

Un nouveau moyen d'économiser de l'argent se développe sur internet depuis un an environ : l'achat groupé. L'Américain Groupon, fer de lance en France de cette méthode, rassemble des bonnes affaires sur de nombreux produits et services, avec des offres parfois très alléchantes. Mais ce nouveau moyen de consommation cache aussi des pratiques douteuses
(capture d'écran - La Croix)
Un soin du visage à -60% ? Un week-end amoureux à -70% ? Ces offres commerciales se trouvent à foison sur les sites d'achat groupé. Venues des Etats-Unis, ces nouvelles plateformes ont envahi la France depuis 2010. Groupon, avec son site groupon.fr, a démarré son activité en France en mai dernier.
La méthode est simple : les sites de vente groupée achètent en masse aux commerçants des prestations à des tarifs avantageux. Ils proposent ensuite sur leurs sites les produits, affichant des réductions exceptionnelles. Le temps de la vente est limité, et les offres ne durent en général qu'un à deux jours. Si le nombre de clients "minimum" est atteint, l'offre est commercialisée à un tarif très avantageux pour le client. Sinon, elle est retirée de la vente.
Pour les sites d'achat groupé, le bilan est très positif : "l'audience du site en France est passée de 3 millions de visiteurs uniques à 7 millions en quelques mois", explique Barbara Weisz, directrice marketing de Groupon France. Et dans ce marché prometteur, deux grands acteurs tentent de conserver leur avance. En janvier 2011, le groupe américain a procédé à des levées de fonds, par la vente d'actions. Cela lui a permis de rassembler plus de 900 millions de dollars. Son concurrent, Living Social, a lui aussi réalisé des levées de fonds : la semaine dernière, le montant avoisinait les 400 millions de dollars. Et la société déclarait des ventes moyennes de 1 million de dollars par jour actuellement et tablait, au total, sur un chiffre d'affaires 2011 de 500 millions de dollars, en décembre dernier.
Clients et commerçants mécontents
Mais du côté des consommateurs, qu'ils soient commerçants ou acheteurs, les problèmes sont nombreux. Et sur la toile, les témoignages d'internautes qui se sentent floués se multiplient. Clients mécontents, descriptions des offres erronées, commerçants au bord de la faillite?
Premier problème, si l'offre fonctionne "trop" bien, le commerçant ne peut refuser d'assurer la prestation : il est obligé, par contrat, d'effectuer la vente, même si l'opération n'est plus rentable pour lui.
Certaines conditions sont difficiles à accepter pour les commerçants : Groupon prélève une commission de 50% sur les transactions, et exige des réductions d'au moins 50% sur les prestations proposées.
A Nantes, une opticienne reproche au site internet d'avoir publié une offre qui ne correspondait pas à ce qu'elle avait demandé : "l'offre Groupon n'était donc pas adressée à ma cible et ce n'était pas celle pour laquelle j'avais signé. Je ne pouvais donc pas répondre aux attentes des acheteurs de ce deal" confie-t-elle. Suite à la confusion, de nombreux clients ont appelé le magasin, mécontents. L'offre a finalement été annulée, et les 500 acheteurs remboursés.
Aux Etats-Unis, une enquête menée par l'université de Rice a démontré que 66% des opérations étaient rentables mais que 42% des commerçants ne souhaitaient pas renouveler l'expérience.
"Les commerces veulent recommencer, mais pas tout de suite, le temps d'absorber la première opération", se défend Groupon France.
Jean Barrière (www.lepetitjournal.com) mercredi 6 avril 2011
Voir aussi
L'Expansion - Groupon, arnaque ou bonne affaire ?

