Édition internationale

DICK RIVERS – Le retour de banane

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018


Dick Rivers en a ras la banane d'être vu comme le parent pauvre de la chanson française. Alors que sort son dernier album, Mister D., 50 ans de carrière au compteur, règle ses comptes avec le milieu et attend enfin la reconnaissance de ses pairs

"Je ne considère pas que Dick Rivers soit un naze".
Ces propos du président Nicolas Sarkozy, Hervé Forneri, alias Dick Rivers, aimerait les entendre plus souvent. Pourtant, à 65 ans, le chanteur amoureux d'Elvis -  "Si le rock'n'roll était Dieu, Elvis serait Jésus Christ" - s'estime toujours comme un éternel débutant aux yeux de la presse et parfois du métier.



Country aigrie
A l'occasion de la sortie de son dernier album, Mister D., Dick Rivers (photo AFP) a profité d'une interview dans Nice Matin pour pousser un coup de gueule. "Le manque de reconnaissance (?) me chagrine. Que Ruquier fasse comme si je n'existais pas, que Drucker ne m'ait jamais invité, je trouve ça limite irrespectueux. Même chose pour les Enfoirés, quand on sait que c'est moi qui, le premier, ai imposé Coluche en première partie de mes spectacles?", déclare le Niçois, amer. L'interprète de Est-ce que tu le sais ? (1961), Faire un pont (1976) ou encore Nice, baie des anges (1984) en a marre d'être relégué au troisième rang des vedettes des années twist, bien loin derrière Johnny Hallyday et Eddy Mitchell. "Je n'ai rien à voir avec Johnny ou Eddy, j'essaie de faire du Dick Rivers", martelait-il en 2008. "Aux deux autres, on ne leur fait jamais le plan du numéro un, numéro deux. Moi, parce que j'ai démarré trois mois après et que je venais de province, je suis la troisième roue de la charrette. Je ne me compare pas avec eux, je m'en fous. Johnny, à la limite, c'est plus un chanteur, c'est un monument", rajoutait-il dernièrement dans Nice Matin.



Un public conquis
L'ancien chanteur des Chats sauvages n'aura peut-être jamais la gloire de ses compères de l'époque, mais cela ne l'empêche en aucun cas d'être un interprète prolixe, avec plus de 40 albums à son palmarès. Son dernier opus célèbre d'ailleurs ses 50 ans de carrière, avec à la clé un livre* et une tournée. "Ça va être rock'n'roll ! Le groupe qui a joué sur le disque m'accompagne : sept musiciens, deux sax, un harmoniciste, les guitares du Baron (Olivier le Baron, ndlr)?", annonce Dick, pour qui la retraite à 65 ans n'est même pas envisageable. Son style country/rock séduit toujours autant un public fidèle mais également la nouvelle génération. Joseph d'Anvers, Mickey 3d Benjamin Biolay, les BB Brunes ou encore Mathieu Chedid (alias M) le placent au rang de légende et collaborent régulièrement avec lui. Son succès renouvelé sur cinq décennies, Hervé Forneri le doit certainement à son éternelle remise en question. "Je suis un éternel débutant, j'ai l'impression de toujours devoir prouver quelque chose. Et dès que j'entre en scène, je ne suis plus le même homme, je passe de l'ombre à la lumière", explique-t-il. Ne lui manque-t-il plus qu'un gros succès pour trouver grâce auprès des critiques et des gros labels musicaux ? "Oui et alors ? Je vendrais plus de disques ? Et encore c'est même pas sûr, vu l'état du marché?"
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 29 novembre 2011

*Mr D, entretiens avec Sam Bernett (Florent Massot)

En savoir plus

Site officiel
Article du Nice Matin, Dick Rivers : « J'en ai marre d'être sous-évalué »
Article de l'Express, Dick Rivers: "Je suis un éternel débutant"

logofbinter
Publié le 2 décembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
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