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COUTEAUX LAGUIOLE – Une première victoire pour les habitants de la commune

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 octobre 2016

La commune de Laguiole ne boude pas son plaisir. Voilà 23 ans que ses habitants se battent pour disposer de leur nom comme ils l'entendent. Encore aujourd'hui, le nom « Laguiole » estampille des ustensiles très divers, fabriqués parfois bien loin du petit village aveyronnais.

En avril 2014, la Cour d'Appel de Paris déclarait : « le couteau Laguiole est un nom de couteau entré dans le langage courant sans lien direct évident avec la commune, celle-ci demeurant peu connue contrairement à ce qu'elle prétend ».

La pilule avait été difficile à avaler dans la commune qui fabrique les célèbres couteaux fermants depuis le XIXème siècle. Mais le blason des fabricants artisans laguiolais s'est redoré lorsque la Cour de Cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire, a récemment reconnu la commune « dans son combat au nom de l'économie d'un territoire », selon les mots de Vincent Alazard, maire de Laguiole.

Bataille juridique à couteaux tirés

Le litige commence en 1993 lorsqu'un particulier, Gilbert Szajner, dépose la marque Laguiole pour désigner toute une ligne de produits allant des couteaux au linge de maison en passant par des briquets et barbecues.

Il commence alors à accorder le droit à des entreprises françaises et étrangères, en échange d'une rémunération, d'utiliser l'appellation Laguiole pour leurs productions en tout genre. De la coutellerie « Laguiole » fabriquée en Asie se retrouve alors sur les tables françaises. Dépossédée de son nom, la commune porte l'affaire en justice. C'est le début d'un marathon judiciaire dont la conclusion tarde à arriver.

Gilbert Szajner est condamné une première fois pour contrefaçon mais obtient gain de cause devant la cour d'appel en 1999. Cette dernière estime que l'appellation Laguiole est devenue générique et désigne une forme de couteau plutôt qu'un lieu de fabrication.

Continuant ses recours contre ce qu'ils considèrent être « une ineptie judiciaire » et jusqu'ici toujours débouté, les villageois de la commune décident en 2012 de se débaptiser symboliquement en enlevant les panneaux à l'entrée du village. Ils sont pourtant déboutés une nouvelle fois en avril 2014.

Avec cette dernière décision, l'espoir renait à Laguiole. Les habitants disposent désormais de quatre mois pour se pourvoir en appel. « Il serait invraisemblable que la Cour d'Appel reviennent sur la décision de la Cour de Cassation » pour Vincent Alazard. Pour le maire de Laguiole, le Tribunal de Grande Instance doit aller jusqu'à prononcer « la nullité des droit de marque de monsieur Szajner »

« Le poumon économique d'un territoire »

La fabrication de coutellerie est « le poumon économique du territoire puisqu'on dénombre 943 emplois identifiés comme ayant un lien avec les couteaux laguiole pour 1.300 habitants » clame l'édile aveyronnais.

L'activité coutelière de Laguiole est en effet dynamique, les ateliers du village  produisent les couteaux et objets forgés qui sont vendus dans les boutiques du centre ville. Si elle se modernise pour faire face à la demande qui devrait croître si elle obtient gain de cause, la coutellerie laguiolaise n'oublie pas son passé en présentant les techniques ancestrales dans le Musée privé du couteau Laguiole et de l'objet forgé

L'affaire est donc renvoyée devant la Cour d'appel de Paris, la cour de Cassation cassant toujours un arrêt sur sa base en droit et non sur le fond de l'affaire.

Robin Marteau (www.lepetitjournal.com) mercredi 19 octobre 2016

logofbinter
Publié le 24 octobre 2016, mis à jour le 21 octobre 2016
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