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COUPE DU MONDE - Pourquoi les Brésiliens gagnent toujours au football ?

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 22 juin 2014

 


En matière de football, le Brésil est une équipe incontournable. Des joueurs comme Pelé, Rivaldo, Ronaldo, Ronaldinho ou actuellement Neymar nous ont fait rêver et continuent de le faire. Quels sont les ingrédients qui font des Auriverdes des joueurs inimitables ? C'est ce que nous explique David Delporte, journaliste au service sport de la Voix du Nord et auteur du livre Pourquoi les Brésiliens gagnent toujours au football ?

Sur la plage de Copacabana ou devant votre poste de télévision pour la coupe du monde, ce livre va vous faire trépigner d'impatience à l'idée de voir la Seleçao en découdre avec les 32 nations rivales de cette édition. En passant en revue l'histoire du football et le lien social qui unit les Brésiliens au ballon rond, David Delporte explique en 7 points pourquoi le Brésil est le grand favori de cette édition.

Parce que le Brésil est une mosaïque
Le Brésil a été façonné par les immigrants venus des quatre coins du monde, cette diversité ethnique a longtemps posé problème avec des inégalités entre les blancs et les noirs. Le football est le sport qui a permis de voir apparaître des joueurs de couleur comme Garrincha ou Pelé qui grâce à leur talent ont aidé à faire accepter la communauté noire et forger un lien social fort entre tous les Brésiliens.
Amené par les Européens, joué par tous, les influences multiples du pays ont façonné un style de  jeu  atypique que tout le monde envie.

Parce que le football est un jeu
Au Brésil, il est coutume de dire qu'ici un enfant sait jouer au football avant de savoir marcher. Le football fait partie de la vie, on y joue sur la plage, dans la rue, à l'école. La notion de beau jeu est primordiale, les enfants qui jouent dans la rue ne cessent d'inventer des mouvements ou de copier ceux de leurs idoles comme la virgule ou le sombrero. La victoire n'est pas la chose la plus importe dans le football de rue. Il faut impressionner, faire le show ! Le plus bel exemple était Garrincha, sur le terrain, il ne cherchait pas à être le plus être efficace, il s'amusait, revenant même parfois en arrière pour dribbler à nouveau ses adversaires et faire lever la foule.

Parce que Pelé
Son parcours résume à lui seul la domination du football brésilien. Un gamin des favelas devenu le plus grand footballeur de tous les temps. Première sélection à tout juste 16 ans, il devient l'année d'après le plus jeune vainqueur de l'histoire de la coupe du monde. Pelé est le joueur le plus titré de l'histoire de la compétition avec trois victoires. En véritable symbole du Brésil, un sentiment d'unité nationale va se former autour de lui et de la Seleçao. A chaque match, il semblait réinventer le football et galvaniser son peuple.

Parce que le football est une catharsis
Le Brésil a beau être la huitième puissance mondiale, il en demeure un des pays les plus inégalitaires de la planète. Rio de Janeiro en est l'exemple parfait : à l'ombre des plages bondées de touristes et des universités prestigieuses de la ville près de 4 millions d'habitants vivent dans les favelas où la drogue, la pauvreté et l'analphabétisme demeurent. Dans ce contexte inégalitaire où l'ascenseur social semble bloqué, le football apparaît comme une bouffée d'oxygène. Le football n'est pas le seul moyen de s'en sortir mais il reste l'un des plus faciles pour gagner beaucoup d'argent très rapidement et sortir sa famille de la misère. Le football est l'un des seuls secteurs où les dés ne sont pas pipés d'avance et où les gamins défavorisés partent avec les mêmes chances que ceux des familles plus aisées.

Parce que leurs statistiques font peur
Le Brésil est tout simplement le pays qui a remporté de plus de Coupes du monde, 5 au total dont 2 sur les 5 dernières éditions. S'ils venaient à remporter la coupe chez eux, cela signifierait qu'ils auraient remporté une coupe du monde sur deux lors des vingt dernières années. La Seleçao collectionne également d'autres records : la meilleure attaque de l'histoire de la compétition avec 210 buts en 19 apparitions, le meilleur attaquant en la personne de Ronaldo avec 15 réalisations, le plus grand nombre de finales disputées à égalité avec l'Allemagne (7) et Mario Zagallo est l'homme le plus titré avec 2 récompenses en tant que joueur et 2 en tant qu'entraîneur. Le Brésil jouera en plus à la maison devant un peuple qui arrête de vivre pendant les matchs de la sélection et qui supportera son équipe sans relâche. L'Uruguay a gâché la fête en 1950 en arrachant contre toute attente la victoire en finale contre le Brésil devant ses supporters. Un deuxième échec à domicile n'est donc pas envisageable.

Parce que les autres sports n'existent pas
Le Brésil, immense par sa taille et sa population peine pourtant à se hisser au niveau des top nations olympiques. Les 17 médailles obtenues à Londres, record du pays, restent très faibles surtout si on les compare à un petit pays comme la France pour qui ses 34 médailles olympiques étaient jugées décevantes. Ces chiffres sont révélateurs du manque d'intérêt des Brésiliens pour les autres sports. Seul le football fait loi ! Depuis l'attribution des jeux olympiques de 2016 au Brésil, les associations sportives essaient de faire découvrir aux jeunes des disciplines comme l'athlétisme, la natation ou le judo mais à la sortie de l'école, c'est bien le rebond du ballon rond qui résonne dans les quartiers.

Parce que la Seleçao est portée par tout le pays
Si le Brésil est connu c'est bien sûr d'abord pour la qualité de ses joueurs mais c'est également parce qu'ici on parle football, on mange football, on respire football, on vit football. Remplaçant les fameuses conversations météo françaises pour combler un blanc, au Brésil c'est avec le foot qu'on engage la conversation. L'équipe nationale est un marqueur identitaire fort. "Il y a quelques années, on disait que le seul moment où toute la population se retrouvait derrière le drapeau étaient lorsque Senna gagnait une course de Formule 1 et lorsque la Seleçao jouait la coupe du monde", analyse David Delporte. Une chose est sure malgré les tentions sociales, le temps s'arrêtera ici dès que les onze joueurs brésiliens entreront sur la pelouse.

Mais, en fait, ils ne sont pas toujours les plus forts
Avec cinq coupes du monde, le Brésil est l'équipe qui a le meilleur palmarès, mais en se penchant sur ses dernières performances on peut se demander si cette suprématie est toujours d'actualité.
Le Brésil reste sur deux échecs en quarts de finale lors des deux précédentes éditions. Durant les huit dernières compétitions, le Brésil n'a accédé qu'à trois demi-finales, soit une de moins que les Français et les Italiens et deux de moins que les Allemands. Les Bleus, devenus la véritable bête noire du Brésil, n'ont pas perdu en coupe du monde contre les Auriverdes depuis l'écrasante défaite 5-2 de 1958. La force des Brésiliens de voir le football comme un jeu entraîne parfois un manque de rigueur et de discipline contre les équipes européennes. Les grands joueurs brésiliens ont également migré en masse vers le vieux continent. Du coup, les coéquipier de la Seleçao manquent parfois de temps de jeu et n'ont pas le temps d'apprendre à se connaître.

Le Brésil reste le grand favori mais il devra prouver au monde entier sa suprématie. La coupe n'est pas gagnée d'avance, même devant ses supporters. Une chose est sure, les joueurs brésiliens seront plus motivés que jamais et feront tout pour éviter la déception nationale qui avait envahi le pays après la défaite à domicile contre l'Uruguay en 1950. Si le Brésil joue à domicile, la Coupe n'est pas encore entre ses mains, preuve en est le match nul contre le Mexique. Pronostiquez et suivez les résultats sur notre mini-site Expat Foot. 

Florian Thomas (www.lepetitjournal.com) vendredi 20 juin 2014

logofbinter
Publié le 19 juin 2014, mis à jour le 22 juin 2014
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