

Le 11 octobre 1963 était officiellement annoncée la mort de Édith Piaf. Chanteuse mondialement reconnue et adulée, la Môme est toujours présente dans les mémoires un demi-siècle plus tard. La multiplicité des manifestations liées aux 50 ans de sa disparition l'atteste. Mireille Mathieu, Patricia Kaas vont, entre autres, lui rendre hommage.
Découverte en 1935 dans la rue par Louis Leplée, Édith Giovanna Gassion rebaptisée Édith Piaf était une chanteuse à part. Son physique frêle et son petit gabarit (elle mesurait 1,47m) lui ont très tôt valu le surnom de la Môme Piaf. Près de trente ans durant, elle distille son talent à travers le monde et embrase le c?ur d'hommes célèbres tels que Yves Montand, Marcel Cerdan ou Georges Moustaki. Jusqu'à ce que les excès d'une vie de star ne l'emportent le 10 octobre 1963, sa mort n'étant officiellement annoncée que le lendemain.
Comme pour toute légende qui se respecte, les hommages vont se multiplier pour célébrer l'année prochaine l'anniversaire des 50 ans de sa mort. Dès à présent, les manifestations commencent. Pour ce cinquantenaire, deux chanteuses, également mondialement connues, ont repris quelques grands classiques de Piaf. Mireille Mathieu en premier lieu.
Comme en 1993 et 2003, la Demoiselle d'Avignon chante Piaf en interprétant à sa façon 16 titres. Aux 13 morceaux d'anthologie déjà présents sur les deux premiers opus (La vie en rose, La foule, L'homme à la moto, L'hymne à l'amour?), s'ajoutent trois morceaux inédits : Les trois cloches (écrite par Jean Villard) enregistré en 1985, ainsi que La goualante du pauvre Jean et À quoi ça sert l'amour. Deux derniers titres un peu moins connus du grand public que Mireille Mathieu a revisités avec un orchestre symphonique qui distille des sonorités synthé en décalage avec le style des deux artistes. Nous sommes en 2012, il faut s'y faire?
Mais que l'on ne s'y trompe pas. En reprenant du Piaf, Mireille Mathieu ne cherche pas à tout prix à se mettre en avant : "Cet album est ma façon de lui dire éternellement merci." Elle n'oublie pas en effet ses débuts : "J'ai commencé grâce à elle. En 1964, j'ai gagné un concours à Avignon avec La vie en rose, reprise à chacun de mes galas. Ensuite, la mairie a payé mon billet de train pour que je participe au ?Jeu de la chance?, à la télé. C'est là que ça a commencé", confiait-elle récemment à nos confrères de Ouest France. Depuis, la chanteuse aux milles colombes a vendu 130 millions d'albums dans le monde et continue d'enflammer les foules partout sur le globe, de rouler comme personne les "r". Tout en gardant la même coupe de cheveux mythique.
Patricia Kaas avait, elle, annoncé dès le mois de janvier 2012 qu'elle se lancerait dans l'aventure Piaf. Le 5 novembre dernier, elle a mis sa promesse à exécution en dévoilant l'album Kaas chante Piaf, contenant également 16 titres, avec comme premier single L'hymne à l'amour. Les autres morceaux oscillent entre classiques (Milord, Padam Padam) et perles méconnues (C'est un gars, Avec ce soleil, La belle histoire d'amour). Mais plus qu'un album, c'est un véritable show que l'artiste alsacienne proposera au public. "Je vais chanter 24 chansons de Piaf sur scène. Il est indispensable, selon moi, de ne pas la copier et de repenser l'orchestration des titres". Ces derniers sont arrangés par Abel Korzienowski, compositeur du film A single man de Tom Ford, sorti en 2009. Sur scène, des images inédites d'Édith Piaf seront diffusées sur écran géant, derrière l'artiste. Son spectacle passera d'abord par l'étranger : après avoir comblé le Carnegie Hall de New York, la chanteuse française la plus vendue à l'étranger se produira à Amsterdam, Bruxelles, Séoul, Moscou, et Kiev. Les Français devront attendre 2013 pour être enchantés par Kaas chante Piaf, avec notamment cinq dates à l'Olympia de Paris entre le 26 février et le 2 mars. Une tournée internationale d'un an viendra clore son tour de chant.
Au-delà de nos frontières, Édith Piaf a connu une consécration mondiale, notamment aux Etats-Unis. De sa tournée triomphale à New York en 1948 jusqu'à son célèbre effondrement sur scène de la Grosse Pomme en 1959, elle a fait frémir le public américain et les milliers de touristes venus la voir de près. Plus d'un demi siècle plus tard, "La ville qui ne dort jamais" sera de nouveau le théâtre d'un événement planétaire dédié aux 50 ans de la disparition de La Môme. Le 21 septembre 2013, pour la première édition des Francofolies à New York, un concert exceptionnel se tiendra au Beacon Theatre. De nombreux artistes français seront présents : Patricia Kaas évidemment, mais aussi Charles Aznavour, Julien Clerc, Jean-Louis Aubert, Calogero ou encore Zaz. Les privilégiés qui prendront place dans la salle auront également le plaisir de voir des pointures internationales. Madonna, Beyoncé, Liza Minelli, Seal et Scarlett Johansson sont annoncés !
Jamais sans doute Édith Piaf n'aurait imaginé une telle pléiade de stars pour célébrer son nom, sa carrière, son style et ses chansons d'anthologie. C'est pourtant la moindre des choses pour cette artiste majeure qui a donné une image incroyable de la musique française à travers les frontières et les générations. Édith a été, est et sera toujours unique.
Jérémy Patrelle (www.lepetitjournal.com) vendredi 30 novembre 2012

