

César du meilleur espoir féminin en 2009 pour sa prestation dans Le premier jour du reste de ta vie, Déborah François tient aujourd'hui le haut de l'affiche, avec Romain Duris, de la très attendue comédie Populaire (en salles aujourd'hui). À 25 ans, la jolie Belge ajoute deux magnifiques cordes à son arc de comédienne - plutôt centré sur le drame - : l'humour et la glamour.
Lepetitjournal.com - Vous éclaboussez littéralement Populaire. Ce rôle de dactylographe ne serait-il finalement pas le premier jour du reste de votre carrière ?
Déborah François - J'espère ! Mais ce rôle est surtout important dans le sens où c'est la première fois que je peux montrer mon côté fantaisie dans un film. J'ai fait plus de drames que de comédies, et même dans ces comédies le côté drôle tenait plus au contexte qu'à mon personnage. Dans Populaire, c'est vraiment Romain et moi qui sommes drôles, parfois malgré nous, certes. Toujours est-il que je pouvais exprimer davantage ce côté expressif que j'ai dans la vie, voire drôle parfois quand la grâce me touche ! (rires). J'aime faire rire les gens. J'ai déjà eu la chance de voir des personnes me dire en sortant d'un de mes films "Ah la la, c'était magnifique, vous m'avez fait pleurer". Aujourd'hui, j'avais envie de les faire rire.
Ressentiez-vous, lors du tournage, le fait d'appartenir à un gros film, qui ferait forcément le buzz ?
Je ne réalisais pas que ce serait à ce point-là. Je savais qu'il y avait Romain Duris et que le budget serait conséquent. Car pour bien retranscrire l'époque, il fallait des moyens. Tout coûte beaucoup d'argent pour refaire cette époque-là : figurants, décors? Mais je ne me rendais pas compte de tout cela, c'est surtout le scénario atypique qui m'a attiré.
Maintenant vous savez?
J'attends la sortie avec impatience ! En tout cas ce film a été prenant. Cela fait six semaines que je suis en promo, je vous avoue que c'est long ! Je me suis préparée en conséquence, car l'on m'avait prévenue. Aujourd'hui je suis bien fatiguée. C'est la première fois que je fais autant de promos sur une période aussi longue.
Peut-on parler de comédie romantique vintage ?
Oui, c'est rétro. Je pense que beaucoup de gens aiment le design de ces années-là. Par design j'entends architecture, canapé, voiture, robe, costume, coiffure? Il y a des courbes qui sont nées dans les années 50 et qui ne sont jamais démodées. En design, quand une courbe est parfaite, il n'y a rien d'autre à faire, ça reste. Et puis il y a une espèce d'insouciance liée à cette époque. Même si ce n'est pas un film nostalgique, on ne dit pas que tout était mieux avant.
La machine à écrire a, elle, presque définitivement disparu. Elle donne néanmoins lieu à des magnifiques scènes stressantes dans ce film ! Notamment lors de chaque compétition de dactylographie?
J'espère que les gens auront envie que je gagne ! Mais attention, dans les films français, le héros n'est jamais sûr de gagner à la fin. Pour le ressenti du stress, le travail de Régis (Roinsard, le réalisateur, ndlr) a été extraordinaire. Il a fait un super mix entre des plans qui se rapprochent des lumières et des cadrages des années 50 pour les scènes plus intimes, et des choses plus modernes pour les scènes de compétition. Avec notamment un montage punchy pour donner de la dynamique à un sport qui se pratique assis.
Me concernant, je dois avouer que j'étais à fond, vraiment stressée ! Je voulais absolument battre "en vrai" les autres concurrentes que je suis censée battre dans le film. Je suis très mauvaise perdante !
Comment vous êtes-vous préparée pour taper aussi vite à la machine ?
Il suffit de 7 mois de dactylo ! 4 mois avant le tournage puis pendant le tournage. J'avais ma coach Jacqueline en Belgique. Elle venait 3 à 4 fois par semaine pour deux heures d'entraînement. Et elle me laissait des devoirs, comme dans le film. Elle me disait "tu fais autant de pages de ça, autant de pages de ci". Et elle revenait le lendemain, comptait mes pages, mes phrases, les sauts de ligne et corrigeait mes erreurs. Et lorsque je n'avais pas entrainement, je faisais des gammes à la maison.
Vous êtes donc désormais un pro du clavier ?
Je n'avais jamais tapé sur une machine à écrire avant le film, à part pour le casting. Il ne le demandait pas mais j'ai fait des essais pour la scène de l'entretien d'embauche du film. Et il fallait déjà tapé très vite. Mon père a réussi à me trouver une des seules machines à écrire qui restait à Liège et j'ai pu m'entraîner. Avant le film je tapais à deux doigts, j'étais nulle ! Complètement ! Maintenant je tape avec mes dix doigts sans regarder.
Un autre côté de votre personnalité que vous développez dans ce film, c'est le côté sexy !
Certains me trouvaient déjà très sexy dans La tourneuse de pages ! Là, nous sommes plutôt dans le glamour. Ce sont les références de l'époque qui veulent ça. Nous ne pouvions pas zapper ce côté-là, les années 50 sont l'âge d'or du cinéma glamour hollywoodien, des comédies romantiques, des icônes, des studios, des grandes stars mondiales. C'était incroyable. J'ai adoré plonger dans cette époque.
Vous avez prolongé ce côté glamour en promo, notamment lors d'un festival à Rome avec deux tenues très glamour. Vous avez trouvé votre voie ?
Je ne le dirai pas comme ça ! Disons que j'aime les choses jolies, esthétiques. Et cela se prête bien au film. J'ai envie de continuer comme ça aujourd'hui.
Si je vous dis que vous êtes une nouvelle perle du cinéma belge?
En tant qu'être humain, je me sens belge. Après au niveau du jeu, je n'ai pas de nationalité. Si je dois apprendre le coréen demain pour un rôle, je le ferai avec joie. Ce n'est pas une question de nationalité et de langue. Quand on joue bien, on joue bien. Et quand on ne joue pas bien, on ne joue pas bien ! (rires)
Avez-vous enfin quitté votre nid liégeois ?
Ça y est, j'ai quitté ma Belgique pour Paris? J'en avais assez des nombreux allers-retours. J'avais l'impression de dormir dans le Thalys ! J'ai tout de même gardé mon petit chez moi en Belgique, je ne le lâcherai pas ! Et j'ai un petit truc à Paris pour pouvoir me poser quand je suis ici et rester autant que j'en ai envie. Cela devenait un peu difficile de squatter chez des amis.
Et c'est comment votre vie à la française ?
Je suis hyper contente d'avoir les deux. Le côté plus calme, serein de la Belgique. Lorsque j'y vais, c'est que je ne travaille pas. Je m'isole, je prends des bains, je regarde la télé sous plaid. C'est très cocooning. Je vois ma famille, je me ressource. À Paris je sors davantage, vais voir plus d'expos, et je travaille surtout ! Et quand Paris devient trop fatigant, je rentre en Belgique.
Jérémy Patrelle (www.lepetitjournal.com) mercredi 28 novembre 2012
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Dans de somptueux décors fin des années 50, Romain Duris et Déborah François vitalisent l'écran avec leur jovialité leur humour et leur amour. Car évidemment Populaire est une comédie romantique. Très prenante de par les compétitions de dactylographie, elle est surtout réussie par le relation "je t'aime moi non plus" de deux héros. Drôle, sexy et touchant, le duo Duris-François ravit.

