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DÉPUTÉ DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER– Rencontre avec Sergio Coronado

Par Lepetitjournal République Dominicaine | Publié le 17/11/2015 à 23:00 | Mis à jour le 19/11/2015 à 07:57

 

Depuis trois ans, Sergio Coronado représente à l'Assemblée Nationale les Français résidants dans les pays d'Amérique latine et aux Caraïbes. Une région qu'il connaît bien. Né au Chili, il a vécu en Argentine jusqu'à l'âge de 12 ans et en Colombie entre 2009 et 2011. L'élu écologiste réside actuellement à Paris et voyage entre la France et les 33 pays de sa circonscription où il passe au minimum 8 jours par mois. Également actif dans l'hémicycle, Sergio Coronado est le deuxième député à avoir signé le plus d'amendements (2621) sur les douze derniers mois, selon la synthèse réalisée par le site nosdeputes.fr. De passage à Saint-Domingue pour la quatrième fois depuis son élection, il a accepté de répondre à nos questions sur sa mission et ses priorités pour la communauté expatriée. Une interview réalisée le 13 novembre au matin, avant que l'actualité ne vire à la tragédie et qu'il se joigne aux différents hommages organisés en République dominicaine pour les victimes des attentats de Paris.

Lepetitjournal.com de République Dominicaine : Quel est votre rôle auprès des Français de l'étranger ?
Sergio Coronado : Je crois que quand on parle d'influence française, de diplomatie, de rayonnement culturel, d'échanges universitaires et scientifiques, de mobilité internationale, les Français établis à l'étranger en sont les principaux acteurs. Ce sont eux qui, dans la durée, représentent la France à l'étranger. Mon rôle est d'avoir conscience des difficultés qu'ils peuvent affronter et de me mobiliser pour eux afin qu'ils bénéficient de l'intérêt de la France. Il y a des budgets qui sont aujourd'hui en baisse comme, par exemple, le budget des bourses ou le budget de l'AEFE (L'Agence pour l'enseignement français à l'étranger) alors même que le budget de l'éducation et de la jeunesse était une priorité du gouvernement. Cette priorité ne doit pas être limitée aux frontières de l'Hexagone. J'interviens régulièrement à l'Assemblée à ce sujet et j'ai lancé une pétition mondiale qui a reçu la signature de plusieurs milliers de personnes dont 130 élus. J'ai également fait adopter un amendement sur l'aide au développement et une acceptation de plusieurs centaines de millions d'euros à l'Agence Française de Développement qui est présente ici.

Quel est l'objectif de votre visite à Saint-Domingue ?
Lors de mon élection, je m'étais engagé à ne pas considérer qu'il y avait des « grands » pays de présence française et des « petits » pays où l'on ne va jamais, c'est pourquoi j'ai visité l'ensemble de ma circonscription déjà et c'est ma quatrième visite en République dominicaine depuis 2012. Je visite les institutions et je tiens une permanence car il est nécessaire que les Français sachent je suis là pour les aider et que je m'intéresse à leurs difficultés. Et puis à Saint-Domingue, comme vous le savez, nous avons quelques Français en situation délicate (affaire Air Cocaïne NDLR). Je ne suis ni magistrat, ni policier, ni avocat, la question de la culpabilité n'est donc pas de mon ressort. En revanche, tant qu'ils ne sont pas au bout de la procédure judiciaire, la présomption d'innocence doit primer. Je dois m'entretenir avec Alain Castany à la clinique du centre-ville où il est hospitalisé dans une situation difficile, l'amputation étant bien une possibilité. Je rencontrerai également Nicolas Pisapia qui vient me voir depuis Punta Cana. C'est mon rôle, en tant que parlementaire, de m'assurer du soutien et de la protection consulaire et de vérifier que la justice locale respecte les droits de la défense. Quant aux pilotes qui se sont enfuis, je peux comprendre qu'on puisse être à bout, épuisé, désespéré, ce qui était le cas des deux pilotes et de leur famille, néanmoins, en tant qu'élu de la République, il est totalement inconcevable pour moi de cautionner ce type de décision.

Quelles sont les problématiques les plus fréquemment soulevées par les Français de République dominicaine ?
La question éducative d'abord. Nous avons une communauté française importante et je suis préoccupé par le fait que tous puissent scolariser leurs enfants dans le système français. Certains n'ont pas les moyens et donc nous devons voir comment les aider en soutenant, par exemple, des initiatives comme le programme Français Langue Maternelle (FLAM) qui permet aux enfants français établis à l'étranger de conserver la pratique de leur langue maternelle et le lien avec la culture française dans un contexte extrascolaire d'associations. Les établissements scolaires français ont besoin  de plus de moyens c'est pourquoi, là encore, je suis fortement opposé à la baisse du budget de l'AEFE. Les questions de sécurité sociale sont importantes également. Nous avons notamment en République dominicaine la nécessité d'établir des conventionnements entre la CFE et des établissements locaux. C'est une demande que l'on porte depuis deux ans déjà avec Nicole Domino (conseiller consulaire), pour qu'une mission d'observation et d'évaluation soit envoyée ici.

En quoi votre couleur politique (Europe Ecologie Les Verts) influence-t-elle votre travail auprès des Français de l'étranger ?
J'ai une sensibilité très accrue aux questions environnementales d'autant plus que dans ma circonscription nous avons des états très vulnérables aux changements climatiques, en particulier les états insulaires comme la République dominicaine. Depuis un an, le régime diplomatique français est totalement mobilisé auprès des pays qui nous accueillent dans une campagne globale de mobilisation des acteurs locaux pour que la COP21 à Paris soit un succès et que l'accord soit universel et ambitieux. Si je peux participer à cette sensibilisation là, c'est important.  Mais ces questions ne s'arrêtent pas à l'agenda international et à la COP21. Je suis écolo et végétarien, j'y crois ! Nous devons opérer un changement de mode de production, de consommation, de transport, de développement pour pouvoir, à l'avenir, continuer à vivre sur cette planète qui a des ressources finies alors que nous avons parfois des demandes qui ne connaissent pas de limite ! Notre responsabilité est également  individuelle car avec des comportements exemplaires, nous pouvons diminuer notre empreinte écologique.

Vous êtes né en Amérique latine, cela vous aide-t-il à mieux comprendre la réalité de votre circonscription ?
Effectivement je suis franco-chilien. Environ 65 à 70% des Français établis en Amérique latine et dans la Caraïbe sont des binationaux. C'est une sensibilité qui me rapproche d'eux puisque je vis la même situation. Je suis, par ailleurs, très attaché à ce continent où j'ai grandi et je ne me sens pas étranger ici. L'espagnol est ma langue maternelle et je commence à bien comprendre le portugais également.
Je suis devenu Français à 25 ans et je crois que la France est un pays qui « parle » au monde, dont la voix porte, même si notre poids économique est moins fort qu'avant. Nous avons une histoire, notamment dans la Caraïbe où nous avons influencé des révolutions, même des mouvements contre nous : Toussaint Louverture, par exemple, et l'indépendance d'Haïti. Une histoire qui explique aussi l'histoire de la République dominicaine qui a acquis son indépendance contre Haïti d'une certaine façon. C'est important pour moi de savoir que je suis représentant d'un peuple dont le message dans l'histoire marque le continuent où je suis ancré et où des Français vivent. C'est une belle présence la France ici mais pas simplement une présence du passé, c'est aussi, pour l'avenir, un modèle social et politique.

Propos recueillis par Gaëlle Le Gall Nicolas (www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine), mercredi 18 novembre 2015

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