un dialogue de 300 fait l'ouverture de cet opus), la trame du groupe est là, mise au goût du jour de surcroît. "Nous avons pratiqué une méthode de travail proche de celle des années 1990, explique Akhenaton, certainement le membre le plus emblématique du groupe. Nous avions commencé à travailler sur un album avec Ennio Morricone. Pour diverses raisons nous avons dû abandonner le projet. Nous avons sûrement eu de mauvais contacts mais les demandes qui émanaient de son soi-disant entourage étaient inacceptables pour le groupe. Et nous avons dû réaliser l'album Arts Martiens en trois mois. Sur ces trois mois, les nuits ont été très courtes". Le studio déjà réservé aux Etats-Unis pour le projet IAM Morricone, le groupe avait choisi malgré la déception de s'atteler à l'écriture et la production de ce nouvel album. En 90 jours, il a composé 40 titres avant d'en retenir 17.

 
Une chanson qui fait référence à Jean-François Copé

Parmi ces 17 pistes, le titre Pain au chocolat fait référence à une sortie médiatique de Jean-François Copé en octobre 2012. Alors en campagne pour la présidence de l'UMP, le maire de Meaux avait déclaré : "Il est des quartiers où je peux comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, père ou mère de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan". Si la stigmatisation des immigrés dans ces propos est visée par le groupe, Akhenaton se défend d'en faire une affaire personnelle contre le nouveau président de l'UMP et dénonce plutôt la banalisation de ce genre de phrases. "Nous n'avons pas choisi Jean-François Copé en particulier mais un état d'esprit général qui règne dans tout le pays chez des hommes et femmes politiques, des journalistes ou des soi-disant philosophes", explique-t-il.

Porte-drapeau du hip-hop français mais aussi de la ville de Marseille, IAM ne figure néanmoins pas au programme des festivités prévues par la cité phocéenne, capitale de la culture cette année. Et ce, malgré la promesse de Jean-Claude Gaudin, qui interrogé sur le sujet en janvier, avait indiqué que cet "oubli" serait "réparé".  "Marseille 2013 est à la hauteur de la politique culturelle de la ville depuis 50 ans, se désespère Akhenaton. L'absence du Hip Hop dans la programmation reflète bien la considération que les décideurs de cette ville portent à cette culture."

Loin des clashs de La Fouine et Booba
Alors que les médias généralistes ne parlaient de rap français ces derniers temps que pour évoquer la guerre "markétée" entre La Fouine et Booba, le retour d'IAM est un bol d'air frais. Les Marseillais distillent les rimes bien trouvées sans avoir recours à la vulgarité. Les six samouraïs du rap, qui se sentent proches des artistes "1995, l'Entourage, Faf Larage, Coloquinte, Perso, Youssoupha, Orelsan, Oxmo Puccino", se donnent plus un rôle d'observateur de la scène musicale urbaine française que de donneur de leçon. "La seule responsabilité que nous avons à nos yeux est de composer de bons instrumentaux et écrire de bonnes rimes puis de monter un spectacle à la hauteur," conclut Akhenaton. Ce devoir a totalement été accompli sur Arts Martiens, qui a su toucher déjà un large public heureux de retrouver ce qui a été et est toujours l'essence du rap français. L'album est en tête des ventes depuis sa sortie le 22 avril.

 


Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) mercredi 22 mai 2013

logofbinter
Publié le 20 mai 2013, mis à jour le 30 mai 2013
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