Édition internationale

Valérie-Anne Giscard d'Estaing en immersion artistique à San Francisco et Seattle

Elle porte un nom qui résonne dans l'histoire de France, mais c'est dans les galeries d'art qu'elle a construit sa propre histoire. Valérie-Anne Giscard d'Estaing, fille de l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, dirige aujourd'hui deux galeries, l'une à Paris et l'autre à Los Angeles. Nous l'avons rencontrée à l'occasion de son voyage d'étude de cinq jours à San Francisco et à Seattle. Un périple mêlant fondations culturelles, musées et galeristes de la côte ouest. Bilan : « extrêmement positif ».

Valery-Anne Giscard d'Estaing Valery-Anne Giscard d'Estaing
Valérie-Anne Giscard d'Estaing, galeriste et fondatrice de la Galerie XII. Photo Carolle Bellaiche
Écrit par Anne-Lorraine Bahi
Publié le 16 septembre 2026

 

Room to Read : une rencontre à San Francisco 

La première étape du voyage était San Francisco, et l'agenda débutait loin des cimaises : un rendez-vous avec les dirigeants de Room to Read, une fondation internationale dédiée à l'apprentissage de la lecture chez les jeunes enfants dans le monde entier. Ils avaient échangé en ligne et Valérie-Anne avait croisé la présidente lors d’un congrès. La venue de Valérie-Anne à San Francisco a enfin permis une rencontre en personne.

« On a pu avoir le temps d'échanger concrètement, notamment sur la manière dont ils envisagent leur programme éditorial », raconte-t-elle. Au cœur de la discussion : Matthew Chilcott, directeur de l'édition, un Anglais fort d'une longue expérience dans le secteur du livre, gage du professionnalisme de la fondation.

Une rencontre que Valérie-Anne qualifie de très pertinente. Il faut dire qu'avant de se consacrer aux galeries, elle a passé vingt-cinq ans dans l'édition, aux côtés de son mari Bernard Fixot, figure incontournable du monde du livre français. Elle est arrivée à cette rencontre avec ce bagage, « très loin de la galerie d'art », dit-elle, et c'est précisément ce qui a rendu l'échange si fertile. 

Des livres pensés pour chaque langue et chaque culture

Ce qui l'a le plus frappée dans l'approche de Room to Read, c'est le soin apporté à la proximité avec le terrain. La fondation travaille main dans la main avec des équipes sur place et les gouvernements pour obtenir autorisations et accès aux circuits de distribution. Elle s'attache à produire des livres véritablement adaptés à chaque territoire et à chaque groupe visé,  car tout l'enjeu est consiste à atteindre des populations défavorisées qui n'ont pas accès à la lecture.

Parmi les exemples qui ont retenu son attention : un programme mené avec la reine Rania de Jordanie autour d'une collection en langue arabe pour la jeunesse, et un autre initié avec des gouvernements du sud des États-Unis à destination des communautés créoles. Des initiatives qui allient ambition culturelle et ancrage local, un état d'esprit que Valérie-Anne reconnaît comme sien.

 

Graciela Iturbide à San Francisco : le coup de cœur

Les musées ont aussi tenu une place centrale dans ce voyage, et une exposition a dominé toutes les autres : celle consacrée à la photographe mexicaine Graciela Iturbide.
« C'était une exposition considérable et magnifique, un plaisir de découvrir l'ensemble de son parcours. »
Sur la qualité muséale, Valérie-Anne ne note pas de grand écart entre San Francisco, Los Angeles et Paris. Ce qui change, c'est le public, l'atmosphère, la taille des salles. L'exigence, elle, est partout la même. Là où les villes se distinguent, c'est sur l'offre. Paris reste l'une des ville les plus riches au monde en musées et expositions temporaires. À Los Angeles, les ouvertures se multiplient depuis une quinzaine d'années (The Broad, les nouvelles ailes du LACMA, le Lucas Museum of Narrative Art…). En quelques jours, elle n'a évidemment pas pu visiter tous les musées de San Francisco, mais elle a été très impressionnée par le SFMOMA.

 

Seattle : studios, collectionneurs et scène artistique à découvrir 

Direction Seattle, dans le cadre d'un déplacement collectif avec l'Arts Council of Los Angeles. Un séjour court avec un programme serré : visites de studios d'artistes, passage chez un couple de très grands collectionneurs de photographies, rencontres avec des curateurs de deux musées venus présenter leurs projets en cours. « En trois jours, nous avons découvert énormément de choses. » confie-t-elle. Une immersion rapide, mais qui a suffi à lui donner une idée précise de la scène locale.

Quand on lui demande de classer les scènes artistiques de la côte Ouest, elle place Los Angeles en tête, puis San Francisco, puis Seattle. Mais elle précise aussitôt : « Seattle a des propositions contemporaines, réactives et très intéressantes. » De quoi donner des idées aux francophones de la Bay Area en quête d'un week-end culturel différent.

 

Des pistes de collaborations à San Francisco et Seattle

Le voyage n'a pas été uniquement contemplatif.

À San Francisco, elle a croisé Katrina Traywick, galeriste, qui expose des artistes que Valérie-Anne avait elle-même montrés à Los Angeles l'année précédente.

À Seattle, la galerie Paris-Orsay, dirigée par Simon Lhopiteau, spécialisée dans les tirages vintage de photographies de la région au tout début du XXe siècle, a également retenu son attention. 


Cinq jours dans le grand nord-ouest des États-Unis, avec des rencontres constructives et un carnet d'adresses bien garni. Des collaborations sont en cours de discussion, et notre édition ne manquera pas de les annoncer dès qu'elles se concrétiseront.


Un bilan que Valérie-Anne juge « extrêmement positif », et qui lui a donné de nombreuses idées et l'énergie de continuer.

 

Valérie-Anne Giscard d’Estaing : une galeriste entre deux mondes

Pour mieux comprendre qui est Valérie-Anne Giscard d'Estaing, quelques repères s'imposent. Fille de Valéry Giscard d'Estaing, président de la République française de 1974 à 1981, elle a construit une trajectoire bien à elle, loin des sphères politiques : après l'édition, elle s'est tournée vers la galerie d'art, avec des espaces à Paris et à Los Angeles et une vision claire : des artistes avec lesquels elle construit une vraie relation, des œuvres qui s'adressent à des collectionneurs sensibles à l'art davantage qu'à la valeur spéculative et une galerie qu’elle définit comme « à taille humaine ».

 

Actualité de la galerie : Doisneau face à Paolo Ventura

Ce voyage n'a rien changé à l'agenda de l'automne : l'exposition était programmée bien avant le départ. Valérie-Anne l'a conçue avec Peter Fetterman, dont la galerie de Bergamot Station, à Santa Monica, abrite quelque 8 000 tirages, pour la plupart en noir et blanc et datant de la seconde moitié du XXe siècle. L'exposition propose une confrontation entre deux univers photographiques.


D'un côté, les photos de Robert Doisneau du Paris des années 1950-1960. De l'autre, deux séries de Paolo Ventura : Le Passe-muraille, d'après Marcel Aymé, et Promenade de nuit, réalisées en tirages ferrotypes (sur plaques métalliques), une technique du XIXe siècle au service d'images très contemporaines.

L'approche de Valérie-Anne complète le fonds historique de Peter Fetterman, dans une logique de dialogue entre les époques que ce voyage sur la côte Nord-Ouest des États-Unis n'a fait que renforcer.

Et ce n'est que le début d'une collaboration entre les deux galeries.

Les tirages de Doisneau et de Ventura se découvrent jusqu'au 9 janvier, dans le calme des salles de Bergamot Station.

Carnet de visite

A Human Pace, Paolo Ventura | Robert Doisneau
📍 Peter Fetterman Gallery, Bergamot Station, 2525 Michigan Avenue, Santa Monica
🗓 Du 12 septembre 2026 au 9 janvier 2027
⏱ Du mardi au samedi, de 11 h à 17 h

Pour suivre les prochains rendez-vous de la galerie, direction Instagram ou le site Galerie XII

 

 

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